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    Moyen-Orient

    Trump informe Abbas qu'il veut «transférer l'ambassade à Jérusalem»

    media Le président américain Donald Trump dans le Bureau ovale à la Maison Blanche (archive). REUTERS/Jonathan Ernst

    Le président Donald Trump a informé le président palestinien Mahmoud Abbas « de son intention de transférer l'ambassade des Etats-Unis » en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, affirme la présidence palestinienne ce mardi après un entretien téléphonique entre les deux dirigeants.

    Les Palestiniens n'ont pas laissé le privilège de l'annonce à la Maison Blanche. Quelques minutes après la fin de la conversation avec le président américain, l'Autorité palestinienne a fait savoir que Donald Trump avait informé Mahmoud Abbas de son intention de déménager l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. En étant les premiers à l'annoncer, les Palestiniens affichent clairement leur colère, explique notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil.

    Au cours de cet échange téléphonique avec Washington, Mahmoud Abbas a mis en garde Donald Trump contre les « conséquences dangereuses d'une telle décision sur le processus de paix, la sécurité et la stabilité dans la région et dans le monde », a fait savoir l'Autorité palestinienne dans un communiqué.

    Le président américain Donald Trump a prévu ce mardi une série d'échanges téléphoniques à l'approche de l'annonce de sa décision sur le statut de Jérusalem avec notamment le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le roi Abdallah II de Jordanie.

    Mises en garde internationales

    Lundi, le président Trump avait repoussé sa décision sur un éventuel transfert de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. De très nombreux responsables internationaux lui ont adressé des mises en garde. Les présidents français et turc, la cheffe de la diplomatie européenne, le secrétaire général de la Ligue arabe ont alerté sur le risque de déstabilisation de la région et la nécessité de trouver une issue négociée à la question de Jérusalem.

    Les Palestiniens, eux, préviennent qu'en cas de reconnaissance de Jérusalem comme capitale israélienne par les Etats-Unis, ils se retireront de l'initiative de paix que l'administration Trump veut promouvoir.

    C'est ce que Xavier Abu Eid, porte-parole de l'Organisation de libération de la Palestine, explique à RFI : « L'administration américaine sait très bien à quel point nous avons été généreux, à quel point nous avons été réceptifs à leur initiative. Ils savent très bien à quel point nous avons été sérieux avec eux. Nous avons répondu à toutes les questions qu'ils nous ont adressées. Donc nous avons beaucoup coopéré à propos de leur initiative, même si nous n'avons toujours rien vu venir. Cela fait bientôt neuf mois et nous n'avons toujours vu aucune initiative. Nous ne savons rien de leur vision. Ils ne mentionnent pas la solution à deux Etats. Ils ne disent rien lorsqu'Israël détruit la Palestine en construisant des colonies. Et nous sommes restés engagés dans ce processus. Maintenant, si les Etats-Unis décident de récompenser l'occupation, de récompenser la colonisation et la négation de nos droits, nous n'aurons plus de liens avec eux pour la construction de la paix dans cette région. »
    (Propos recueillis à Bethléem par Guilhem Delteil)


    «Une gifle à la conscience de l’humanité» selon Erdogan

    En Turquie, la réaction de Recep Tayyip Erdogan a été particulièrement virulente : « Jérusalem est une ligne rouge pour les musulmans » a-t-il dit. Une réplique qui n’est pas étonnante puisque depuis des années le président turc se pose en premier défenseur de la cause palestinienne. Mais alors que le procès Zarrab se poursuit aux Etats-Unis, et que Recep Tayyip Erdogan y est présenté comme le complice du bris de l’embargo contre l’Iran, la réaction outrée du président turc s’adresse autant aux Américains qu’aux Israéliens.

    Avec notre correspondant à Istanbul, Alexandre Billette

    C’est une violation du droit international, une gifle à la conscience de l’humanité pour Recep Tayyip Erdogan qui menace également de convoquer l’Organisation de la coopération islamique si Washington devait transférer son ambassade à Jérusalem.

    Le président turc a également évoqué si tel était le cas une rupture possible des relations diplomatiques avec Israël. Une nouvelle période de tension qui s’annonce dans les relations turco-israéliennes alors pourtant que les deux pays avaient initié un rapprochement en 2016 après des années de grand froid suite à l’assaut donné par un commando israélien contre un navire d’aide humanitaire turc qui tentait de briser le blocus contre Gaza.

    Mais aujourd’hui, Recep Tayyip Erdogan ne pouvait pas rater cette occasion de se poser en leader du monde musulman, tout en taclant Donald Trump, au moment même où les relations entre les deux pays sont au plus mal depuis la tentative de putsch en juillet 2016.

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