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    Moyen-Orient

    Le laborieux apprentissage du vivre-ensemble entre juifs et Arabes israéliens

    media Le village de Wahat al Salam – Neve Shalom est situé à flanc de colline à mi-chemin entre Jérusalem et Tel Aviv. © Guilhem Delteil / RFI

    L’école du village de Wahat al Salam - Neve Shalom fut la première école « binationale » d’Israël. Elle accueille enfants juifs et arabes, enseigne dans les deux langues. Elle espère contribuer à enseigner le vivre-ensemble à une nouvelle génération d’Israéliens. Mais cet apprentissage doit surmonter de nombreux obstacles.

    L’initiative était née l’an dernier, de la volonté des élèves eux-mêmes. Le 6 mai 2017, l’école primaire de Wahat al Salam – Neve Shalom avait célébré sa première « fête de la paix ». Les enfants avaient défilé sous les yeux de leurs parents dans ce petit village à flanc de colline, situé à mi-chemin entre Jérusalem et Tel Aviv, pour marquer la possibilité de vivre en bonne entente entre juifs et Arabes. La date tombait entre les commémorations de l’indépendance d’Israël et celles de la « Nakba », la « catastrophe » qu’a représentée pour les Palestiniens l’exode de plus de 700 000 d’entre eux après la création du nouvel Etat.

    Wahat al Salam en arabe, Neve Shalom en hébreu, signifie « oasis de la paix ». C’est le nom donné à cette commune créé en 1978 par un frère dominicain pour promouvoir le vivre-ensemble entre Israéliens juifs et arabes. Le village accueille actuellement 66 familles issues des deux communautés, les deux langues y sont parlées. Et l’école enseigne en hébreu comme en arabe à des élèves juifs, musulmans et chrétiens.

    Cette « fête de la paix », bien que récente, correspond donc à l’esprit du village. Elle devait être reconduite cette année, ce samedi 12 mai. Mais la météo s’est montrée particulièrement capricieuse pour la saison. Un vent frais et assez puissant, et même quelques improbables gouttes de pluie pour cette période de l’année, sont venus perturber le programme de la journée. Les célébrations ont été annulées : « Vous savez, en Israël une petite pluie, c’est comme un ouragan », s’amuse un parent d’élève.

    Trait d’union

    Mais les parents des élèves de la classe de 4e niveau (CM1) ont, eux, décidé de maintenir le pique-nique qu’ils avaient prévu en marge de cette fête. A l’extérieur du village, deux tables ont été dressées. Le menu est principalement composé d’houmous, de taboulé, de falafels et de pain pita : « le parfait trait d’union entre juifs et Arabes », note une mère, les plats étant dans les traditions culinaires des deux cultures. Les enfants courent et jouent autour.

    Le pique-nique en marge de la «fête de la paix» réunit parents et enfants juifs et arabes. © Guilhem Delteil / RFI

    « Il ne nous arrive pas très souvent de tous nous retrouver » se réjouit Amit. « A l’école, garçons et filles ne jouent pas ensemble », relève cette petite fille de neuf ans tout en faisant cuire d’épaisses galettes sur une plaque chauffante. Autour d’elle, enfants juifs et arabes passent, prennent un morceau de galette, le tartine de pâte au chocolat et repartent jouer un peu plus loin. Dans la cour de récréation de l’école de Wahat al Salam – Neve Shalom, comme beaucoup d’autres dans le monde, la séparation se fait principalement par genres. Les origines, elles, comptent peu.

    A neuf ans, après trois années passées dans cette école, Amit dit parler couramment l’arabe. Eliam, lui, le comprend, mais le parle plus difficilement. Ce garçon de dix ans termine sa deuxième année de scolarité à Wahat al Salam – Neve Shalom. Mais cela ne l’empêche pas de sociabiliser avec ses camarades arabophones. Les uns parlent en hébreu, les autres en arabe. « Et quand on ne se comprend pas, on parle avec les mains », ajoute-t-il.

    Amit, une jeune Israélienne, élève de l'école «binationale» de Wahat al Salam–Neve Shalom. © Guilhem Delteil / RFI

    Indépendance versus Nakba

    L’objectif revendiqué de cette école, qui attire des enfants des villages voisins également, est de faire tomber les barrières dès le plus jeune âge. Et « la plupart du travail se fait naturellement », assure Yali Reichman, intervenant artistique au sein de l’établissement. « Ils se battent comme des enfants, ils jouent comme des enfants, ils tissent des amitiés comme des enfants. » Yali Reichman habite dans un village voisin. Comme souvent en Israël, la commune n’est pas mélangée culturellement. Sa famille vit donc dans un environnement juif et pour lui, il était important qu’Eliam, fils d’un premier mariage de sa femme, soit au contact d’enfants d’origine palestinienne. « Si plus tard, il se souvient qu’il a joué avec un Arabe et inversement, alors les deux enfants ne seront pas la confrontation. C’est une façon de dédiaboliser l’autre. »

    « Je suis fière de montrer à Eliam, à la société, qu’il est possible de vivre ensemble », explique pour sa part Elianit Reichman. Cette mère de famille se dit militante. Elle porte autour du cou un médaillon qu’elle a fabriqué elle-même : il a la forme d’Israël « sans les territoires occupés : la Cisjordanie, la bande de Gaza et le Golan », précise-t-elle. Mais certaines barrières culturelles restent difficiles à faire tomber. « En deux ans dans cette école, Eliam a été invité pour la première fois chez un camarade arabe la semaine dernière », concède-t-elle.

    Même dans cette « Oasis de la paix », les rapports entre les communautés restent marqués par le contexte général. A l’école de Wahat al Salam – Neve Shalom, l’indépendance d’Israël et la Nakba sont toutes deux célébrées. Mais pour la première, les élèves arabes ne participent pas. Pour la seconde, ce sont les élèves juifs qui sont absents. Et au terme de l’école primaire, la plupart des élèves partent vers des établissements de leur communauté. « Il est difficile pour un enfant d’être le seul Arabe dans une école juive » relève Samah Salaime, militante féministe arabe israélienne.

    Société partagée

    L’école de Wahat al Salam – Neve Shalom, comme le village dans son ensemble, se veulent un pont entre les communautés. Mais il n’est pas question d’essayer d’estomper les différences culturelles. « Cela n’est jamais arrivé que quelqu’un perde son identité juive ou palestinienne », affirme Samah Salaime, résidente de Wahat al Salam – Neve Shalom depuis sept ans et mère de trois enfants. « Nous voulons une société partagée. Et notre rôle est d’élever la génération suivante de sorte à ce qu’elle considère cela comme naturel ».

    L’initiative n’est pas du goût de tous : le village a été attaqué à deux reprises et l’école a failli être incendiée. Mais malgré les difficultés, malgré l’adversité, « cela marche » se réjouit Elianit Reichman. « Cela marche parce qu’on veut que cela marche. Nous y mettons beaucoup de volonté, mais au bout du compte, cette école existe. Et elle grandit même d’année en année. »

    (Ré) écouter : Israël, l’obsession du territoire (Orient Hebdo)

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