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    Moyen-Orient

    Contestation sociale en Irak: l'appel au calme de l'ONU

    media Le siège du gouvernorat de Bassora porte les traces des incendies provoqués par les jets de cocktails Molotov. REUTERS/Essam al-Sudani

    Ce mercredi 5 septembre, Jan Kubis, le représentant de l'ONU en Irak a appelé au calme à Bassora, une ville du sud du pays qui a été le théâtre, la veille, de nouvelles manifestations ayant fait six morts. Ce qui en a fait la journée la plus meurtrière depuis le début, en juillet 2018, d'un mouvement de contestation sociale et sanitaire.

    « Six manifestants ont été tués et plus de vingt blessés » ce mardi 4 septembre au soir devant le bâtiment du gouvernorat de la province de Bassora, a indiqué Mehdi al-Tamimi, chef du Conseil gouvernemental provincial des droits de l'homme. Un bilan confirmé par des sources médicales à l'Agence France Presse. La ville a connu là sa journée la plus sanglante depuis le début des troubles sociaux il y a deux mois, en juillet 2018. Un mouvement qui s'est étendu à d'autres régions irakiennes. Jan Kubis, le représentant des Nations unies en Irak a appelé « au calme », exhortant « les autorités à éviter de recourir à une force létale disproportionnée contre les manifestants ».

    Ville morte

    Bassora, d'où est parti le mouvement réclamant des services publics et des infrastructures plus performants, était, ce mercredi 5 septembre au matin, quasiment déserte. De nombreux magasins n'avaient pas ouvert, tandis que des pneus brûlés gisaient sur les artères de la ville, selon un correspondant de l'AFP. Le siège du gouvernorat, principal point de ralliement des manifestants qui conspuent l'Etat et ses dirigeants prévaricateurs, portait encore les traces des incendies provoqués par les jets de cocktails Molotov et des bâtons de feux d'artifice jetés par des manifestants jusque tard dans la nuit.

    Le leader chiite Moqtada Sadr, vainqueur des législatives qui tente désormais de former un gouvernement avec le Premier ministre Haider al-Abadi, a dénoncé dans un tweet des « vandales infiltrés » parmi les manifestants, reprenant la thèse défendue par les autorités depuis le début de la contestation. Ailleurs dans la province, où la pollution de l'eau a conduit plus de 20 000 personnes à l'hôpital, des manifestants ont coupé des routes en brûlant des pneus dans la nuit, selon le correspondant de l'AFP.

    Question de l'eau polluée

    M. Abadi a annoncé avoir rencontré à Bagdad les députés de la province de Bassora. Il a de nouveau assuré que des mesures seraient prises, sans préciser lesquelles, pour régler la question de l'eau polluée. En juillet, le gouvernement avait déjà annoncé un plan d'urgence de plusieurs milliards de dollars pour le sud du pays, épargné par la guerre contre le groupe Etat islamique (EI) mais délaissé sur le plan des infrastructures.

    (avec AFP)

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