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    Moyen-Orient

    Appel à l'intifada et grève générale: la colère monte chez les Palestiniens

    media Affrontement entre Palestiniens et police israélienne, le 7 décembre près de la colonie de Beit El, en Cisjordanie. REUTERS/Mohamad Torokman

    Les Palestiniens exprimaient leur colère ce jeudi contre la reconnaissance américaine de Jérusalem comme la capitale d'Israël, alors que le Hamas appelait à une nouvelle intifada contre cette initiative potentiellement explosive. Les organisations palestiniennes ont appelé à trois « jours de rage » à partir de mercredi.

    Avec notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil

    Ecoles et magasins sont dans leur très grande majorité fermés ce jeudi à Jérusalem-Est. Les rues de la Vieille ville, habituellement très animées, sont aujourd’hui beaucoup plus calmes.

    Quelques groupes de pèlerins y font le chemin de croix, sans être bousculés par les commerçants et passants. Seuls les enfants, qui n’ont pas d’école en raison de la grève, jouent dans les rues.

    « Jérusalem est très remontée contre Trump. Car Jérusalem est arabe. Trump a fait une grosse erreur en disant à la télévision que Jérusalem est israélienne » explique une passante. « C'est écrit dans le Coran », renchérit un boulanger resté, lui, ouvert. Mais uniquement parce qu'il vend un produit de première nécessité, dit-il.

    A la mi-journée, quelques dizaines de personnes ont commencé à se rassembler devant l'une des principales portes de la Vieille ville. Au fil des heures, leur nombre a augmenté. Les jeunes et les femmes étaient en première ligne pour scander des slogans promettant de défendre la ville. Les hommes étaient souvent plus en retrait.

    « Ce n'est pas qu'ils sont lâches ou qu'ils veulent s'enfuir. Mais on peut avoir des difficultés à accéder à la Vieille ville. Vous voyez toutes ces caméras de vidéosurveillance et tous ces médias. Ça peut être facile pour Israël d'identifier quiconque proteste ici. Et peut-être de l'arrêter, de le menacer. Ils font ça tout le temps » confie un manifestant.

    Beaucoup portent autour du cou un keffieh noir et blanc, l’écharpe traditionnelle palestinienne. Certains essaient également de brandir des drapeaux palestiniens qui sont arrachés par les policiers. Des forces de l’ordre ont tenté de disperser les manifestants, mais les protestataires sont revenus et étaient plus nombreux encore en début d'après-midi. Mais ce premier face-à-face entre manifestants et forces de l'ordre est resté globalement calme.

    Le mouvement islamiste Hamas, qui gouverne la bande de Gaza, a appelé à un nouveau soulèvement populaire. « On ne peut faire face à la politique sioniste soutenue par les Etats-Unis qu'en lançant une nouvelle intifada », a déclaré le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh.

    L'armée israélienne a annoncé le déploiement de bataillons supplémentaires en Cisjordanie, ce qui représente a priori plusieurs centaines de soldats.


    Heurts en Cisjordanie
    Plus d'une vingtaine de Palestiniens ont été blessés par des balles en caoutchouc ou des balles réelles dans les heurts rapportés à travers toute la Cisjordanie et dans la bande de Gaza, selon les secours palestiniens.  
    RFI


     ■ D'autres pays seraient prêts à suivre Washington

    Avec notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul

    Au lendemain de la déclaration américaine sur Jérusalem, pour Benyamin Netanyahu il y a désormais ce que l’on peut appeler « l’effet Trump ». « Le président américain est entré à jamais dans l'histoire de notre capitale, affirme-t-il. Son nom s'affichera avec fierté au côté d'autres noms dans l'histoire glorieuse de notre ville. » Des propos tenus par le Premier ministre israélien lors d’un événement organisé par le ministère des Affaires étrangères à Jérusalem précisément.

    Pour Netanyahu en tout cas, il y a d’autres pays qui sont déterminés à transférer leur ambassade dans la Ville sainte. « Nous sommes en contacts avec ces pays. Et il est certain, dit encore le Premier ministre, que plusieurs de ces pays le feront avant même les Etats-Unis. »

    Dans l’entourage du chef du gouvernement, on estime que le discours de Donald Trump sera un véritable catalyseur et va encourager le transfert d’ambassades qui se trouvent à Tel Aviv vers Jérusalem.

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