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    Moyen-Orient

    Bahreïn: l’opposant Nabil Rajab condamné à cinq ans de prison pour des tweets

    media Le militant des droits de l'homme et co-fondateur du Bahrain Center for Human Rights Nabil Rajab, ici en juillet 2015 au village de Bani Jamrah, à l'ouest de Manama. MOHAMMED AL-SHAIKH / AFP

    Le célèbre opposant du petit royaume du Golfe a été condamné mercredi 21 février à cinq ans de prison pour des tweets où il dénonçait l’intervention de la coalition arabe dans le conflit au Yémen, ainsi que des cas de torture dans son propre pays. Selon les ONG, le verdict est un exemple « de la manière dont les tribunaux à Bahreïn répriment la liberté d’expression ».

    Nabil Rajab est une des figures emblématiques des manifestations de 2011, déclenchées par la majorité chiite dans le contexte du « printemps arabe » et qui réclamait des réformes à la dynastie sunnite. Depuis 2012, l’activiste a déjà emprisonné à plusieurs reprises, suite à son implication dans l’organisation de ces rassemblements, et avait déjà été condamné à deux ans de prison en juillet dernier pour « propagation de rumeurs et de fausses nouvelles ». Il avait alors critiqué le pouvoir bahreïni lors d’interviews télévisées.

    Des tweets « insultants » pour les tribunaux

    La condamnation a été prononcée par la Haute cour criminelle de Bahreïn, notamment pour des tweets de mai 2015 qualifiés « d’insultants » où il aurait critiqué l’Arabie saoudite et ses alliés, dont Manama, pour leur rôle dans la guerre qui se poursuit depuis 2015 au Yémen. Il était également accusé d'avoir relayé des critiques sur des cas de torture dans la prison de Jaw, à Bahreïn, et d'avoir ainsi « insulté » le ministère de l'Intérieur.

    « Ce jugement est un exemple criant de la manière dont des tribunaux à Bahreïn répriment la liberté d'expression », a pour sa part estimé Sayed Ahmed Alwadaei, directeur de l’ONG Bahrain Institute for Rights and Democracy (BIRD). Plusieurs groupes de défense des droits de l’Homme, dont l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), avaient déclaré le 25 janvier criandre pour la santé de Nabil Rajab, qui a été hospitalisé à plusieurs reprises en détention.

    « Sa première réaction a été de sourire »

    « Mon père a été condamné à cinq ans de prison et sa première réaction a été de sourire » dans un acte de défi, a indiqué sur Twitter Adam Rajab, le fils de l’opposant.

    Le petit royaume du Bahreïn est le siège de la cinquième flotte des Etats-Unis dans le Golfe et d’une base militaire britannique encore en construction. Le pouvoir sunnite à Manama a dissout des nombreux mouvements d’opposition et emprisonné et/ou déchu des dizaines de dissidents de leur nationalité depuis la répression des grandes manifestations de 2011.

    (avec AFP)

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