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    Moyen-Orient

    Syrie: sur Idleb, difficile pour l'ONU d'exister face au puissant groupe d'Astana

    media L'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, en conférence de presse, le 4 septembre 2018 à New York. REUTERS/Denis Balibouse

    A Idleb, dernière poche tenue par des rebelles et des jihadistes en Syrie, 3 millions de civils restent sous la menace d'une offensive militaire imminente de Damas. Le sujet est au cœur d'une intense activité diplomatique. A Téhéran, vendredi 7 septembre 2018, les présidents iranien, russe et turc, signataires de l'accord d'Astana en mai 2017, se sont montrés incapables de trouver un compromis, même s'ils gardent la main. Dans la foulée, à New York, le Conseil de sécurité de l'ONU a tenté de mettre à nouveau la pression sur le régime d'Assad, sans grand succès.

    L'heure tourne et les solutions pour tenter de sauver Idleb d'un assaut militaire meurtrier des forces de Damas s'amenuisent. L'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a tenté d'avancer un plan qui permettrait de séparer les groupes terroristes - estimés à environ 10 000 individus - des civils syriens. Il a aussi réclamé un ultimatum pour que les terroristes puissent quitter les zones les plus densément peuplées. Mais les diplomates sont très sceptiques sur le réalisme d'une telle proposition, relate notre correspondante à New York, Marie Bourreau.

    Ces derniers comptent au contraire sur la Russie et l'Iran pour user de leur influence afin de retenir le régime de Bachar el-Assad d'un assaut meurtrier sur Idleb, une cité 11 fois plus peuplée qu'Alep. Car l'assaut provoquerait une crise humanitaire pour les civils, le nord syrien et la Turquie voisine. Pour cela, les diplomates, qui savent bien qu'Idleb est la dernière grande bataille de Damas dans la reconquête de tout le territoire national syrien, ont abattu leur dernière carte : ils ont évoqué la question du financement de la reconstruction du pays.

    Pas question de faire un chèque en blanc tant qu'il n'y a pas de processus politique, ont indiqué les Américains, les Français et les Britanniques. « Aucun pays ne devrait le faire », a aussi souligné l'ambassadrice américaine dans un message appuyé à la Chine.

    L'offensive est-elle proche ?

    Il faut dire que les bombardements se poursuivent sur la région d'Idleb. Quelques heures à peine après la conclusion d'un sommet tripartite Russie-Iran-Turquie à Téhéran, de nouveaux raids russes visaient déjà des positions à Idleb, d'après l'ONG Observatoire syrien des droits de l'homme.

    L'offensive est-elle proche ? Peu avant ces raids, les présidents Erdogan, Poutine et Rohani, réunis en Iran, n’avaient pas répondu à la question. Les désaccords persistent. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a eu beau le réclamer face à ses homologues, il n’y aura pas de cessez-le-feu. Moscou et Téhéran maintiennent leur position sur la nécessité de venir à bout des terroristes, alors que pour le président turc, il faut gagner du temps. Ankara soutient les rebelles, dispose de troupes à Idleb, et veut éviter un bain de sang pour les civils.

    La Turquie compte déjà plus de 3 millions et demi de réfugiés syriens sur son sol, rappelle notre correspondante à Istanbul, Marion Fontenille. Le pays redoute donc une nouvelle vague migratoire majeure alors qu'il arrive au bout de ses capacités d’accueil. D'autant qu'Idleb est une ville frontalière de la Turquie ; des jihadistes syriens ou étrangers pourraient profiter de l’ouverture de la frontière pour entrer sur le sol turc. C'est donc une menace pour la sécurité nationale. Sauf que le régime Erdoğan n’est pas en position de force face aux alliés du régime syrien.

    « Une vitrine au sein de laquelle on est d’accord sur beaucoup de choses »

    Les trois dirigeants ont tout de même convenu qu’il était urgent de « régler la question d'Idleb » dans le but de « ramener la paix » dans la région. Selon quelles modalités ? Nouvel élément de réponse, peut-être, lors de leur prochaine rencontre qui aura lieu cette fois à Moscou en Russie. En attendant, le rendez-vous de Téhéran aura surtout permis de voir des intérêts divergents s'exprimer, entre les protagonistes du « groupe d'Astana ». Des protagonistes qui, néanmoins, démontrent encore leur envie de peser ensemble sur la Syrie.

    « L’objectif, c’est de montrer une vitrine au sein de laquelle on est d’accord sur beaucoup de choses », observe pour RFI le chercheur Vincent Eiffling, du Centre d'étude des crises et des conflits internationaux. Et même « les points sur lesquels on n’est pas d’accord, eh bien on est d’accord sur le fait qu'on est en désaccord », ajoute le doctorant, qui remarque que les trois dirigeants emploient le « nous » dans leurs déclarations. « C’est-à-dire qu’on laisse la place à la négociation et on estime qu’il est possible de trouver un compromis. »

    « Les trois Etats semblent s’accorder sur le fait qu’ils ont chacun un rôle à jouer dans la Syrie de demain », conclut Vincent Eiffling, qui tire deux autres enseignements de la réunion de Téhéran, à savoir qu'il s'agit d'une « victoire diplomatique pour Téhéran d’organiser ce sommet sur son territoire », et que « la Russie est le pays qui est en position de force à l’heure actuelle au Moyen-Orient ». « C'est lui qui joue le rôle de gendarme, d’arbitre et de juge », tandis que l'Europe et les Etats-Unis sont « totalement exclus du processus ».

    Save the Children et d'autres organisations partenaires à Idleb sont déjà submergées par la situation. On essaie de fournir des abris, de la nourriture, de l'eau, des services de base. Faire en sorte aussi que les enfants aillent à l'école. Mais si la situation venait à se dégrader, comme le prédisent certains, avec une offensive d'envergure, les plus vulnérables seraient touchés. C'est pourquoi nous appelons les dirigeants iranien, russe et turc à défendre le droit humanitaire pour protéger les civils, à assurer un accès sécurisé aux organisations comme Save the Children
    Miya Tajima-Simpson, porte-parole de l'organisation Save The Children, tire la sonnette d'alarme pour Idleb 08/09/2018 - par RFI Écouter

    → Écouter sur RFI : La région syrienne d’Idleb, objet de toutes les inquiétudes

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