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    Moyen-Orient

    Arabie saoudite: Saad Hariri en résidence surveillée à Riyad?

    media Le Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri reçu le 7 novembre 2017 à Riyad par le prince Mohammed bin Zayed al-Nahyan. Emirates News Agency WAM/REUTERS

    L’incertitude continue de planer sur la situation du Premier ministre libanais Saad Hariri, une semaine après sa démission surprise annoncée de Riyad. On commence à avoir plus d'informations sur les circonstances de l'arrivée de Saad Hariri en Arabie saoudite. Une convocation qui ressemble à un kidnapping.

    Les quelques heures qui ont séparé l’arrivée de Saad Hariri à Riyad, vendredi 3 novembre, et l’annonce de sa démission, le lendemain, ont été racontées en détail par l'agence de presse Reuters, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

    Tout aurait commencé par un appel urgent le 2 novembre au soir, invitant Saad Hariri à rencontrer le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salman, vendredi 3 novembre, trois jours avant la date officiellement prévue. Mais à sa descente d'avion, pas de haut dignitaire pour accueillir le chef du gouvernement libanais comme c'est l’usage, rapporte Reuters.

    Selon un proche du Premier ministre, cité par l’agence britannique, dès son arrivée à l’aéroport de la capitale saoudienne, Saad Hariri voit son téléphone confisqué par des agents de sécurité. Il est conduit dans sa villa de Riyad où il passe la nuit et est convoqué le lendemain matin, à 8 h, par le prince ben Salman. Aucun protocole sécuritaire n'est en place, le Premier ministre libanais part dans une voiture accompagné uniquement de ses gardes du corps.

    Pendant plusieurs heures, Saad Hariri disparaît des radars. C'est à 14 h, en début d'après-midi, qu'il réapparaît sur une chaîne de télévision saoudienne pour annoncer sa démission et accuser l'Iran et le Hezbollah de semer la discorde au Liban et dans le monde arabe. Un langage va-t-en-guerre inhabituel venant de sa part. Un communiqué dont il ne serait pas l’auteur.

    Il passera ensuite le week-end dans un compound du Ritz Carlton, là où sont également détenus les princes saoudiens visés par la purge anti-corruption. Cette semaine, Saad Hariri l'aurait passée confiné dans sa villa de Riyad, gardée par la police militaire saoudienne, où des diplomates européens et américains ont pu lui rendre visite. Il n'a toujours pas fait de déclaration publique depuis sa « démission ».

    ► à (ré)écouter : le Liban, un terrain d'affrontement entre l'Iran et l'Arabie saoudite ?

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