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    Moyen-Orient

    La démission de Saad Hariri, nouvel épisode de la «guerre froide» Téhéran-Riyad

    media Le roi saoudien Salman ben Abdelaziz al-Saoud reçoit le Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri à Riyad, le 6 novembre 2017. Saudi Press Agency/Handout via REUTERS

    La démission surprise du Premier ministre libanais samedi 4 novembre plonge son pays dans l’incertitude. Elle s’inscrit dans la tension très vive entre les deux géants régionaux : l'Arabie saoudite et l'Iran.

    Depuis un an, le Liban pensait en avoir fini avec la crise politique. En octobre 2016, le Parlement de Beyrouth élisait Michel Aoun à la présidence de la République, mettant fin à deux années de vide institutionnel. Quelques jours plus tard, Saad Hariri devenait Premier ministre, le pays semblait remis sur les rails. Jusqu’au choc de l’annonce de la démission du Premier ministre samedi 4 novembre.

    Une rupture politique sur une ligne de fracture bien connue au Liban et dans toute la région. Le président Michel Aoun a été élu avec le soutien du Hezbollah, qui est à la fois un parti libanais chiite et une organisation armée alliée de l’Iran. Saad Hariri, lui, est un musulman sunnite, très proche de l’Arabie saoudite.

    Menaces

    En annonçant sa décision, Saad Hariri a dit craindre pour sa vie, faisant référence à son père, l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, assassiné en février 2005 à Beyrouth (dans ce dossier, des membres du Hezbollah sont jugés par contumace devant le Tribunal spécial pour le Liban depuis des années). Le Liban a une longue et sanglante histoire d’assassinats politique, mais depuis que Saad Hariri a tenu ces propos, aucune source sécuritaire libanaise n’est venue confirmer ou préciser l’existence d’une menace particulière.

    Dans son discours de démission, Saad Hariri n’a pas seulement parlé de menaces sur sa vie, il a surtout dénoncé la « mainmise et l’ingérence de Téhéran » dans les affaires libanaises.

    Liens avec Riyad

    C’est à Riyad, en Arabie saoudite, que le Premier ministre libanais a annoncé sa démission. La famille Hariri est étroitement liée au royaume saoudien. Rafic Hariri y a fondé un groupe de construction géant, Saudi Oger, aujourd’hui en faillite. Saad Hariri est né en Arabie saoudite, il en possède la nationalité. Et c’est là que réside l’un des points d’interrogation de cette affaire : sa démission est-elle sa propre décision ou celle de son parrain régional, l’Arabie saoudite ?

    Ce coup de théâtre politique libanais peut être interprété comme une décision saoudienne visant à durcir la confrontation régionale entre Riyad et Téhéran.

    Le chef du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah affirme que les dirigeants saoudiens ont contraint Saad Hariri à démissionner. Il va même plus loin en se demandant si le Premier ministre démissionnaire est toujours libre de ses mouvements.

    Arrestations

    La démission de Saad Hariri a coïncidé avec l'arrestation en Arabie saoudite de dizaine de personnalités saoudiennes, accusées de corruption. La concomitance entre les deux évènements est assez frappante. Dans un cas comme dans l’autre on peut y voir la marque de l’homme fort de Riyad : Mohammed ben Salman, jeune prince héritier (32 ans), qui est aussi ministre de la Défense et l’homme qui pilote l’économie saoudienne.

    C’est au jeune futur roi que l’on attribue désormais les décisions clés du pays. Sur le plan intérieur, il a lancé un vaste plan de réformes économiques baptisé « Vision 2030 ». Son ouverture sur les questions de société (les femmes pourront conduire en juin 2018) voisine avec une reprise en main politique (plusieurs vagues d’arrestations, dont celle de ces derniers jours justifiée par la « lutte contre la corruption »).

    Sur le plan régional, Mohammed ben Salman est associé à l’entrée en guerre de l’Arabie saoudite au Yémen en mars 2015, à la tête d’une coalition arabe. Un conflit meurtrier avec de lourdes conséquences humanitaires au Yémen. Plus récemment, le prince héritier n’a pas hésité à rompre avec le Qatar et à isoler le petit émirat gazier pour essayer de le faire renoncer à sa politique régionale. Dans chacune de ses décisions, « MBS » affronte indirectement l’Iran : en Syrie, au Yémen, à Bahreïn… Un bras de fer qui risque aujourd’hui de déstabiliser le fragile Liban.

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