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    Moyen-Orient

    Liban: à la surprise générale, le Premier ministre Saad Hariri démissionne

    media Le Premier ministre démissionnaire libanais Saad Hariri, le 24 octobre dernier à Beyrouth. REUTERS/Mohamed Azakir

    Le Premier ministre libanais Saad Hariri a démissionné de la présidence du gouvernement. L'annonce inattendue a été d'abord rapportée par la chaîne saoudienne al-Arabiya, alors que Saad Hariri se trouve actuellement en Arabie saoudite, sa deuxième visite en cinq jours. Saad Hariri a accusé le mouvement armé Hezbollah et son allié iranien de « mainmise » sur le Liban et en disant craindre pour sa vie.

    L'annonce de la démission de Saad Hariri, samedi 4 novembre, a surpris l'ensemble de la classe politique libanaise, y compris le camp du chef du gouvernement, rapporte notre correspondant à Beyrouth Paul Khalifeh. Dans des déclarations rapportées par la presse, le Premier ministre affirme que l'ambiance actuelle au Liban ressemble à celle qui prévalait à la veille de l'assassinat de son père Rafic, en février 2005.

    « J'annonce ma démission du poste de chef du gouvernement », a-t-il déclaré depuis l’Arabie Saoudite où il se trouve actuellement, dans une déclaration retransmise par la chaîne Al-Arabiya, financée par les Saoudiens.

    « J'ai senti ce qui se tramait dans l'ombre pour viser ma vie » a notamment expliqué le Premier ministre démissionnaire, assis derrière un bureau, devant un drapeau libanais, avant d’accuser le Hezbollah chiite d’être « le bras de l'Iran non seulement au Liban mais également dans les autres pays arabes » et Téhéran d’avoir « créé des dissensions parmi les enfants d'un même pays, créé un Etat dans l'Etat [...] jusqu'à avoir le dernier mot dans les affaires du Liban ».

    Le Hezbollah a étendu son pouvoir dans tous les secteurs au Liban, durant ces dernières décennies, grâce au pouvoir de ses armes. Nous vivons dans un climat semblable à celui qui prévalait avant l’assassinat du martyr Rafic Hariri. J’ai la certitude que ma vie est en danger. C’est pourquoi je présente ma démission du poste de chef du gouvernement libanais. Je suis convaincu que la volonté du peuple libanais est assez forte pour faire à une double hégémonie, venant de l’extérieur et de l’intérieur du pays.
    Saah Hariri annonce sa démission 04/11/2017 Écouter

    Cette démission intervient au lendemain d'une rencontre à Beyrouth entre le Premier ministre libanais et le conseiller du guide suprême iranien, Ali Akbar Velayati. Ce dernier avait exprimé son soutien « au gouvernement présidé par Saad Hariri ».

    La pression de l'Arabie Saoudite

    Le départ surprise du Premier ministre survient aussi moins d'une semaine après une première visite à Riyad, au cours de laquelle il a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salman. Après la rencontre, Saad Hariri avait assuré que le royaume saoudien était soucieux de préserver la stabilité du Liban.

    Mais depuis plusieurs semaines, un ministre saoudien proche de ben Salman multiplie les virulentes critiques et les menaces sur Twitter contre le Hezbollah, qu'il qualifie de milice terroriste à la solde de l'Iran. Thamer al-Sabhane a sommé à plusieurs reprises Beyrouth de prendre des mesures contre le parti chiite et a prévenu que de graves développements allaient se produire à l'avenir.

    Pour David Rigoulet-Roze, chercheur rattaché à l'Insitut français d'analyse stratégique, les accusations de Saad Hariri à l'encontre du Hezbollah et de son poids dans l'échiquier politique libanais reflètent « les préoccupations de l’Arabie Saoudite ». Le spécialiste explique que, depuis un certain temps, Riyad exerce une pression sur le Premier ministre démissionaire, en raison de la présence du Hezbollah au sein de son gouvernement élargi. Un gouvernement qui gêne d'autant plus l'Arabie Saoudite « vu la situation en Syrie, où le Hezbollah a pris un poids considérable, sur le plan militaire et politique ».

    Si le Hezbollah est « l'obsession de l'Arabie Saoudite », c'est bien parce que derrière le mouvement, « il y a l'Iran », rappelle le chercheur. « L’objectif des Saoudiens, soutenus en cela par Donald Trump, est d’endiguer l’influence iranienne en Syrie et au Liban », renchérit le politologue Karim Emile Bitar.

    Le gouvernement élargi mis en place fin 2016 avec l'accord tacite de Téhéran et de Riyad correspondait à une volonté de « maintenir le Liban hors conflit régional », explique encore David Rigoulet-Roze. Une envie qui ne semble plus d'actualité, puisque « avec ce type de démission, la question se pose de savoir si le Liban pourra continuer à être préservé de ces conflits régionaux ».

    Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réagi dans la soirée de samedi, affirmant que la démission de son homologue libanais et les raisons invoquées devaient être «une alarme» à destination du monde sur les ambitions de l'Iran.

    L'Iran a rejeté dans la journée les «accusations sans fondement de Saad Hariri.

    Moi, je trouve que cette attitude est contraire à la Constitution, aux principes du droit, en ce sens que l’ingérence d’un pays, même frère comme l’Arabie saoudite, est inadmissible. Dans ce cas, il n’est pas acceptable qu’un Premier ministre, au lendemain de sa rencontre avec des responsables saoudiens, vienne annoncer tout à coup à la télévision « voilà, je démissionne » sans tenir compte des conséquences de cette décision aussi bien sur le plan politique que sur le plan économique. C’est un acte à mon avis qui aurait dû être beaucoup plus mûri. Moi, j’ai toujours en mémoire ces paroles de Ghassan Salamé que « nous sommes condamnés au dialogue ». Donc, c’est par le dialogue que nous devons faire évoluer les choses et ce n’est pas par des coups d’éclat de ce genre qui ne démontrent pas de sagesse ou de responsabilité.
    Pour Alexandre Najjar, avocat, auteur de nombreux livres et observateur attentif de la vie politique libanaise, l'annonce de Saad Hariri est inappropriée 04/11/2017 - par Catherine Fruchon-Toussaint Écouter

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