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    Moyen-Orient

    Ambassade américaine à Jérusalem: répression sanglante à Gaza

    media Heurts violents entre manifestants palestiniens et soldats israéliens à la frontière de la bande de Gaza, le 14 mai 2018. REUTERS/Mohammed Salem

    Comme prévu, la tension est forte en Israël et dans les Territoires palestiniens en raison de l'inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem. Des milliers de Palestiniens se sont rassemblés dans la bande de Gaza près de la frontière israélienne. De violents heurts ont éclaté entre les manifestants et les soldats israéliens. Au moins 55 Palestiniens ont été tués et plus de 2400 blessés, dont 1200 par des tirs par balles. L’armée israélienne a aussi bombardé des cibles du Hamas, dans le nord de la bande de Gaza.

    Ce lundi 14 mai, au moins 55 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza par des tirs de soldats israéliens à la frontière, où des milliers de personnes manifestent contre le transfert à Jérusalem de l'ambassade américaine en Israël, selon le ministère de la Santé local. L'armée a également fait savoir qu'elle avait bombardé des cibles du Hamas ce lundi 14 mai.

    L'ambassadeur palestinien à l'ONU a également affirmé, lors d'une conférence de presse, que « huit enfants de moins de 16 ans » figuraient parmi les morts, évoquant également « plus de 2 000 blessés ». Le ministère palestinien de la Santé évoque pour sa part plus de 2 400 blessés, dont 1200 par des tirs de balles réelles. 76 personnes seraient dans un état critique, 40 dans un état très critique.

    « On ne s’attendait à ce nombre de blessés aujourd’hui »

    Des blessés qui affluent dans les structures de soin à proximité. « On a reçu beaucoup de patients », témoigne le directeur de l'hôpital de campagne installé dans le camp de Bureij, le docteur Nahed Joudah. « On ne s’attendait à ce nombre de blessés aujourd’hui. On avait augmenté le nombre de soignants : on était 25 vendredi dernier, 50 aujourd’hui. Et on a demandé du renfort pour la fin de la journée. Nous manquons aussi de médicaments et d’instruments médicaux. »

    Le médecin explique que les blessés sont transféré autant que possible dans un hôpital plus important pour faire face à la situation. « Les plus gravement atteints, on les a soignés dans cette tente-là : ce sont les soins intensifs. On a cherché à stabiliser leur condition puis on les a transférés à l’hôpital al-Aqsa. Ceux qui étaient un peu moins gravement touchés, on leur a aussi prodigué les premiers soins avant, là encore, de les envoyer à l’hôpital. Et ceux qui ont inhalé du gaz lacrymogène, on les a traités ici puis ils sont repartis. »

    Une longue journée

    Les manifestants avaient commencé à se masser sur les différents lieux de rassemblement à Gaza dès le début de la matinée, notamment le long de la barrière de séparation avec le territoire israélien.

    Certains de ces manifestants sont venus par leurs propres moyens, d’autres à bord des bus mis à disposition par les organisateurs de cette marche. La foule n'a cessé d’augmenter. Au camp de Bureij, dans la région centre de la bande de Gaza, ce sont des milliers de personnes qui se sont rassemblées.

    Lors de la prière de la fin de matinée, l’imam a appelé à faire deux prières d’affilée pour appeler à une plus grande protection divine et permettre ainsi aux protestataires de traverser le dispositif de séparation.

    « Une gifle »

    « Transférer l’ambassade est une gifle pour tous les Arabes, témoigne une jeune manifestante. En tant que Gazaouis, en tant que Palestiniens, c’est notre droit de revenir sur nos terres. Un jour, nous retournerons chez nous, qu’ils le veuillent ou non. Nous continuerons à manifester pour obtenir que nos droits soient respectés. Si nous ne réclamons pas nos droits, qui le fera pour nous ? En tant que femmes, en tant que Palestiniennes, en tant que musulmanes, nous continuerons notre bataille pour obtenir nos droits. »

    « Jérusalem est la capitale des Palestiniens et des Palestiniens uniquement, continue-t-elle. Ceux qui vivent en Israël, en Cisjordanie, à Gaza ou dans la diaspora. C’est notre pays, nous reviendrons sur nos terres. Et Jérusalem est notre capitale. C’est tout. »

    Des camions transportant des pneus sont arrivés sur le lieu des échauffourées. L’écran de fumée noire provoqué par leur incendie s’est épaissi. Le vent le pousse vers le territoire israélien. C'est une façon de protéger les manifestants des tireurs d’élite en face.

    L'armée israélienne avait, en prévision de ces manifestations massives, doublé ses effectifs autour de la bande de Gaza, et en Cisjordanie. Elle avait également prévenu les Gazaouis via des tracts distribués par les airs qu'ils risquaient leur vie s'ils envisageaient de participer aux rassemblements de protestation.

    RFI: édition spéciale sur la situation à Gaza mardi 15 mai, de 08h15 à 9h00 (heure de Paris)

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