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    Moyen-Orient

    Saoudiennes au volant: un tournant historique sur fond d’arrestations

    media Une femme conduisant une voiture en Arabie Saoudite, le 22 octobre 2017. REUTERS/Faisal Al Nasser

    Le dimanche 24 juin sera un jour historique en Arabie saoudite : les femmes auront le droit de conduire sur les routes du royaume, ce qui leur était jusque-là interdit. Ce changement spectaculaire dans ce pays ultra-conservateur est attribué au prince héritier Mohammed ben Salman, qui semble déterminé à réformer l’Arabie saoudite. Mais alors que des dizaines de milliers de Saoudiennes se préparent à devenir des conductrices, des arrestations ont eu lieu ces dernières semaines et ce sont justement des militantes et militants des droits des femmes qui ont été ciblés.

    Deux Saoudiennes, deux générations, une même famille. Majdoleen et sa tante Fawzya échangent leurs impressions, à quelques jours d’un moment qu’elles considèrent toutes deux comme très important. « Ce sera un moment historique, quand chaque femme aura enfin le droit de conduire », s’exclame Fawzya, une universitaire de Riyad qui attend depuis longtemps de pouvoir conduire légalement.

    En 1990, Fawzya et une quarantaine d’autres femmes avaient mené une action d’éclat en prenant le volant, dans les rues de Ryad, la capitale. « Nous nous étions souvent rencontrées pour préparer ça, se souvient Fawzya, pour nous, il était temps de montrer à la société que les femmes devaient conduire, qu’elles devaient prendre leur destin en mains, qu’elles devaient pouvoir choisir et que les autres droits viendraient avec celui de conduire» Mais ce jour-là, les militantes avaient aussitôt été arrêtées par la police saoudienne.

    Près de trois décennies plus tard, les femmes saoudiennes sont sur le point de prendre le volant en toute légalité. La décision a été annoncée en septembre 2017 et les premiers permis de conduire ont été délivrés au début du mois de juin. Des dizaines de milliers de Saoudiennes prennent actuellement des cours de conduite. Il a aussi fallu former des monitrices d’auto-écoles car dans une société ou la mixité est encore exceptionnelle, ce sont des femmes qui enseignent aux femmes.

    Monitrice d’auto-école, c’est le nouveau métier de Majdoleen, la nièce de Fawzya. La jeune femme de 23 ans, tout juste diplomée en Californie, s’est inscrite à l’Université de la Princesse Noura, à Riyad. C’est sur cet immense campus pour jeunes filles que Majdoleen apprend son nouveau métier. « Il faut faire preuve de patience car nous avons affaire à des femmes qui ont tout à apprendre, explique-t-elle dans un anglais parfait, il faut les motiver, il faut sans cesse leur rappeler qu’elles peuvent y arriver. A la fin de chaque cours il faut leur dire à quel point elles ont assuré, quelles ont été leurs erreurs et ce sur quoi il faudra travailler la fois suivante ». La jeune femme rit en imaginant ce à quoi ressembleront les rues de sa ville ce fameux dimanche 24 juin : « Je pense que les hommes ne vont pas sortir ! Ils vont nous laisser conduire parce qu’ils auront peur de nous voir prendre le volant pour la première fois ! Les rues seront pleines de femmes qui conduisent… mais sans hommes !... »

    Arrestations

    C’est au moment où l’Arabie saoudite se prépare à ce bouleversement que des arrestations ont eu lieu dans le royaume : Loujain Al Athloul, Eman Al Nafjan, Aziza Al Youssef… une vingtaine de personnes, dont de nombreuses femmes, ont été emprisonnées depuis le mois de mai, certaines ont été libérées depuis.

    Ces Saoudiennes et Saoudiens avaient signé des pétitions où s’étaient engagés publiquement pour que les femmes obtiennent davantage de droits dans le royaume. Des revendications portant sur la conduite automobile mais aussi sur le système du tutorat qui place les Saoudiennes sous l’autorité d’un homme, leur père, leur mari, leur frère ou leur fils.

    Selon l’agence de presse saoudienne SPA, les personnes qui se trouvent toujours en détention auraient notamment « avoué » le contact avec des organisations « ennemies » et le recrutement de personnes occupant des postes gouvernementaux sensibles. Des médias proches du pouvoir ont affirmé que parmi ces personnes se trouvaient des traîtres et « des agents d'ambassades » de pays étrangers.

    Un tour de vis qui peut sembler en décalage avec la décision historique d’autoriser les femmes à conduire. Et qui intervient alors que le prince héritier Mohammed ben Salman multiplie les annonces de réformes économiques et sociétales. « Le message est très clair : ne croyez pas que vous pourrez vous organiser par des activités militantes et que vous pourrez libéraliser le droit associatif qui est encore très contrôlé, analyse la chercheuse Claire Beaugrand, spécialiste des pays du Golfe à l’Université d’Exeter, c’est une approche du haut vers le bas. C’est la griffe de gouvernement MBS, sa façon de réformer l’Arabie saoudite avec une mise au pas autoritaire concomitante. »

    L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch révèle que deux Saoudiennes ont encore été emprisonnées ces derniers jours. Nouf Abdelaziz a été arrêtée après avoir exprimé publiquement sa solidarité avec les détenus. Mayaa al-Zahrani a été interpellée quelques jours plus tard après qu'elle a diffusé une lettre que Mme Abdelaziz lui avait demandé de rendre publique au cas où elle serait arrêtée. Pour Human Rights Watch, « le gouvernement saoudien semble déterminé à ne laisser aucun espace à ses citoyens même pas pour exprimer un soutien rhétorique à des militants emprisonnés ».

    La réalité sur le terrain est très éloignée des discours que Mohamed ben Salman tient à l'Occident.
    Hiba Zayadin Human Rights Watch 21/06/2018 - par Oriane Verdier Écouter

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