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    Moyen-Orient

    Yémen: Ali Abdallah Saleh, ex-président, chef de guerre et fin stratège

    media L'ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh, ici le 22 avril 2011 à Sanaa. REUTERS/Ammar Awad

    L'ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh, 75 ans, dont la mort a été annoncée lundi 4 décembre, était un redoutable tacticien qui a gouverné le Yémen pendant 33 ans et avait tenté inlassablement de prendre sa revanche depuis son éviction du pouvoir en 2012.

    De l'exercice du pouvoir - et l'homme s'y entendait pour avoir régné sur son pays durant 33 ans -, il disait : « Cela équivaut à une danse sur la tête de serpents ».

    Coutumier des retournements d'alliances, doué d'un incontestable instinct de survie politique, c'est son dernier retournement d'alliance qui lui coûtera la vie.

    Militaire de carrière, il gravira tous les échelons de la hiérarchie pour finalement être élu président du Yémen du Nord en 1978. Il sera le principal artisan de la réunification avec le Yémen du Sud en 1990.

    Ali Abdallah Saleh sera chassé du pouvoir en 2012 et n'aura de cesse de le récupérer. Pour cela, il s'allie avec la rébellion houtie, une minorité zaydite proche du chiisme, en 2014. Lui-même de cette minorité religieuse, il n'avait pas hésité à faire la guerre aux Houthis durant plus de six ans entre 2004 et 2010.

    C'est grâce à son influence et à ses conseillers militaires qui lui sont restés fidèles que la rébellion parvient à conquérir la capitale. Il brave longtemps, aux côtés de ses nouveaux alliés, la coalition menée par l'Arabie saoudite qui bombarde le Yémen pour installer au pouvoir le président Abd Rabbo Mansour Hadi.

    Mais la semaine dernière, Ali Abdallah Saleh fait volte-face : il annonce vouloir s'entendre avec Riyad. Pour les Houthis, ce n'est rien d'autre qu'une trahison qu'ils lui feront payer en lui ôtant la vie.

    Des rebelles houthis célèbrent l'annonce de la mort d'Ali Abdallah Saleh, le 4 décembre 2017. REUTERS/Khaled Abdullah

    Sa mort sonne la fin d'une alliance de circonstances, comme l'explique le chercheur Laurent Bonnefoy, spécialiste du Yémen au CERI-Sciences Po et auteur de « Yémen, de l'Arabie heureuse à la guerre ». « Il y avait une forte inimitié qui avait été effacée par la dimension stratégique », commente-t-il.

    Le chercheur explique pourquoi à l'origine Ali Abdallah Saleh s'était allié avec les Houthis.

    Il y a une dimension personnelle: il a été évincé du pouvoir et il a cherché par différents moyens à se venger et à rester capable de gâcher d'une certaine manière par le processus de transition entamé après lui. Il y a une autre dimension politique...
    Laurent Bonnefoy, chercheur 05/12/2017 - par Nicolas Falez Écouter

    Un tournant dans le conflit ?

    La mort de l'ex-dirigeant pourrait en tout cas constituter un tournant dans le conflit qui ensanglante le Yémen. Un tournant vers plus de violence, selon David Rigoulet-Roze, enseignant chercheur spécialisé sur la région du Moyen-Orient, qui relativise par ailleurs cette victoire proclamée des Houthis.

    Sa mort signe l'échec d'un possible retournement de situation plus ou moins maîtrisé, et surtout le fait qu'Ali Abdallah Saleh aient été tué dans des circonstances qui restent assez obscures va entraîner très certainement une logique de vendetta.
    David Rigoulet-Roze, chercheur 05/12/2017 - par Carlotta Morteo Écouter

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