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    Moyen-Orient

    Ghouta orientale: l'aide humanitaire n'entre pas malgré la trêve décrétée

    media Un homme est soigné dans un hôpital de Douma, dans la Ghouta orientale, le 25 février 2018. REUTERS/Bassam Khabieh

    Plus de 600 civils, dont 147 enfants, ont été tués depuis le 18 février et le lancement par le régime syrien d'une nouvelle offensive militaire sur la Ghouta orientale, a rapporté mercredi l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Lors de la deuxième journée de la trêve partielle, hier, aucun convoi d’aide humanitaire n’a pu entrer dans l'enclave rebelle et seulement quelques civils en sont sortis.

    Avec notre correspondant dans la région, Paul Khalifeh

    L’intensité des tirs d’artillerie et des frappes aériennes a baissé depuis l'instauration d’une pause de cinq heures, tous les matins, décidée par la Russie. Mercredi, la trêve a été globalement respectée. Des tirs d’artillerie de l’armée syrienne ont été quand même signalés au nord et à l’est de Damas. Une trentaine d’obus de mortier tirés par les rebelles se sont aussi abattus sur des quartiers périphériques de la capitale.

    Un communiqué du centre russe d’observation des zones de désescalade a accusé les rebelles d’avoir encore fois pris pour cible aux armes automatiques et aux roquettes antichars mercredi, le passage sécurisé d’al-Wafidine, ouvert pour permettre aux habitant qui le souhaitent de quitter la Ghouta. Seul un petit groupe de civils serait sorti de l’enclave assiégée, selon des sources russes.

    De même, aucun convoi n’a pu entrer dans le réduit rebelle, où vivent encore 400 000 personnes, qui manquent de vivres et de médicaments.

    Des civils moins ciblés

    Seule amélioration notable, selon Oussama el-Omari, militant de l’opposition syrienne, depuis la mise en place du cessez-le-feu, les civils sont quelque peu épargnés.

    « Durant la période de trêve quotidienne de 9h à 14h, dans la Ghouta, les civils ne sont quasiment plus ciblés, explique ce dernier à RFI. La situation n’a plus rien à voir avec les jours précédents. [...] Je ne dis pas que les civils sont totalement hors de danger. Nous ne sommes jamais à l’abri d’un tir d’artillerie ou d’un obus de mortier. Les abords des villes de la Ghouta sont également bombardés. » 

    Après la fin de la trêve, en début d’après-midi, des combats ont été signalés à l’est de la Ghouta, où l’armée syrienne a progressé mardi. Mais l’intensité des affrontements était moins importante que la veille. Les troupes gouvernementales s’employaient à consolider leurs nouvelles positions, en prévision de la poursuite des opérations au sol, affirment des sources proches du régime et de l’opposition.


     ■ A l'ONU: « Quand votre résolution va-t-elle être appliquée ? »

    Quatre jours après le vote très laborieux en faveur de la trêve en Syrie, l’ONU n’a toujours pas pu faire parvenir l’aide tant attendue par les 400 000 civils prisonniers des combats dans la Ghouta orientale. Une impasse dont a fait part le chef des opérations humanitaires Mark Lowcock lors d'une réunion publique au siège à New York ce mercredi 28 février.

    Avec notre correspondant à New York, Marie Bourreau

    Quarante-cinq camions sont prêts à rentrer dans une dizaine de zones assiégées par le régime syrien et à livrer de l'aide à environ 90 000 personnes, des ambulances stationnent pour commencer les évacuations sanitaires… Mais le feu vert ne vient pas et le chef des opérations humanitaires s'impatiente de cette aide qui reste totalement virtuelle aux habitants de la Ghouta. Aucune trêve n'a été respectée, aucune autorisation n'a été donnée.

    Lors de son discours, Mark Lowcock a donc résumé la situation. Depuis samedi et le vote d'une trêve humanitaire, la Ghouta a connu plus de bombardements, plus de combats, plus de morts, plus de misère. « Quand votre résolution va-t-elle être appliquée ? », a-t-il demandé dans un silence mortifère au Conseil de sécurité.

    Depuis le 18 février, 580 civils ont trouvé la mort contre une quinzaine dans les tirs de roquettes qui visent la capitale Damas. Les groupes rebelles ont indiqué dans une lettre adressée au Conseil de sécurité qu'ils étaient prêts à respecter la trêve, mais le régime syrien, lui, n'a donné aucune indication qu'il était prêt à en faire de même.

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