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    Moyen-Orient

    Syrie:la Ghouta orientale bombardée, l'ONU enquête sur l'usage d'armes chimiques

    media Des civils courent se mettre à l'abri après un bombardement à Douma en Ghouta orientale le 6 février 2018. REUTERS/ Bassam Khabieh

    En Syrie, le bilan des raids aérien du régime de Bachar el-Assad sur la Ghouta orientale, une région rebelle situé à l'est de Damas, continue de s'alourdir. 47 personnes, dont 10 enfants, ont été tués ce mardi 6 février. La veille un bombardement avait fait 31 morts. Selon les chiffres de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, c'est aussi dans cette zone que le régime syrien est de nouveau soupçonné de faire usage d'armes chimiques. Les Nations unies lancent une enquête.

    Aux portes de Damas, la Ghouta orientale est assiégée depuis 2013 par les forces du régime syrien. 400 000 civils y sont pris au piège dans des conditions humanitaires désastreuses, marquées par le manque de nourriture et de médicaments.

    Ces derniers jours, les violences se sont intensifiées dans l'enclave rebelle. Le bilan est très lourd, alors que la Ghouta orientale est officiellement l'une des « zones de désescalade » définies par la Syrie, la Russie, l'Iran et la Turquie dans le processus de négociation que ces pays ont mis en place.

    Dans la Ghouta orientale comme dans la province d'Idleb, dans le nord de la Syrie, les bombardements sont quotidiens et des témoignages font état d'attaques chimiques avec des symptômes de suffocation pouvant être liés à l'usage de chlore. Des informations qui ont poussé les Nations unies, qui disent avoir reçu de nombreuses informations sur des attaques au chlore, à ouvrir une enquête.

    Des preuves pour Washington, de la propagande pour Moscou

    Les deux zones concernées - la ville de Saraqeb, dans la province d'Idleb, et la région de la Ghouta - font partie des rares zones encore tenues par les groupes rebelles. Et deux territoires que le régime espère bien leur reprendre comme il l'avait fait à Alep fin 2016.

    Les Etats-Unis affirment que les preuves sont « évidentes ». L'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley parle de dizaines de victimes, dont des enfants. Les témoignages évoquent des bébés obligés de porter des masques à oxygène et sentant le chlore ou l'eau de javel.

    « Une campagne de propagande » répond la Russie, qui a refusé l'adoption au Conseil de sécurité d'un texte condamnant les attaques chimiques.

    Il y a un peu moins d'un an, une attaque chimique attribuée au régime syrien avait déclenché une riposte militaire de Washington. 59 missiles tirés depuis un destroyer de la marine s'étaient abattussur une base de l'armée syrienne. De nouvelles frappes ne sont pas exclues, dit aujourd'hui Washington.

    Appel à une trêve humanitaire

    Face à la situation, l'ONU craint une aggravation de la crise humanitaire et réclame une trève d'au moins un mois dans toute la Syrie pour pouvoir porter secours aux populations civiles. Jens Laerke, porte-parole de l'OCHA, le bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU, craint pour la vie et la situation des nombreux déplacés à l'intérieur de la Syrie.

    « Si on prend l’exemple de la région d’Idleb, il y a deux millions de personnes qui nous préoccupent. C’est comme un énorme camp de réfugiés, c’est à cela que ça ressemble. Il y a des centaines de milliers de personnes qui sont déplacées à l’intérieur.  Elles sont en fuite, extrèmement vulnérables. Elles sont soumises à des attaques, à des bombardements. C’est complètement inacceptable ! Tout cela a poussé l’équipe des Nations unies à Damas à réagir et dire "ça suffit comme ça" ! Maintenant, nous avons besoin d’une trêve humanitaire, parce que pour accomplir notre travail, il nous faut les conditions nécessaires. »

     

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