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    Moyen-Orient

    Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni frappent la Syrie

    media Un missile aperçu dans le ciel de Damas lors des frappes aériennes dans la nuit du 13 au 14 avril 2018. SANA/Handout via REUTERS

    Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi 13 avril à 21h heure de Washington (3h à Paris, 4h à Damas) une opération militaire contre la Syrie, avec la France et le Royaume-Uni, pour punir le régime de Bachar al-Assad qu'il accuse d'une attaque à l'arme chimique contre des civils. Emmanuel Macron et Theresa May ont ensuite annoncé l'intervention de leurs armées par communiqué. L'opération, qualifiée de « ponctuelle » n'a duré qu'une heure. Plusieurs points stratégiques ont été visés.

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    Etats-Unis, France et Royaume-Uni annoncent des frappes

    « Une opération conjointe est en cours avec la France et le Royaume-Uni, nous les remercions tous les deux », a déclaré Donald Trump, qui s'est exprimé en direct à la Maison Blanche. Les Etats-Unis ont lancé ce vendredi 13 avril (temps horaire de Washington) des frappes militaires, appliquant ainsi les menaces que Washington laissait planer depuis plusieurs jours.

    Donald Trump a dénoncé les attaques chimiques « monstrueuses » menées par le régime de Damas et a promis que l'intervention comprenant des « frappes de précision » durerait « aussi longtemps qu'il le faudrait ».

    Peu de temps après la prise de parole du président américain à la Maison Blanche, Theresa May et Emmanuel Macron ont confirmé l'intervention des armées britanniques et françaises en Syrie.

    De Londres, la Première ministre britannique Theresa May affirme dans un communiqué qu'il n'y avait « pas d'alternative à l'usage de la force ».

    « Nous avons cherché tous les recours diplomatiques », ajoute-t-elle, « mais nos efforts ont été constamment déjoués ». En conséquence, Theresa May explique qu'elle a autorisé les forces armées britanniques à conduire « des frappes ciblées et coordonnées » contre les capacités militaires chimiques du régime de Bachar al-Assad, afin de « prévenir » leur usage. Elle accuse Damas d'avoir recours à des armes chimiques « contre son propre peuple », de la manière « la plus cruelle et la plus odieuse qui soit ».

    La Première ministre britannique a révélé ce samedi les cibles spécifiques qui ont été atteintes en Syrie et déclare qu’il s'agissait de frappes limitées, ciblées et efficaces, rapporte notre correspondante à Londres, Marina Daras. Lors de sa première conférence de presse, elle justifie sa volonté d’intervenir militairement en Syrie.

    « Bien que ces frappes visaient précisément à dissuader le régime syrien, elles servent également à envoyer un signal clair à quiconque pense pouvoir utiliser des armes chimiques en toute impunité. Nous aurions préféré une autre voie, mais cette fois-ci, il n'y en a pas. Nous ne pouvons pas permettre que l'utilisation de produits chimiques soit normalisée, que ce soit en Syrie, dans les rues du Royaume-Uni ou ailleurs. Nous devons rétablir le consensus mondial selon lequel les armes chimiques ne peuvent être utilisées. Cette action est absolument dans l'intérêt national de la Grande-Bretagne. L’histoire nous a appris que lorsque les règles et les normes qui nous protègent sont menacées, nous nous devons de prendre position et de les défendre. C'est ce que notre pays a toujours fait et c'est ce que nous continuerons de faire », a-t-elle déclaré.

    La décision arbitraire de participer à cette intervention sans demander l’aval du Parlement fait déjà beaucoup de bruit. L’opposition travailliste, les libéraux démocrates et le parti indépendantiste écossais accusent la Première ministre d’opportunisme politique en suivant les Américains et en abandonnant la voix de la diplomatie.

    A Paris, le président français a annoncé dans un communiqué que « la ligne rouge fixée par la France en mai 2017 a été franchie ». « Nous ne pouvons pas tolérer la banalisation de l'emploi d'armes chimiques ». L'Elysée précise que les frappes étaient « circonscrites aux capacités du régime syrien permettant la production et l'emploi d'armes chimiques ».

