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    Dans le Golfe, Rex Tillerson constate que les blocages persistent

    media Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, dimanche 22 octobre 2017 à Riyad, lors de sa mission dans le Golfe pour «contrecarrer» l'influence «négative» de l'Iran. REUTERS/Alex Brandon/Pool

    Le sécretaire d'Etat américain s'est rendu en Arabie saoudite et au Qatar. Son voyage visait plusieurs objectifs, en particulier la réconciliation saoudo-qatarienne, et la baisse de l'influence iranienne dans la région, en Irak notamment. Alors qu'il s'apprête à quitter le Golfe pour se rendre au Pakistan et en Inde, Rex Tillerson n'aura obtenu qu'un demi-succès.

    Avec notre correspondant à Téhéran,  Siavosh Ghazi, et à Washington Jean-Louis Pourtet

    Rex Tillerson savait sa mission dans le Golfe délicate, pour ne pas dire plus. Le secrétaire d'Etat américain s'est rendu en Arabie saoudite puis à Doha.

    Il a au moins eu la satisfaction d'assister à la première réunion de la commission de coordination saoudo-irakienne à Riyad. Les Etats-Unis qui ont contribué à sa création se réjouissent de ce rapprochement entre deux pays qui ont longtemps été en froid.

    Point de réconciliation cependant dans le dossier qatarien : Riyad a rejeté la possibilité d'un dialogue auquel pourtant Doha est disposé. Washington qui avait au départ offert sa médiation y a pour le moment renoncé tant qu'il n'y a pas une volonté des deux parties de mettre fin à la querelle.

    C'est donc un échec que Rex Tillerson a reconnu sans détour : « J’ai eu plusieurs entretiens avec le roi Salman d’Arabie saoudite, et je l’ai prié d’engager un dialogue. Mais il n’y a pour l’heure aucun signe clair de la volonté des parties de discuter. Et nous ne pouvons pas pousser des gens à discuter s’ils ne sont pas prêts à le faire. Il n’y a donc eu aucune invitation à la Maison Blanche. Mais nous allons continuer de travailler en vue de ce dialogue et de cet engagement. Mais nous ne pouvons pas imposer et nous n’imposerons pas de solution à qui que ce soit. »

    La question des milices iraniennes en Irak

    Autre question épineuse : l'Iran, à nouveau classé par Washington dans la liste des Etats voyous. L'Iran est militairement présent en Irak, et le secrétaire d'Etat américain a exigé dimanche 22 octobre le départ de ce pays des « milices iraniennes ». Pas certain que le rapprochement saoudo-irakien soit suffisant pour ce faire.

    Or, officiellement, l'Iran reconnaît seulement la présence de conseillers militaires et de volontaires en Irak, mais aussi en Syrie pour combattre les groupes jihadistes, notamment le groupe Etat islamique et al-Qaïda.

    En revanche, Téhéran ne reconnaît pas la présence de milice iranienne en Irak. Mais, selon les médias iraniens, les milices populaires, en particulier le groupe Hachd al-Chaabi qui compte des dizaines de milliers de membres irakiens, sont soutenues par l'Iran. Leurs chefs, Hadi al-Amiri et Abou Mahdi al-Mohandis, sont des proches de Téhéran qui ont vécu des années en Iran.

    En juillet dernier, Mahdi al-Mohandis a affirmé, dans un reportage diffusé par les médias iraniens, qu'il était un simple soldat du général Qassem Soleimani, le chef de la force Al-Qods des Gardiens de la révolution, chargée des opérations extérieures, notamment en Irak et en Syrie.

    La demande de Rex Tillerson est d'autant plus difficile à réaliser que le groupe Hachd al-Chaabi a été officiellement intégré au sein des forces armées irakiennes. Les médias iraniens publient régulièrement des photos du général Soleimani sur les fronts de guerre aussi bien en Irak qu'en Syrie.

    Dans ces conditions, il est difficile d'imaginer que l'Iran va renoncer à son influence dans ces deux pays.

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