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    Moyen-Orient

    Syrie: une multiplicité d’acteurs s’affronte dans le sud-ouest du pays

    media Un combattant de l'Armée syrienne libre (ASL) à Yadouda dans la région de Daraa, le 29 mai 2018. REUTERS/ Alaa al Faqir

    Les combats s’intensifient dans le sud-ouest de la Syrie. L’armée gouvernementale syrienne pilonne les positions des groupes d’opposition dans cette région frontalière de la Jordanie et d’Israël. Des milliers de civils ont dû fuir leurs villes et villages sur lesquels s’abattent des pluies d’obus. D’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), de nombreux groupes armés syriens ou soutenus par des puissances étrangères sont présents et s’affrontent dans cette zone.

    Avec notre correspondant à Amman,  Jérôme Boruszewski

    Il y a tout d’abord, dans l’opposition, les factions de l’Armée syrienne libre (ASL) regroupées en un front du sud et qui rassemblent environ 20 000 combattants. Il y a bien sûr l’armée gouvernementale syrienne : ces derniers jours, des témoins ont indiqué avoir vu de très nombreux convois de véhicules militaires se diriger vers la région de Deraa, où ont lieu les combats.

    L’armée gouvernementale concentre son offensive vers le sud, en direction de la Jordanie, afin de couper en deux une région jusqu’alors contrôlée par l’opposition. Une dizaine de groupes paramilitaires favorables au gouvernement de Bachar el-Assad combattent également dans cette zone.

    Il y a enfin les milices pro-iraniennes, ou plutôt, il y avait, puisque des sources concordantes - l’ambassadeur iranien à Amman ainsi que l’Observatoire syrien des droits de l’homme - indiquent que ces milices se sont retirées, très récemment, à une quarantaine de kilomètres au nord de la frontière jordanienne.

    Les civils sont pris entre les feux croisés de tous ces acteurs. Dans cette région, le gouvernement syrien a largué des tracts invitant les combattants rebelles et les habitants à évacuer la zone. Plus de 12 000 civils ont déjà fui selon l'OSDH. Ils ne peuvent pas passer la frontière jordanienne, fermée depuis presque trois ans.


    « C'est extrêmement préoccupant »

    Cette escalade intervient alors que la partie sud de la Syrie, qui inclut les provinces de Deraa, Quneitra et Soueida, fait l'objet d'un cessez-le-feu depuis juillet 2017 selon un accord entre la Russie, la Jordanie et les Etats-Unis. Les civils fuient les bombardements et les combats. Une situation très préoccupante pour Linda Tom, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

    « Nous sommes très inquiets parce que les combats se sont intensifiés ces derniers jours dans le sud de la Syrie. Cela se passe dans les provinces de Deraa, Quneitra et Soueida. Mais le plus inquiétant c'est qu'encore ce jeudi, on nous a rapporté que de nouveaux bombardements ont lieu dans l'est et dans l'ouest de la Syrie. Cela cause la mort de civils et le déplacement de milliers de personnes. Le risque pour la population, c'est que les combats se poursuivent et nous sommes très préoccupés par la protection des civils qui vivent dans le sud du pays. Ils essaient de fuir les combats et nous savons que dans cette région beaucoup de personnes ont besoin d'une aide humanitaire. Donc le déplacement va rendre ces personnes encore plus vulnérables qu'elles ne l'étaient déjà. C'est extrêmement préoccupant. Dans cette région, il y a toujours eu de grands besoins. Mais avec ces nouveaux combats, la situation pour ces personnes est en train de s'aggraver dangereusement. »

    (Re) lire : Syrie: plus de 920000 déplacés en 2018, un record depuis le début du conflit

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