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    Moyen-Orient

    Les Libanais dans l’expectative après l’annonce du retour de Saad Hariri

    media Une pancarte à l'effigie de Saad Hariri, le 10 novembre 2017 à Beyrouth, au Liban. REUTERS/Mohamed Azakir

    Les Libanais ont obtenu satisfaction sur le retour à Beyrouth de leur Premier ministre qui a annoncé qu’il participera à la cérémonie de l’indépendance, mercredi 22 novembre. Mais au Liban, chacun sait que la crise provoquée par la démission surprise de Saad Hariri et son séjour de deux semaines plein d’ambigüités à Riyad, ne fait que commencer.

    Avec notre correspondant à Beyrouth,  Paul Khalifeh

    Ici à Beyrouth c’est l’expectative. Tout le monde attend de voir si le Saad Hariri qui va rentrer au Liban, est le même qu’avant sa démission surprise, le 4 novembre. Continuera-t-il de prôner la conciliation et la modération, ou, au contraire, optera-t-il pour la confrontation avec le Hezbollah, comme l’exigent de lui les Saoudiens ?

    Probablement que Saad Hariri confirmera sa démission, car le contraire signifierait qu’elle lui a été imposée par les Saoudiens. Mais qu’adviendra-t-il ensuite ? Là, les questions se bousculent et les réponses sont rares.

    Quelques indices cependant peuvent servir pour mieux comprendre l’état d’esprit du Premier ministre. D’abord, tous les proches et conseillers qui l’ont rejoint à Paris font partie de ceux qui soutiennent l’option modérée, et refusent la confrontation ouverte avec le Hezbollah.

    Parmi eux, le ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk, qui avait adressé des critiques sans précédent à l’Arabie saoudite pendant cette crise, lorsqu’il a dit que le système politique libanais fonctionnait selon le principe des élections et non pas de l’allégeance.

    Autre indice : Saad Hariri n’aurait pas tari d’éloges devant ceux qui l’ont vu à Paris, à l’adresse du président libanais. Michel Aoun a pourtant officiellement accusé l’Arabie saoudite de détenir son Premier ministre, ce qui lui a valu une farouche campagne de dénigrement dans la presse saoudienne.

    Saad Hariri est sans doute à la recherche d’une voie médiane pour calmer la colère de Riyad tout en préservant la stabilité du Liban. Une mission difficile, disent les optimistes. Impossible, selon les plus pessimistes.


    Une visite pour sortir de l'impasse

    A sa sortie de l'Elysée, Saad Hariri a chaleureusement remercié le président Macron pour son soutien et son amitié infaillible. Le premier objectif de la France était de sortir de l'impasse créée par le séjour prolongé à Riyad du Premier ministre libanais et l'annonce surprise de sa démission. Objectif atteint, même si la crise est loin d'être résolue.

    Depuis Riyad, Saad Hariri avait dénoncé la mainmise sur le Liban du Hezbollah, proche de l'Iran. Le président libanais Michel Aoun comme le Hezbollah avaient pour leur part accusé Riyad de détenir le Premier ministre contre son gré.

    L'entourage du président Macron souligne désormais la nécessité de tenir le Liban à l'écart des crises régionales afin de préserver sa stabilité et ses institutions. La médiation française vise donc plus largement à apaiser les tensions croissantes entre l'Iran et l'Arabie saoudite, toile de fond de la crise libanaise. Paris envisage d'ailleurs d'accueillir rapidement une réunion du groupe international de soutien au Liban.

    Quant à Saad Hariri, il sera de retour au Liban mercredi où il doit rencontrer Michel Aoun avant de se prononcer sur « tous les sujets. » A commencer par celui de son maintien ou non à la tête du gouvernement.
    RFI

    à lire aussi : Saad Hariri et Emmanuel Macron tentent à Paris de désamorcer la crise libanaise

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