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    Moyen-Orient

    [Reportage] Syrie: l'interminable et difficile déminage de Raqqa libérée

    media Un combattant des Forces démocratiques syriennes marche dans Raqqa en ruines, fin octobre. Delil souleiman / AFP

    Plus d’un mois après la libération de Raqqa, l’ancienne capitale autoproclamée du groupe Etat islamique en Syrie, la ville est toujours en ruines. Les Forces démocratiques syriennes (FDS), qui l’ont reprise, en interdisent l’accès aux civils. Il faut dire que Raqqa est entièrement minée. En se repliant, les jihadistes ont semé dans toutes les rues et dans tous les immeubles des engins explosifs. Les envoyés spéciaux de RFI en Syrie ont suivi une équipe de déminage des Forces démocratiques syriennes.

    Vous savez, Daech, en quittant Raqqa, a fait une promesse. Ils nous ont dit : "vous n’aurez pas de répit durant dix ans. Nos mines seront votre pire cauchemar." Et ils sont en train de tenir parole.
    A Raqqa, avec les démineurs des Forces démocratiques syriennes 23/11/2017 - par Sami Boukhelifa Écouter

    A l’aide d’une simple perche, Abou Hussein sonde le terrain. Objectif : détecter les mines antipersonnel. « Marchez derrière moi et dans mes pas, compagnons. Les pièges tendus par les jihadistes sont diaboliques. Nous n’avons jamais vu ça auparavant. Ce ne sont pas des mines au sens classique du terme, donc s’il vous plait, on marche en file indienne. »

    « Au sein de Daech, ils réfléchissent en prédateurs et nous sommes les proies, explique le démineur. Tout est potentiellement piégé : un réfrigérateur, une poussette, une voiture, les entrées des immeubles… Et ils ont même des bombes avec détecteur de mouvement, je ne sais même pas où ils les ont trouvées ! »

    Moyens rudimentaires

    Une équipe de déminage, trois personnes, et trois instruments rudimentaires pour un travail dangereux et colossal. Abou Hussein ne se sépare jamais de ses instruments, toujours dans les poches son gilet. « Nos outils sont très simples, nous n’avons pas de moyens. Il y a cette petite pince, regardez. Et là, c’est une paire de ciseaux, et on a ce grappin relié à une corde. Ils nous servent pour le déminage. C’est tout ce que nous avons. »

    La mission du jour : déminer un immeuble du centre-ville de Raqqa. Il abritait un centre de commandement du groupe Etat islamique. L’équipe d’Abou Hussein entre en premier. En un mois, ses hommes et lui ont trouvé plus de 3 000 mines.

    Dans l’escalier, les marches sont vérifiées une à une. Au rez-de-chaussée, un arsenal des jihadistes est découvert. « Ça, ce sont des caisses de munitions… Elles sont encore pleines…. C’est moi qui passe en premier. Il y a aussi des mortiers et des obus. » Un câble intrigue les démineurs. Il longe le mur et passe d’une pièce l’autre jusqu’à un tunnel. Abou Hussein ne prend aucun risque. Il décide de le sectionner.

    « Nous savions que les jihadistes avaient piégé toute la ville mais pas à ce point. Il n’y a pas un jour où l’on ne reçoit pas l’ordre d’aller secourir un civil qui a sauté sur une mine, se désole Abou Hussein. Bien sûr, lorsque quelqu’un saute sur une mine, personne n’intervient jusqu’à notre arrivée, parce que la zone est considérée comme dangereuse. C’est notre devoir. C’est nous qui sommes en première ligne pour protéger nos familles et nos amis. »

    « Vous n’aurez pas de répit durant dix ans »

    L’opération de déminage se poursuit dans les étages supérieurs. RAS, rien à signaler. Mais en ressortant de l’immeuble, un objet attire l’œil d’Abou Hussein. Un détonateur relié à un IED (un engin explosif improvisé). Il était dissimulé sous une couverture. Le grappin est lancé. Doucement, la couverture est retirée. Elle dévoile un bidon d’huile rempli d’explosif.

    Abou Hussein ordonne à l’un de ses hommes de le désamorcer. « Abou Selymane, coupes le fil ! N’ayez pas peur, n’ayez pas peur. C’est assez basique comme procédé, on va s’en occuper. C’est du RDX, un composant explosif. Vous savez, Daech, en quittant Raqqa, a fait une promesse. Ils nous ont dit : "vous n’aurez pas de répit durant dix ans. Nos mines seront votre pire cauchemar." Et ils sont en train de tenir parole. »

    A Raqqa, au sein des Forces démocratiques syriennes, il y a deux équipes de déminage seulement. Tant que leur travail n’est pas terminé, les civils ne pourront rentrer chez eux.

    Des bombes désamorcées par une équipe de démineurs à l'intérieur d'une voiture piégée appartenant au groupe EI à Raqqa, le 18 octobre, au lendemain de la libération de la ville. REUTERS/Erik De Castro

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