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    Moyen-Orient

    Un vrai front voit le jour entre forces kurdes et irakiennes

    media Un convoi armé de peshmergas kurdes près d'Altun Kurpi, le 20 octobre 2017. REUTERS/Azad Lashkari

    Les forces fédérales irakiennes ont annoncé, vendredi 20 octobre, avoir repris aux Kurdes la dernière zone qu'ils contrôlaient dans la province de Kirkouk. Près d'un mois après la tenue du référendum d'indépendance, le gouvernement central, qui avait interdit le scrutin, continue d'avancer pour reprendre aux peshmergas les territoires que ceux-ci ont grignoté depuis 2003. Mais les combattants kurdes, retranchés aux limites de la frontière officielle de leur région autonome, contre-attaquent à l'arme lourde. Au milieu de ces affrontements aux relents de guerre civile, la population est prise en étau.

    Le tonnerre de l'artillerie est uniquement interrompu par la sirène des ambulances, rapporte notre envoyé spécial à Altun Kupri, Wilson Fache. Forces kurdes et irakiennes se sont affrontées vendredi à la mitrailleuse lourde et au mortier dans cet ensemble de 36 villages s'étendant sur 530 km² et habités par une population mixte de 56 000 Kurdes et Turkmènes. Pour les soldats irakiens, c'est un redéploiement dans une région qui dépend du gouvernement central. Pour les Kurdes, c'est une déclaration de guerre.

    Divisions inter-ethniques

    Cette zone agricole est stratégique, car située à équidistance entre les villes de Kirkouk et d'Erbil (50 km), à la limite entre les deux provinces. C'est par cette zone que transitent les échanges commerciaux et touristiques entre le Kurdistan et le reste du territoire irakien.

    Or, si une ligne de front sépare désormais soldats kurdes et irakiens, au sein même de Altun Kupri, la crise divise même les voisins. 

    En 2003, au moment de l'invasion américaine, la ville avait été confiée aux forces de police kurdes. Mais dans la ville cosmopolite, l'arrivée des forces fédérales a été accueillie avec satisfaction par les habitants qui ne se sentaient pas représentés par les forces kurdes. « C'est une libération », assure même un membre de la communauté turkmène. Mais la joie sera de courte durée. Selon ce résident, les bombardements kurdes sur la ville ont blessé et tué une dizaine de civils.

    Pour Karim Yassin Ali, un résident kurde de 50 ans, c'est au contraire l'avancée des forces fédérales qui s'apparente à une invasion, comme au temps de Saddam Hussein. Ce père de quatre enfants doit désormais faire le deuil de son cousin, tué dans les combats.

    Washington inquiète

    Dans la nuit, le président kurde, Massoud Barzani, a dénoncé dans un communiqué des « tentatives de génocide du gouvernement irakien », appelant « l'opinion internationale » à « faire pression sur les gouvernements (mondiaux) pour éviter de nouvelles catastrophes au peuple kurde ».

    La diplomatie américaine s'est dite « inquiète » de ces violences dans le nord du pays. Elle « demande au gouvernement central de calmer la situation en limitant les mouvements des forces (armées) fédérales dans les zones disputées ».

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