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    Yémen: loyalistes et rebelles en Suède pour débuter les négociations de paix

    media Le château de Johannesberg à Rimbo en Suède, le 4 décembre 2018, où se tiendront les pourparlers de paix sur le Yémen. TT News Agency/Janerik Henriksson via REUTERS

    Des pourparlers pour tenter d'obtenir la paix au Yémen commencent ce jeudi à Stockholm, en Suède. C'est une nouvelle chance d'arrêter cette guerre qui déchire le pays depuis 2014 et a fait au moins 10 000 morts. Le royaume nordique va essayer de faire mieux que la Suisse, où de précédentes négociations avaient échoué en septembre dernier.

    Avec notre correspondant à Stockholm,  Frédéric Faux

    Un premier avion s'est posé mardi à Stockholm avec une délégation de rebelles et le médiateur de l'ONU, le Britannique Martin Griffiths. Un second est arrivé mercredi avec douze représentants du gouvernement yéménite.

    Les deux délégations vont se rencontrer au château royal de Rimbo, au nord de Stockholm, pour tenter de mettre fin à la guerre qui déchire le Yémen.

    La Suède, officiellement, se contente d'accueillir ces négociations à la demande de l'ONU. Mais elle espère faire mieux que la Suisse, qui n'avait même pas convaincu les rebelles houthis de venir à la table des négociations, en septembre dernier.

    Le royaume nordique, qui cultive sa neutralité, aura cependant fort à faire pour obtenir une issue favorable.

    Les combats entre les Houthis, soutenus par l'Iran, et le gouvernement yéménite, appuyé par l'Arabie saoudite, ont provoqué selon l'ONU la pire crise humanitaire du monde, avec 14 millions de personnes menacées de famine.

    Et les Suédois n'ont pas oublié que de précédentes négociations organisées au Koweït, en 2016, avaient échoué après 108 jours de tractations.


    ■ Pourparlers et enjeu régional

    D’un côté, il y a le camp loyaliste, reconnu par la communauté internationale et soutenu militairement par l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et d’autres pays de la région. De l’autre, le camp rebelle, le mouvement des Houthis du Yémen, issu de la minorité chiite, qui contrôle de vastes régions y compris Sanaa, la capitale. Ce n’est pas la première tentative de règlement du conflit au Yémen, mais le contexte international est différent cette fois.

    Depuis l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, l’Arabie saoudite et son prince héritier sont confrontés à une pression nouvelle de la part des alliés occidentaux du royaume.

    Excédés par les méthodes de l’imprévisible Mohammed ben Salman, Américains et Européens ont donné de la voix ces dernières semaines demandant la fin de la guerre au Yémen. Reste à savoir si le royaume saoudien est prêt à une désescalade.

    Cela fait 3 ans et demi que Riyad a pris la tête d’une coalition qui se bat contre la rébellion houthie du Yémen. Dans ce pays se joue une partie du bras de fer régional entre l’Arabie saoudite et l’Iran : Riyad accuse Téhéran d'armer les rebelles, y compris en leur fournissant des missiles à longue portée.

    Ni l'Arabie saoudite ni l'Iran ne sont invités cette semaine en Suède, seules les délégations yéménites - loyalistes et rebelles - ont fait le déplacement ainsi que Martin Griffiths, l'envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen.

    On est dans une situation tellement complexe que ce n'est pas un round de négociations qui permettra de régler l'ensemble des problèmes...
    Laurent Bonnefoy, chercheur au CNRS. 06/12/2018 - par Murielle Paradon Écouter

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