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    Moyen-Orient

    Iran: le bilan du séisme s'alourdit, les recherches sont interrompues

    media Des habitants dans une rue de la ville iranienne de Sarpol-e Zahab, dans la province de Kermanshah, située le long de la frontière avec l'Irak, le 13 novembre 2017. Farzad MENATI / TASNIM NEWS / AFP

    Selon le dernier bilan officiel, 407 personnes ont été tuées et plus de 7 000 autres blessées dans le séisme de 7,3 degrés sur l'échelle de Richter, qui a frappé la province de Kermanshah dans l'ouest de l'Iran. Les opérations de secours et de sauvetages ont pris fin car selon les autorités il ne devrait plus y avoir de survivants ou de corps sous les décombres. C'est jour de deuil en Iran où les écoles resteront fermées ce mardi.

    Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

    Dans de nombreux villages éloignés, les habitants ont eux-mêmes sorti les blessés ou les morts des décombres avant même l’arrivée des secours. Quelque 12000 maisons ont été durement endommagées, selon les autorités, dont certaines à 100%. Selon le ministre de l’Intérieur, près de 2000 villages ont été endommagés, ce qui rend les opérations de secours très compliquées.

    De nombreux habitants se plaignent de ne pas avoir reçu de l’eau, de la nourriture et surtout des couvertures alors que les nuits il fait très froid.

    Selon les autorités, 22000 tentes et cinquante milles couvertures ont été envoyés sur place, mais certains habitants n’ont pas reçu de couvertures. 17 tonnes de riz et 200.000 bouteilles d’eau ont également été distribués.

    Le comté et la ville de Sar-é Pol Zahab particulièrement touchés

    les infrastructures ont été durement touchées et l’eau et l’électricité n’ont pas être rétablies ce mardi. Plus de 300 personnes ont été tuées dans ce comté de Sar-é Pol Zahab, non loin de la frontière irakienne.

    Lundi, les équipes de secours ont travaillé toute la journée pour trouver d'éventuels survivants et apporter de l'aide aux habitants. Si les bâtiments récemment construits ont plus ou moins résisté au séisme, en revanche les vieilles maisons en terres ont été considérablement endommagées, en particulier dans les zones rurales.

    Dans la ville de Sar-é Pol Zahab, le principal hôpital et la moitié des écoles ont été endommagés et sont hors de service. Des centaines de blessés ont été évacués vers les hôpitaux des provinces voisines et même à Téhéran.

    Nombreuses répliques

    Les nombreuses secousses, environ 200 dont certaines sont assez fortes, ont été ressenties depuis dimanche soir, ce qui rend difficile les opérations font augmenter la crainte des survivants.

    Le gouvernement et les forces armées, notamment les Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du pays, ont mobilisé tous les moyens pour apporter de l'aide aux survivants.

    Côté irakien, le bilan est de 8 morts et plus de 300 blessés.

    La situation en Iran est plus grave qu’en Irak, il y a des villages et des villes où l’électricité est coupée, les maisons détruites. Les gens sont dehors car ils ont peur des répliques. Jusqu’à maintenant [lundi 13 novembre dans l’après-midi, NDLR] il y a eu 114 répliques. Comme vous le savez, les répliques peuvent être aussi fortes qu’un nouveau tremblement de terre, et les gens sont sous le stress psychologique des sinistrés. Dès que le tremblement de terre a eu lieu, le Croissant-Rouge iranien a déployé leurs volontaires pour chercher et évacuer les blessés. Ils ont aussi envoyé des tentes, des couvertures et de la nourriture. En fait, c’est une région montagneuse mais heureusement les chemins, les routes, sont accessibles. Les bâtiments sont endommagés mais les routes qui nous amènent vers la population sinistrée sont ouvertes dans les deux pays. Selon le Croissant-Rouge irakien et iranien, les volontaires ont pu arriver dans toutes les zones où le séisme a eu lieu.
    Rana Cassou, de la Fédération des organisations la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, à Beyrouth 13/11/2017 - par Nicolas Falez Écouter

    Immeubles dégradés, maisons effondrées: la région de Sar-pol Zahab a été particulièrement touchée par le séisme du 12 novembre. REUTERS/Tasnim

    On est sur un séisme majeur. Statistiquement, on va dire qu’il y a environ un séisme de magnitude 7 par mois dans le monde. Donc, dans ce sens-là, il n’est pas si exceptionnel que ça. Mais ça reste un séisme important qui est situé dans une région partiellement habitée et qui a donc généré des dégâts conséquents. On est dans une région qui subit des séismes importants assez régulièrement même si dans la région qui a été touchée à la frontière entre l’Irak et l’Iran, on n’avait pas eu de séisme si majeur depuis très longtemps. Le problème associé à tous ces grands séismes c’est évidemment la capacité des bâtiments à supporter ces très fortes vibrations du sol, ces sollicitations sismiques. Et là, a priori, même si je ne connais pas bien la région, on est dans une zone où l’habitat n’est pas construit, on va dire, suivant les dernières normes parasismiques telles que l’on peut les trouver dans d’autres pays, comme le Japon, par exemple.
    Jérôme VERGNE, sismologue à l'Ecole et Observatoire des Sciences de la Terre de Strasbourg 13/11/2017 - par Nicolas Falez Écouter

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