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    Moyen-Orient

    Les Palestiniens à l'unisson contre la décision de Trump sur Jérusalem

    media Jeunes palestiniens en colère après la décision de Donald Trump, près de la Porte de Damas, à Jérusalem, le 7 décembre 2017. REUTERS/Ammar Awad

    Une centaine de blessés sont à déplorer, ce jeudi, dans des manifestations dans les territoires palestiniens et à Jérusalem. Des milliers de Palestiniens sont descendus dans la rue pour exprimer leur colère après la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par le président américain. Ce vendredi est aussi une journée sous tension. Elle pourrait donner lieu à des affrontements entre manifestants et forces israéliennes à l'issue de la prière hebdomadaire. Sur le plan politique, la direction palestinienne cherche du soutien sur la scène internationale. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, était à Amman, ce jeudi, où il a rencontré le roi de Jordanie. Mais les Palestiniens cherchent aussi à serrer les rangs et afficher un visage uni.

    Avec notre correspondant à JérusalemGuilhem Delteil

    Les relations entre Américains et Palestiniens sont désormais glaciales et le vice-président des Etats-Unis, Mike Pence, attendu dans la région dans une dizaine de jours, n'est plus le bienvenu en Cisjordanie.

    Les dirigeants palestiniens ne veulent plus parler processus de paix avec les Etats-Unis. Mohamed Shtayyeh est un cadre du Fatah, le parti présidentiel : « Dire que déménager l'ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem ne met pas en péril le processus de paix est totalement faux. Parce que les Israéliens et nous sommes tombés d'accord sur le fait que c'est un sujet de négociation et maintenant, vous dites que ça ne l'est pas. »

    Les Palestiniens cherchent désormais un nouveau parrain au processus de paix. Mais après dix ans de division entre Hamas et Fatah, ils veulent aussi faire front commun : « Nous accélérons toutes les mesures en vue d'une réconciliation palestinienne. Nous ne permettrons pas qu'elle échoue. Elle répond pleinement à l'intérêt national palestinien. Et donc nous travaillerons dans cette direction jusqu'à ce qu'elle soit totale et que nous l'ayons réussie. »

    Il y a une semaine, les dirigeants du Fatah accusaient le Hamas de ne pas respecter ses engagements. Désormais, le ton a profondément changé. Et l'Autorité palestinienne évoque une possible levée des sanctions prises contre la bande de Gaza.


    «Cette action de Trump pourrait déclencher une intifada violente»

    Après l'annonce de Donald Trump, certains ont appelé à la vengeance et à des violences. C'est ce que craint Issa Amro, défenseur palestinien des droits de l'homme, originaire de Hébron. De passage à Paris, et soutenu par Amnesty International, il défend la résistance pacifique et espère continuer à mobiliser les Palestiniens sans utiliser la violence.

    « Pour moi, Trump s'est précipité pour afficher sa loyauté à l'aile droite israélienne. Cela peut provoquer une escalade de la situation dans tout le Moyen-Orient, pas seulement en Palestine. Les Palestiniens sont très en colère, ils sont très tristes et très déçus, ils se reposaient beaucoup sur des promesses du passé selon lesquelles Jerusalem-Est serait la capitale de la Palestine. Mais cette annonce de Trump signifie pour nous une déclaration de guerre à nos droits en tant que Palestiniens.

    J'appelle toujours à la résistance pacifique et non violente. Mais cette action de Trump pourrait déclencher une intifada violente, non seulement en Palestine mais dans de nombreuses régions des pays arabes. On mesure la colère sur les réseaux sociaux: des extrémistes appellent à la vengeance, c'est très mauvais, c'est ce qu'on redoute, on craint une nouvelle spirale de violence, c'est ce qu'on veut éviter, on ne veut pas nourrir les extrémistes avec des excuses qu'ils pourraient utiliser contre des civils au Moyen-Orient ou en Palestine. »
    RFI

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