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    Moyen-Orient

    Le Yémen en guerre, un «enfer sur terre» pour les enfants frappés par la famine

    media Le 30 octobre 2018, Ghazi Ali bin Ali, un garçon yéménite souffrant de malnutrition grave, est allongé sur un lit d'un hôpital de Jabal Habashi, à la périphérie de la ville de Taiz, au Yémen. Ahmad AL-BASHA / AFP

    Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) exhorte les parties en conflit au Yémen à arrêter les hostilités, et décrit un « enfer sur terre » pour les enfants, frappés par la famine. Les Nations unies ont appelé les belligérants à s'asseoir à la table des négociations dans un délai d'un mois, après avoir tenté sans succès en septembre d'organiser des pourparlers de paix à Genève. Sur le terrain, les combats se sont intensifiés depuis jeudi.

    Les combats se sont intensifiés sur le terrain. Hodeida, tenue par les Houthis, est depuis jeudi le théâtre de combats avec les forces progouvernementales qui cherchent à reprendre la ville, ainsi que de frappes aériennes attribuées à la coalition anti-rebelles dirigée par l'Arabie saoudite. Depuis jeudi les combats ont lieu dans les environs de l'Université et se sont intensifiés samedi et dans la matinée de dimanche.

    Cri d'alarme de l'UNICEF

    «  Nous appelons toutes les parties à se réunir au plus tard ce mois-ci sous les auspices de l'émissaire spécial de l'ONU pour se mettre d'accord sur un cessez-le-feu » au Yémen, a déclaré dimanche 4 novembre le directeur de l'Unicef pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Geert Cappelaere, lors d'une conférence de presse à Amman.

    « Le Yémen est aujourd'hui un enfer sur terre, non pas pour 50 à 60% des enfants, c'est un enfer sur terre pour chaque garçon et fille au Yémen », a affirmé Geert Cappelaere. Il a souligné la situation particulièrement préoccupante à Hodeida, une ville portuaire de l'ouest du pays tenue par les rebelles et que les forces progouvernementales et la coalition menée par l'Arabie saoudite cherchent à reprendre. « Le port de Hodeida est un point vital pour 70 à 80% de la population yéménite (...) parce que c'est seulement via Hodeida que sont acheminées les livraisons commerciales et humanitaires qui nous permettent de fournir l'aide au nord du pays », a-t-il expliqué.

    « Amal, j'espère qu'elle peut devenir le symbole et le centre des discussions »

    Cet appel à un nouveau tour de négociations est extrêmement bienvenu. On espère que lorsque les parties vont se réunir en Suède à la fin de ce mois-ci, que les parties vont mettre les enfants au cœur des débats. Amal, cette fille qui a fait la Une de plusieurs journaux cette semaine – Amal malheureusement qui est décédée – j’espère qu’elle peut devenir le symbole et le centre des discussions lorsque les parties se mettront autour d’une table. Au Yémen aujourd’hui, chaque dix minutes un enfant meurt de causes que l’on aurait pu facilement prévenir. Si ça ce n’est pas suffisant pour créer une volonté politique, je pense qu’il est alors important qu’on se pose tous et toutes la question dans quelle société est-ce que l’on vit aujourd’hui.

    Geert Cappelaere directeur de l'UNICEF: «Chaque dix minutes un enfant meurt de causes que l’on aurait pu facilement prévenir» 05/11/2018 - par Laure Van Ruymbeke Écouter

    Amal, est cette enfant dont la photo a fait récemment la Une du New York Times, reprise par plusieurs autres journaux.

    Geert Cappelaere avait déclaré jeudi à l'AFP que que 1,8 million d'enfants âgés de moins de cinq ans étaient en situation de « malnutrition aigüe ».

    Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres avait aussi appelé vendredi à la fin des « violences » pour éviter que le pays ne tombe dans un « précipice ». « Le Yémen est aujourd'hui au bord du gouffre. Sur le plan humanitaire, la situation est desespérée. Nous devons faire tout notre possible pour empêcher que les conditions déjà désespérées ne se détériorent encore », a-t-il dit à la presse à l'ONU à New
    York.

    Mardi 30 octobre,  le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo et le secrétaire à la Défense Jim Mattis ont exigé la fin des raids aériens, reconnaissant de manière implicite l'implication de la coalition militaire dirigée par Riyad dans le bombardement de civils.

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