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    Afrique

    L’ONU, cet indispensable «machin»

    media Vote lors de l'Assemblée générale de l'ONU, le 16 octobre 2018. REUTERS/Shannon Stapleton

    Syrie, Yémen, Afghanistan, une quarantaine de conflits violents ensanglante la planète en 2018. Face à ce triste constat, l’ONU, célébrée chaque 24 octobre, semble impuissante. Pourtant, les Nations unies, et leur corollaire le multilatéralisme, sont indispensables à la marche de notre monde actuel.

    « Nous, peuples des Nations unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre », dit le préambule de la Charte des Nations unies entrant en vigueur le 24 octobre 1945. Sept décennies plus tard, les conflits armés se multiplient et se succèdent. Plus de 360 000 morts en Syrie, quelque 12 millions de Yéménites pourraient se trouver au bord de la famine au cours des prochains mois si la situation économique et sécuritaire ne s'améliore pas, et des émissaires onusiens ne cachant plus leurs difficultés à trouver des issues.

    Les échecs sont sévères et l’ONU, qui regroupe 193 Etats, semble impuissante à résoudre les crises. Le départ annoncé ce 18 octobre de Staffan de Mistura de la Syrie est le signe d’un blocage très puissant du conflit syrien qui laisse très peu de place à la médiation onusienne. La tâche de Ghassan Salamé en Libye semble être également de plus en plus laborieuse au vu du conflit qui s’enlise. L’âge d’or des Nations unies, du multilatéralisme et des grandes conférences internationales, dans les années 1990, est bel et bien enterré, et pour cause.

    L’ONU, lieu de bataille entre grandes puissances

    « Quand l’ONU a été créée, ce n’était pas un sympathique forum démocratique avec tous les Etats à égalité, c’était quatre, puis cinq gendarmes pour le monde. Et le problème, c’est quand les gendarmes ne s’entendent pas », affirme Pierre Grosser, professeur de relations internationales à Sciences Po Paris.

    L’ONU est en effet à la merci des choix stratégiques des membres du Conseil de sécurité, et à ceux du Secrétaire général. Car, en matière de sécurité collective, elle est totalement dépendante de cinq d’entre eux qui en sont les membres permanents : France, Russie, Etats-Unis, Chine et Royaume-Uni. Disposant d’un droit de veto, « ils animent la définition de cette sécurité collective », analyse Bertrand Badie, spécialiste des relations internationales, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris et enseignant-chercheur associé au Centre d’études et de recherches internationales (CERI).

    Et si tout se joue essentiellement autour du « P3 », Etats-Unis, France et Grande-Bretagne, « on constate un retour en puissance de la Russie, notamment au Moyen-Orient ». Ainsi, selon Bertrand Badie, l’ONU ne peut être tenue responsable des blocages actuels. « A partir du moment où un conflit est verrouillé par un certain nombre d’acteurs, l’ONU ne dispose juridiquement ni politiquement d’aucun moyen d’intervenir (…) Le choix d’une seule puissance suffit à mettre l’ONU hors circuit. » C’est malheureusement ce qui se passe actuellement en Syrie, par exemple.

    Pourtant, « il y a énormément d’intérêts à ce que l’ONU continue de fonctionner, ajoute Pierre Grosser. C’est en outre un multiplicateur de puissance pour des Etats comme la France. Par ailleurs, les Russes et les Chinois, en étant à l’ONU, peuvent continuer de mettre leur patte dans les affaires internationales, pour pousser des pions ou tout simplement avoir une voix. »

    Et aujourd’hui, la question est de savoir si l’ONU va de plus en plus être dominée par la Chine. C’est elle qui envoie le plus de Casques bleus de tous les membres du Conseil de sécurité. « La Chine a une influence telle qu’elle peut pousser tout un tas de clients à voter pour elle sur un certain nombre de résolutions, poursuit Pierre Grosser. Par ailleurs, les Chinois sont en train de réaffirmer le rôle des Etats dans le domaine des droits de l’homme. Pour eux, l’ONU a une place de plus en plus essentielle. C’est un instrument pour leur puissance. »

    Les Etats-Unis quant à eux, créateurs des Nations unies, sont en désamour vis-à-vis de l’organisation depuis qu’ils n’y sont plus majoritaires. Ils n’apprécient guère les institutions internationales qui pourraient enfreindre leur souveraineté. « Car ce qui est au-dessus de tout pour eux, c’est leur Constitution. Si l’ONU peut être encore utile aux Etats-Unis, ils continueront de la financer. C’est un simple calcul d’intérêt », analyse Pierre Grosser.

    Les Nations unies demeurent cruciales

    Si en matière politique les échecs sont nombreux à cause des blocages dus au véto, l’ONU demeure une organisation très efficace dans d’autres secteurs. Le rôle des Nations unies dans les domaines sanitaires (via l’OMS, des campagnes de vaccination ont abouti à l’éradication de la variole), alimentaires (FAO, PAM), dans le développement (PNUD), le patrimoine (Unesco) etc., est tout simplement crucial.

    Grâce à l’ONU aussi, la recrudescence des mal-nourris dans le monde a pu être enrayée. Aujourd’hui, 850 millions de personnes ne mangent pas à leur faim. Le nombre était le même il y a cinquante ans alors que la population mondiale était la moitié de ce qu’elle est en 2018. L’ONU est aussi très présente dans la lutte contre le terrorisme, la prolifération nucléaire. Sans l’organisation, les opérations de maintien de la paix (OMP) n’existeraient pas. Actuellement, 14 sont en cours, dont sept en Afrique.

    Quant à la crise des réfugiés, l’ONU, à travers le HCR, prend des initiatives dont les résultats sont loin d’être négligeables. Mais, inévitablement, explique Bertrand Badie, « dès qu’il s’agit des questions de souveraineté et du déplacement des populations, les Nations unies se trouvent complètement soumises à l’argument de souveraineté et ne peuvent en aucun cas régir les politiques des Etats en matière d’admission de migrants ou de réfugiés. »

    Il en va de même à propos des droits de l’homme. « C’est là que le bât blesse, explique Pierre Grosser. On a l’impression qu’étant donné le poids des régimes autoritaires à l’ONU, ils ont forcément une présence dans les instances où il question des droits de l’homme, d’où les blocages. »

    Pourtant, nul ne peut concevoir un monde sans ONU. « Il faut savoir apprécier les trains qui arrivent à l’heure », affirme Bertrand Badie. En effet, les secteurs onusiens qui fonctionnent sont plus nombreux que ceux où ça bloque. Le monde d’aujourd’hui ne pourrait tourner sans les régimes internationaux de coopération, sans les institutions multilatérales actuelles, et ce même si ces dernières sont régulièrement mises à mal, récemment dans le domaine du commerce ou du climat par exemple. L’ONU, que le général de Gaulle surnommait le « machin », ne fonctionne pas à son maximum à cause des intérêts étatiques. Mais elle demeure néanmoins indispensable.

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