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    Moyen-Orient

    [Reportage] A Baiji, les habitants n'attendent plus rien du gouvernement irakien

    media Les forces irakiennes surveillent un checkpoint au nord de Baiji qui reste une ville fantôme après le départ de l'Etat islamique. Mahmud SALEH / AFP

    La dernière journée de la conférence sur la reconstruction en Irak à Koweit débute ce mercredi 14 février. Mais en Irak les citoyens craignent que cette conférence ne soit finalement qu’un coup d’épée dans l’eau. Beaucoup s’accordent à dire que l’argent confié au gouvernement irakien n’arrivera pas entièrement jusqu’à ses bénéficiaire. A Baiji, au Sud de Mossoul, les habitants ont perdu espoir. Cette ville pétrolière a été au cœur de violents combats. Voilà plus de deux ans qu’elle n’est qu’un tas de ruine.

    Avec notre envoyée spéciale à Baiji, Oriane Verdier

    Au bout d’une rue déserte, des hommes s’affairent dans une maison aux murs troués ou écroulés. Avant que le groupe Etat islamique n’arrive, c’était le foyer de Munir et des 30 personnes de sa famille. Aujourd’hui il a décidé de le reconstruire de ses propres mains. « Vous voyez ma maison, ce ne sont que des décombres. J’ai dépensé tout mon argent, maintenant je n’ai plus rien, se désole-t-il. Il n’y même pas d’eau ou d’électricité. Aucun représentant gouvernemental n’est venu nous voir. Personne ! »

    Seulement 75 familles sont revenues habiter dans cette ville fantôme libérée pourtant il y a plus de deux ans de l’organisation Etat islamique. Beaucoup sont des chefs de tribu locaux comme le Cheikh Hamid. Ils refusent de rester les bras croisés face à l’inaction du gouvernement irakien.

    « Notre gouvernement est corrompu. Nous ne faisons confiance ni aux politiques locales, ni aux politiques nationales. Le gouvernement irakien a créé un business autour des déplacés qui vivent dans des tentes en Irak. Par exemple si un milliard de dinars arrive pour les déplacés. Ils vont tout voler en faisant des faux justificatifs et n'en laisseront que 10 ou 15%. Ce sont des experts ! », affirme le chef de tribu.

    Munir et ses confrères se déplacent armés. Ils n’ont plus confiance en personne. En plus du manque de service et de reconstruction, différents groupes armés ont pris le contrôle des quartiers de Baiji. Certains émanent de tribus locales sunnites, d’autres sont des milices chiites soutenues par le gouvernement irakien.

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