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    Démission de Hariri: le président libanais demande à Riyad des explications

    media Selon Reuters, le président libanais Michel Aoun a déclaré que Saad Hariri «a été enlevé». REUTERS/Mohamed Azakir/File Photo

    Une semaine après la démission surprise du Premier ministre libanais depuis Riyad, le président Michel Aoun a affirmé que toute position prise par Saad Hariri « ne reflète pas la réalité », car il se trouve dans une « situation mystérieuse en Arabie saoudite ».

    C’est la première fois que le chef de l’Etat libanais s’exprime publiquement et ouvertement depuis la démission surprise de son Premier ministre il y a une semaine. Un communiqué publié par la présidence indique que Michel Aoun a informé « les responsables locaux et étrangers que le mystère qui dure depuis une semaine et qui entoure la situation du Premier ministre fait que toute position et déclaration émises par Saad Hariri ne reflète pas la réalité ».

    Selon le président Aoun, les prises de position du chef du gouvernement sont « le résultat d'une situation mystérieuse et suspecte qu'il vit dans le royaume saoudien », rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

    Prenant la parole devant des délégations reçues au palais présidentiel, Michel Aoun a déclaré que « le Liban n'accepte pas que son Premier ministre soit dans une situation en désaccord avec les traités internationaux et les règles normales des relations entre Etats ». Il a aussi demandé à l’Arabie saoudite des clarifications sur les raisons qui empêchent Saad Hariri de rentrer à Beyrouth.

    Le chef du gouvernement n’a plus fait aucune déclaration publique depuis une semaine, et est difficilement joignable, même par des membres de sa famille. Selon l’agence Reuters, Michel Aoun a déclaré à des ambassadeurs étrangers en poste à Beyrouth que Saad Hariri « a été enlevé ».

    Si les Saoudiens nient, la manoeuvre est jugée crédible par de nombreux observateurs. Mais pour Simon Serfaty, politologue au Centre d'études internationales, la stratégie de Riyad est non seulement râtée, mais également dangereuse. « L'Arabie saoudite poursuit une stratégie qui semble être tous azimuts, ne donnant pas au temps de prendre son temps », estime-t-il, rappelant les réformes entreprises dans le pays et son engagement au Proche-Orient, notamment au Yémen. « L'Arabie saoudite continue d'aggraver l'état d'une région qui est déjà à la dérive. Il y a un pourrissement, tout le monde essaie d'intimider l'autre. Mais je crois que tous ces Etats préféreraient éviter un conflit, parce que la possibilité d'escalade est réelle », analyse encore Simon Serfaty.

    → (RE)LIRE : La démission de Saad Hariri, nouvel épisode de la «guerre froide» Téhéran-Riyad

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