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    Moyen-Orient

    Présidentielle en Egypte: une élection sans opposition

    media Ambiance dans un bureau de vote à Alexandrie, le 27 mars 2018. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

    Les Egyptiens ont commencé à voter lundi 26 mars pour un scrutin présidentiel de trois jours. Le président sortant Abdel Fattah al-Sissi se présente pour un second mandat face à un seul adversaire, Moussa Mostafa Moussa, qui est loin d’être considéré comme un opposant.

    Au Caire ce 26 mars, de petits groupes d’électeurs étaient présents devant les bureaux de vote avant même leur ouverture. Dans le quartier historique de Gamaliya, Hassan affiche son soutien au président sortant. « Sissi est fils de l'institution militaire et l'Egypte ne peut pas être gouvernée par quelqu'un qui ne connaît rien, par un naïf, déclare-t-il. Lui, il comprend, il connaît son peuple. »

    Difficile en ce premier jour de scrutin de rencontrer l’autre candidat, Moussa Mostafa Moussa. Celui-ci s’est déclaré juste avant la date limite de dépôt des candidatures. Jusque-là, il affichait son soutien à Abdel Fattah al-Sissi. Moussa Mostafa Moussa dirige El Ghad, parti politique libéral. Il veut un « capitalisme national » pour son pays, avec l’idée de transformer des millions d’Egyptiens en petits porteurs d’actions.

    « Nous avons un programme qui va apporter beaucoup aux Egyptiens » explique Moussa Mostafa Moussa au micro de RFI. Il affirme se présenter « pour empêcher les Frères musulmans et les autres de jouer avec les élections et avec ce pays ». Cette deuxième candidature permet une « élection démocratique normale », assure Moussa Mostafa Moussa qui se demande « où sont les autres ? »

    Effectivement, plusieurs personnalités qui envisageaient de se présenter se sont heurtées à des obstacles. L’ancien Premier ministre Ahmed Chafik a dit qu’il serait candidat. De retour des Emirats arabes unis où il réside, il a aussitôt disparu pendant 24 heures puis a refait surface pour annoncer qu’il avait changé d’avis.

    Un ancien chef d’état-major, Sami Anan, a quant à lui envisagé une candidature avant d’être mis hors-jeu, accusé par l'armée d’avoir enfreint la loi militaire en se déclarant candidat illégalement. Enfin, l’avocat Khaled Ali a renoncé en dénonçant des pressions et le climat politique en Egypte.

    Un sondage plus qu'une élection

    Il existe d’autres cas comparables pour parvenir à ce scrutin sans débat ni compétition, déplore Khaled Dawoud, président du parti d’opposition Al Doustour, qui appelle au boycott du scrutin en cours.

    « Notre Constitution de 2014 dit que l’élection présidentielle doit être ouverte, juste et pluraliste et ce n’est pas ce à quoi nous assistons, se plaint-il. Appelons cela plutôt une "cérémonie visant à renouveler la confiance accordée au président". Et nous observons une vaste campagne menée par le régime et les institutions de l’Etat pour convaincre les Egyptiens d’aller voter. C’est un peu comme un sondage : "si vous aimez le président, mettez votre bulletin dans l’urne" ».

    Avant sa première élection en 2014, Abdel Fattah al-Sissi avait déjà éliminé les Frères musulmans de la scène politique égyptienne. La confrérie est aujourd’hui considérée comme une organisation terroriste.

    Le mois dernier, quatorze organisations de défense des droits de l’homme ont dénoncé une élection présidentielle « ni libre ni équitable ». Human Rights Watch, le Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS) et les autres organisations signataires affirment que « le gouvernement du président Abdel Fattah al-Sissi ne cesse d’étouffer les libertés fondamentales. Il a également arrêté des candidats potentiels et effectué des rafles parmi leurs partisans ».

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