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    Moyen-Orient

    Frappes en Syrie: ce que l'on sait des sites militaires visés

    media Une photo de l'unité de communication et de production audiovisuelle française (ECPAD) montre le lancement d'un missile de croisière depuis un navire militaire français en Méditerranée vers des cibles en Syrie du 13 au 14 avril 2018. AFP/ECPAD

    Une semaine après l’attaque chimique contre des civils dans la Ghouta orientale, les Etats-Unis et leurs alliés, la Grande-Bretagne et la France, ont donc riposté cette nuit, en frappant la Syrie. Des frappes annoncées par Donald Trump lui-même. Il était 3 heures à Paris, 21h à Washington. L'administration américaine a donné des précisions sur les cibles visées, au cours des dernières heures.

    Dans un raid conjoint, les Etats-Unis, la France et de la Grande-Bretagne ont bombardé plusieurs cibles militaires en Syrie. Des cibles essentiellement liées au programme chimique syrien officiellement démantelé depuis 4 ans.

    Le site le plus important est situé près de Damas, il s'agirait du centre de recherche de Barzeh, le CERS. Il faisait déjà partie des cibles évoquées par les autorités françaises, en préparation des raids stoppés in extremis fin août 2013.

    Aucun site russe touché 

    Deux autres cibles au moins sont situées près de Homs dans le centre du pays ont été bombardés, peut-être des sites de stockages clandestins. La ministre de la Défense française Florence Parly parle, elle, de « sites de productions ». L'OSDH, l'Observatoire syrien des droits de l'homme, évoque aussi le bombardement d'une caserne de la garde républicaine dans les environs de la capitale. Aucun site russe n'a toutefois été touché précise Moscou.

    Carte des sites visés par les bombardements alliés. RFI

    A Damas, la réaction de la défense aérienne syrienne a été modérée, quelques tirs de missiles ont été aperçus mais « aucune perte humaine n'est à déplorer » côté américain selon le Pentagone.

    Dans la nuit, l'Elysée a publié une vidéo montrant le décollage de quatre Rafales de l'armée de l'air équipés de missiles de croisière. Le ministère des Armées assure également que les frégates Fremm ont été impliquées dans l'opération. Au total douze missiles de croisière ont été tirés, des missiles à longue portée pour rester en dehors des défenses syriennes et russes. Paris ajoute que la France n' a pas pris part au bombardement du centre de recherche sur les armes chimiques situés prés de Damas, déjà considéré comme une cible il y a cinq ans mais toujours actif, souligne-t-on dans l'entourage de Florence Parly. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian affirme pour sa part « qu'une bonne partie de l'arsenal chimique syrien a été détruit ». « Les Russes n'ont pas été prévenus des cibles retenues, ni même du moment ou elles seraient frappées, mais nous nous sommes assurés que chacun serait dans son coin durant l'opération afin d'éviter, les méprises ou les accidents », a confié un gradé de l'armée française à RFI.

    Le ministère de la Défense britannique, Gavin Williamson, a affirmé que l’action militaire était proportionnée et spécifiquement destinée à détruire les stocks clandestins de produits chimiques pour empêcher le régime d’Assad de les utiliser à nouveau sur le peuple syrien, précise notre correspondante à Londres, Marina Daras.

    Une centaine de missiles tirés

    Le Pentagone laisse entendre que les frappes occidentales ont porté un coup sévère au programme chimique syrien. Il « mettra des années à s'en remettre », affirme un haut responsable du Pentagone, le général Kenneth McKenzie, ajoutant que les défenses anti-aériennes russes n'ont pas été activées et celles du régime syrien ne l'ont été qu'après la fin des frappes.

    Une centaine de missiles aurait été tirés, des frappes donc limitées à des objectifs syriens, limitées dans le temps et destinées surtout à envoyer un message aux autorités syriennes. D'ailleurs l'Elysée précise dans un communiqué, que la France et ses partenaires, vont reprendre dès aujourd’hui leurs efforts aux Nations unies pour la mise en place d'un mécanisme d'enquête sur l'usage de l'arme chimique en Syrie.

    Carte des forces internationales sur le terrain en Syrie. RFI

    Selon James Mattis, le secrétaire d’Etat à la Défense, cette vague de frappes menées conjointement avec la France et la Grande-Bretagne est maintenant terminée, rapporte notre correspondant à San Francisco, Eric de Salve. « Nous avons envoyé un message clair à Bachar el-Assad. Il est temps de s’unir pour mettre fin à la guerre civile en Syrie (.) Pas de nouvelles frappes prévues pour le moment », précise James Mattis.

    Une annonce qui contredit celle de Donald Trump lors de son allocution un peu plus tôt : « L’opération va durer aussi longtemps qu’il le faudra », a en effet promis le président américain.

    Des conséquénces limitées

    Sur le terrain, les conséquences de ces frappes seront certainement limitées, comme c'est à chaque fois le cas lors de frappes dites « punitives ». Cela fait une semaine que tout le monde parle de frappes occidentales en Syrie, l'armée syrienne qui est en guerre depuis sept ans maintenant, et qui compte des conseillers russes, a donc certainement dû prendre des mesures pour se protéger, ou déplacer certains équipements importants.

    Dès 2013, par exemple on sait que l'état-major syrien à Damas a déménagé. Le site qui a été visé, dans la banlieue de Damas, le CERS est très connu. C'était donc une cible toute désignée. Pas sûr donc qu'il y ait des choses très intéressantes à l'intérieur.

     

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