    Le président français ajoute qu'il poursuivra « avec détermination dans les jours et les semaines à venir » les priorités de la France : « terminer la lutte contre Daech, permettre l’accès de l’aide humanitaire aux populations civiles, enclencher une dynamique collective pour parvenir à un règlement politique du conflit, afin que la Syrie retrouve enfin la paix, et veiller à la stabilité de la région ».

    En fin de communiqué, Emmanuel Macron précise qu'un débat parlementaire va être organisé en France, comme l'exige la Constitution.

    → Lire le communiqué complet

    Le chef d'état-major français, le général François Lecointre, était présent lors de la conférence de presse au Pentagone.

    Cette action est légitime, elle vise à mettre un terme à une atteinte grave au droit. Elle est circonscrite à des objectifs précis : la destruction des capacités chimiques du régime syrien.
    Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères 14/04/2018 - par RFI Écouter

    « Cette opération visait des objectifs appartenant au programme chimique clandestin de la Syrie. (...) Au travers de ces objectifs, c'est la capacité de développer, de mettre au point, de produire des armes chimiques, de la Syrie, qui est atteinte. Nous ne cherchons pas la confrontation et nous refusons toute logique d'escalade militaire. c'est la raison pour laquelle avec nos alliés, nous avons veillé à ce que les Russes soient prévenus en amont », a déclaré la ministre des Armées, Florence Parly.

    ■ Des explosions signalées à Damas, les frappes ont été « ponctuelles »

    L'opération militaire déclenchée par les trois capitales occidentales contre la Syrie vise des cibles précises à l'aide de munitions diverses - des missiles Tomahawk ont été utilisés -, a précisé l'administration américaine.

    Carte des sites visés par les bombardements alliés. RFI

    D'après le chef d'état-major américain, la première cible était un centre de recherches à Damas, les frappes ont aussi visé un arsenal d'armes chimiques.

    Un centre de recherches militaires près de Homs a également été bombardé par l'armée britannique. « La contribution britannique à l'action coordonnée a été réalisée par quatre avions de chasse Tornado GR4 de la Royal Air Force », a précisé le ministère dans un communiqué. « Ils ont lancé des missiles Storm Shadow contre un complexe militaire - une ancienne base de missiles - à 24 kilomètres à l'ouest de Homs ». Cette cible, « où le régime est supposé conserver des armes chimiques », a été déterminée suite à une « analyse scientifique très méticuleuse », visant à maximiser la destruction de l'arsenal chimique syrien, selon le ministère.

    C'était violent les explosions qui ont eu lieu. Il y a eu des éclairs mais on entendait aussi les défenses anti-aériennes.
    Le témoignage du Docteur Elias Lahham, un habitant de Damas joint par RFI 14/04/2018 - par Nicolas Falez Écouter

    Environ une heure après son déclenchement, l'opération occidentale conjointe était terminée, a annoncé John Dunford. Le chef d'état-major précise qu'il n'y a pas d'autres opérations prévues.

    Par ailleurs, l'Otan a déclaré « soutenir » les frappes occidentales contre la Syrie. « Elles vont réduire la capacité du régime à mener d'autres attaques contre le peuple de Syrie avec des armes chimiques », a affirmé le secrétaire général de l'Alliance atlantique Jens Stoltenberg dans ce communiqué.

    La riposte de Damas et la réaction russe

    Selon la télévision syrienne, les batteries anti-aériennes se sont mises en branle et auraient abattu treize missiles au sud de Damas. Les cibles choisies l'ont été pour éviter de toucher les forces russes, a indiqué le Pentagone. La Russie avait déjà positionné des systèmes de défense anti-aériens S-400, hautement sophistiqués.

    Les médias officiels syriens dénoncent « une agression et une violation flagrante du droit international ».

    A 4h35 heure française, la Russie « répète qu'il y aura des conséquences aux frappes alliées en Syrie », indique l'ambassadeur russe à Washington, Anatoli Antonov, qui parle d'« insulte au président russe » Vladimir Poutine, ce qui est « inacceptable » et « inadmissible ».

    Sur Twitter, la représentation russe à Washington indique qu'« un scénario pré-conçu est en cours d'exécution ».

    (Ré) écouter l'édition spéciale de RFI :

    Edition spéciale Frappes occidentales en Syrie 14/04/2018 Écouter

     

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