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    Moyen-Orient

    Syrie: après les frappes occidentales, quelle stratégie?

    media Chasseurs français Rafale prêts au décollage sur la base de Saint-Dizier (Haute-Marne), le 13 avril 2018. Reuters/ECPAD

    « Mission accomplie » pour Donald Trump suite aux frappes sur la Syrie vendredi soir, menées conjointement par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni. Une ligne que ne partage pas tout à fait Paris qui souhaite au contraire capitaliser sur ces frappes coordonnées pour relancer la machine diplomatique sur le dossier syrien.

    Avec notre correspondante à New YorkMarie Bourreau

    La machine s’était grippée du fait des vetos successifs de Moscou sur la Syrie et des processus politiques parallèles à Sotchi et Astana. Paris entend reprendre l’initiative sur le front diplomatique et montrer aux Américains que cette fermeté signalée par les frappes doit être suivie d’effet, confirme l'ambassadeur français aux Nations unies, François Delattre : « Ces frappes sont une réponse nécessaire au service du droit et au service de notre stratégie politique pour mettre un terme à la tragédie syrienne »

    Paris a annoncé travailler à un nouveau projet de résolution pour trouver une issue à la crise syrienne sur les trois sujets clés du chimique, de l’humanitaire et du politique.

    Nikki Haley, l’ambassadrice américaine, a éludé le sujet : « Notre stratégie en Syrie n’a pas évolué (…) J’ai parlé au président et il m’a dit : "Si le régime syrien utilise de nouveau des gaz toxiques, les Etats-Unis sont prêts à dégainer". Quand notre président désigne une ligne rouge, le président applique cette ligne rouge. »

    La logique serait que des négociations reprennent (…) Une occasion serait la visite du président Macron en Russie à la fin du mois de mai
    Pierre Lorrain Journaliste, écrivain, spécialiste de la Russie 14/04/2018 - par Jelena Tomic Écouter

    Washington, qui avait annoncé il y a quelques jours vouloir se désengager de Syrie, reste donc sur sa ligne : fermeté sur l’usage d’armes chimiques, mais pas de stratégie politique de sortie de crise pour le moment.

    Carte des sites visés par les bombardements alliés. RFI


    Les Etats-Unis craignent des représailles via des cyberattaques

    En limitant leurs attaques à des sites liés aux armes chimiques syriennes, les Américains espèrent ainsi limiter les volontés russes et iraniennes de représailles .
    Pourtant, un affrontement pourrait malgré tout avoir lieu, non pas sur le terrain, mais dans le cyber espace, où Moscou, tout comme Téhéran, ont déjà démontré leur capacité de nuisance, rapporte notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier.

    Les frappes des Américains et de leurs alliés occidentaux constituaient certes leur offensive la plus spectaculaire en Syrie, mais l'objectif n'en restait pas moins mesuré : répondre à une nouvelle utilisation d'armes chimiques, Washington se disant désormais convaincu de l'emploi de chlorine, mais aussi de gaz sarin.

    En visant trois sites stratégiques, la réponse se voulait « proportionnelle », afin de ne pas provoquer une escalade avec les soutiens de Damas, la Russie et l'Iran.
    L'opération précise et limitée ne visait ainsi qu'à affaiblir le potentiel chimique de Bachar el Assad, et sa volonté de l'utiliser.

    Pourtant, les Américains n'écartent pas la possibilité de représailles. Car si Moscou ou Téhéran ne peuvent pas rivaliser en terme militaire, leurs capacités cybernétiques sont reconnues. Dana White, porte-parole du Pentagone, craint par exemple que son argumentaire officiel ne soit brouillé par des messages contradictoires et fallacieux disséminés sur internet. « La campagne de désinformation russe a déjà commencé. L'activité des trolls russes a augmenté de 2 000 % dans les 24 dernières heures », a-t-elle affirmé.

    Une cyberattaque de plus grande envergure est aussi envisagée par les experts.
    Blocage des communications américaines dans la zone, ou même perturbation du système électrique aux Etats-Unis, au sein duquel des virus russes et des manipulations iraniennes ont déjà été détectés, depuis plusieurs années, et encore ces dernières semaines.

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