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    Moyen-Orient

    Affaire Khashoggi: le parquet saoudien reconnaît tous les détails sordides

    media Le 2 octobre dernier, Jamal Khashoggi entre au consulat saoudien à Istanbul, et disparaît. REUTERS/Osman Orsal

    La peine de mort a été requise contre cinq responsables saoudiens dans l’affaire Jamal Khashoggi, assassiné dans le consulat de son pays à Istanbul. Après enquête, le parquet saoudien reconnaît officiellement tous les détails sordides : le journaliste a bel et bien été drogué et démembré. Par ailleurs et sans surprise, Riyad nie toute implication du prince héritier Mohamed Ben Salmane dans cette affaire. Les explications saoudiennes sont « insuffisantes », a fait savoir la Turquie.

    Le principal responsable désigné dans le meutre de Jamal Khashoggi est Ahmed Al Assiri, chef adjoint des renseignements saoudiens. C’est lui qui donne l’ordre : rapatrier le journaliste en Arabie Saoudite, de gré ou de force. Un commando saoudien s’envole alors vers la Turquie. Jamal Khashoggi, journaliste, opposant, est à ce moment-là retenu au consulat de son pays à Istanbul.

    Acte I : agir de manière méthodique. Les caméras sont débranchées. Il n’y a plus de vidéo surveillance à l’intérieur du consulat. 
    Acte II : le supplice commence. Jamal Khashoggi est drogué et démembré. Selon le parquet saoudien, l’ordre d’élimination est donné sur place par le chef de l’équipe qui mène cette opération. Comprendre : une initiative personnelle.  
    Acte III : effacer les preuves, faire disparaître les différentes parties du cadavre hors du consulat.

    De retour au pays le commando remet un faux rapport aux responsables du renseignement. Proches du prince héritier Mohamed Ben Salman, ces responsables ont été limogés le mois dernier. Les cinq membres du commando impliqués directement dans l’assassinat risquent désormais la peine capitale.

    La Turquie a jugé « insuffisantes » les explications fournies par le parquet saoudien. « Ce meurtre, comme nous l'avons déjà dit, a été planifié à l'avance », a déclaré le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu.

    Les explications de la justice saoudienne sont jugées insuffisantes par le chef de la diplomatie turque, parce qu’aux yeux du pouvoir turc l’assassinat n’a pas été décidé sur place à Istanbul mais bien à l’avance, et que les commanditaires sont de très hauts responsables de l’État saoudien, explique notre correspondant à Istanbul, Alexandre Billette. En fait, la Turquie veut obliger le pouvoir de Riyad à reconnaître ses responsabilités dans le meurtre. C’est la raison pour laquelle notamment la presse turque pro-gouvernementale a accès à des fuites sur l’enquête qu’elle publie jour après jour.

    C’est la raison aussi pour laquelle Ankara demande désormais la tenue d’une enquête internationale pour faire toute la lumière sur l’assassinat du journaliste. La demande a été immédiatement rejetée par l’Arabie saoudite, qui proposait plus tôt un accord avec la Turquie afin d’échanger les informations des deux pays sur le meurtre, une proposition évidemment restée sans suite de la part d’Ankara.

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