GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Vendredi 21 Septembre
Samedi 22 Septembre
Dimanche 23 Septembre
Lundi 24 Septembre
Aujourd'hui
Mercredi 26 Septembre
Jeudi 27 Septembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Moyen-Orient

    Attaque aux armes chimiques à Douma? Guerre des images sur les réseaux sociaux

    media L'une des images d'une vidéo postée par les Casques blancs sur Twitter et présentée comme tournée après l'attaque chimique présumée, à Douma, le 7 avril 2018. White Helmets/Reuters TV via REUTERS

    Le président français Emmanuel Macron a annoncé aujourd’hui qu’il avait « la preuve » que des armes chimiques ont été utilisées par le régime syrien samedi 7 avril lors d'un bombardement à Douma, dans la Ghouta orientale. Mais Damas et Moscou contestent et accusent les rebelles d’avoir « mis en scène » cette attaque. Qui croire? Comment vérifier les photos et les vidéos qui nous parviennent? Sur les réseaux sociaux, chaque camp exploite les images à sa façon pour gagner la bataille de l'opinion... et la manipulation va bon train.

     

    Exemple avec une vidéo relayée par des comptes pro-régime ces derniers jours.

    La vidéo montre des enfants de la Ghouta orientale dans une pièce en train de jouer au ballon. Une sonnerie retentit, les enfants se jettent par terre, se mettent à gigoter comme s'ils convulsaient. Des hommes en blouse blanche se précipitent alors sur eux pour les aider à respirer avec des masques à oxygène... puis tous les participants se lèvent, indemnes, et l'on entend des applaudissements.

    Pour les pro-régime et les internautes qui la re-tweetent cette vidéo prouverait que les rebelles de Douma ont demandé aux enfants et à leurs parents à mettre en scène les conséquences d'une attaque chimique.

    En fait, grâce à un petit outil qui permet de retrouver l'origine des vidéos, Les Observateurs de France 24 ont remis cette vidéo dans son contexte. Les journalistes ont découvert qu'il s'agit d'un petit spectacle filmé en 2013 par une association syrienne dans le cadre d'une journée de mobilisation visant à dénoncer l'inaction de la communauté internationale face aux attaques chimiques en Syrie.

    Non datée, raccourcie, ré-interprêtée... cette vidéo a instillé le doute chez bon nombre d'internautes et donné du crédit à la thèse du régime syrien.

    Y-a-t-il de la manipulation d'images du côté des rebelles?

    Le régime syrien et son allié russe accusent régulièrement les Casques blancs de manipuler les informations à des fins politiques. Il a été démontré à plusieurs reprises par différentes enquêtes journalistiques que les Casques blancs ont trafiqué des images pour justifier auprès de l'opinion internationale des frappes de rétorsion contre le régime. Ce collectif de sauveteurs qui se dit non-partisan et indépendant est financé notamment par un groupe de pression américain, The Syria Campaign, qui soutient une intervention militaire occidentale contre le régime.

    Après l'attaque de Douma, samedi dernier, une des photos emblématiques relayées par des membres des Casques blancs a visiblement été composée. Sur la photo, on voit un petit garçon et une petite fille, morts dans les bras l'un de l'autre. Or, en recoupant différentes vidéos qui ont été postées après l'attaque, on voit que ce petit garçon était d'un côté de la pièce et que la petite fille était dans un autre coin. Ils auraient donc été déplacés volontairement pour être mis dans cette position de tendresse, probablement pour susciter davantage d'émotion sur les réseaux sociaux.

    Avec toutes ces images potentiellement manipulées qui circulent sur les réseaux sociaux est-on en mesure de confirmer s’il y a eu une attaque chimique à Douma et qui en serait responsable?

    Il faut être très prudent. La vérification des images prend beaucoup de temps, et nous disposons de très peu d’informations. Médias et ONG ont mis en place des procédures pour essayer de « fact-checker » au mieux ces données, mais l’emballement sur les réseaux sociaux va souvent plus vite que la musique.

    Pour le moment, l'analyse la plus documentée des images concernant l'attaque à Douma est celle de Eliot Higgins, chercheur à Kings College qui tient le blog bellingcat.com.

    La vérification d'images en zones de conflit – Ukraine, Libye, Syrie - est sa spécialité et sa démarche a le mérite d’être transparente. Après un travail de géolocalisation pour s’assurer de la provenance des images et après avoir mis en relations ces images avec un certain nombre d’informations qui se recoupent, il conclut qu’il y a bien eu une attaque au chlore à Douma samedi 7 avril et qu’il est probable que l’arme chimique a été lâchée par avion, et donc par le régime syrien.

    En revanche, pour connaître la composition exacte des agents chimiques, et notamment s’il y a eu usage de gaz sarin, il faut pouvoir prélever des échantillons sur les corps des victimes. En général, il faut le faire rapidement, car les gaz chimiques sont très volatiles. Il sera peut-être trop tard quand les experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) arriveront dans la Ghouta Orientale, ce samedi 14 avril… soit une semaine après les faits présumés.

     

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.