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    Moyen-Orient

    Ahed Tamimi : jeune icône de la cause palestinienne

    media Hébron: le 30 janvier 2018 l'anniversaire de la jeune Palestinienne Ahed Tamimi dont le procès s'ouvre ce mardi 13 février, a été symboliquement fêté. REUTERS/Mussa Qawasma

    Le procès d'Ahed Tamimi s'est ouvert ce mardi 13 février, devant un tribunal militaire israélien. Cette jeune Palestinienne âgée de 17 ans a été arrêtée au mois de décembre dernier après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo où on la voit giffler et donner des coups de pied à deux soldats israéliens. Douze chefs d'accusation ont été retenus à son encontre. Pour son altercation avec les soldats il y a deux mois mais aussi pour cinq autres événements. Malgré son jeune âge, Ahed Tamimi est aujourd'hui l'une des figures les plus connues de la cause palestinienne.

    de notre correspondant à Jérusalem,

    Sur son ordinateur, Bassem Tamimi regarde une vidéo d'un interrogatoire de sa fille. Face à deux officiers israéliens, Ahed Tamimi reste muette. Sa seule prise de parole est pour revendiquer son droit au silence. Son père y voit une force de caractère et un motif de fierté : « tout parent aimerait que sa fille soit comme Ahed. Qu'elle résiste à un homme qui porte une arme ».

    Mais lui qui est aussi passé par les prisons israéliennes reconnaît qu'il préfèrerait que sa fille soit danseuse. Ou footballeuse, comme elle en caressait l'espoir lorsqu’elle était enfant. Ce combat est risqué, reconnaît Bassem Tamimi. Mais pour lui, l'occupation israélienne force les destins : « où y a t-il un endroit sûr? » interroge-t-il. « S'il y a en a un, dîtes-moi où il est. Quand vous voyez les soldats venir chez vous, où peut-on être en sécurité ? »

    A Nabi Saleh, les habitants, membres de la même famille, rappellent que quelques minutes avant qu'Ahed Tamimi ne giffle et ne donne des coups de pieds à deux soldats, son cousin avait été gravement blessé par un tir israélien. « Quand 20 minutes plus tôt, ils ont tiré sur votre cousin, où est cet endroit sûr? » poursuit Bassem Tamimi. Aux yeux de ses proches, la colère d’Ahed Tamimi était liée à l'émotion, et au fait que les soldats étaient entrés dans sa propriété.

    Mais cette vidéo, devenue virale sur Internet, n'est pas la première apparition de la jeune fille. En 2012, des images la montrent en train de crier sur un soldat et le menacer de son poing. Elle n’avait alors que onze ans et ces images lui ont déjà valu une certaine notoriété. Néanmoins, à Nabi Saleh, l’engagement d’Ahed Tamimi n'est pas une exception. D’autres enfants participent à la mobilisation contre l’occupation. Sa cousine Jena Jihad a, elle, commencé à réaliser des vidéos sur le village. Elle n’avait que sept ans lorsqu’elle a publié la première. Aujourd'hui âgée de 11 ans, elle se présente comme « la plus jeune journaliste du monde ». Et pour elle, à Nabi Saleh comme dans le reste des territoires palestiniens, « tous les enfants sont impliqués ». « Rien qu'en allant à l'école, vous étudiez notre histoire. Et vous éduquer, c'est une façon de résister à cette occupation. »

    Nabi Saleh, un village rebelle

    Nabi Saleh n'est toutefois pas n'importe quel village palestinien. Depuis 2009, ses habitants organisent des manifestations quasiment hebdomadaires contre l'occupation et contre la colonie de Halamish située juste en face. Une forme de « résistance pacifique » assure Bilal Tamimi, l'un des oncles d'Ahed : « nous n'utilisons aucune arme. Nous ne cherchons pas à tuer ou blesser ». Et pour lui, cela a été « la meilleure façon d'avoir des soutiens du monde entier ». Les habitants de Nabi Saleh ont aussi sût médiatiser leurs actions. Ils filment leurs actions, leurs rassemblements et diffusent ces images sur les plateformes Internet : Facebook, Twitter, YouTube… Et désormais, Nabi Saleh jouit d’une notoriété certaine et reçoit des visiteurs de nombreux pays.

    En revanche, côté israélien, beaucoup ne voient pas dans les actions des habitants de Nabi Saleh une forme de « résistance pacifique ». « Si vous avez recours au terrorisme, nous avons le droit d'entrer dans votre maison et de mettre fin à cette terreur » jugeait ainsi sur les ondes de la BBC Oren Hazan, un député du Likoud, le parti du Premier ministre. Interrogé sur le fait qu’une gifle puisse être considéré comme un acte terroriste, il a répondu : « croyez-moi, une gifle relève de la terreur. Parce que si aujourd'hui, à 16 ans, elle donne un coup de poing à un soldat, demain, elle lui plantera un couteau dans la gorge. »

    Contactée par RFI, l'armée israélienne souligne de son côté qu'Ahed Tamimi a « attaqué les forces de sécurité en plusieurs occasions, jeté des pierres et participé à des émeutes, incitant d'autres à la violence et à des actes de terreur contre des civils israéliens ». Elle relève également que ces dernières années, plusieurs membres de la famille Tamimi ont été condamnés « pour leur implication dans des émeutes ».

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