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    Moyen-Orient

    Droits de l'homme: témoignages des quatre coins du monde

    media Huit témoignages de femmes et d'hommes qui se battent au quotidien pour faire respecter les droits de l'homme et dénoncer leurs violations. ©loeilduplafond.com – FIDH

    A l’occasion du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, RFI a recueilli plusieurs témoignages de défenseurs des droits humains qui illustrent, par leur combat au quotidien, un article spécifique sur les 30 contenus dans cette déclaration : égalité en droits, droit à la vie, droit au travail, détention arbitraire, droit de circuler ou droit à la nationalité, de l’Ouganda au Kirghizistan, des Philippines à la Grèce, au Bangladesh ou à la Birmanie, des femmes et des hommes se battent au quotidien pour faire respecter ces droits et dénoncer leurs violations.

    Article 2 : pas de distinction basée sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion ou opinion politique…

    Sheila Muwanga, Ouganda, de la fondation Human Rights Initiative, spécialisée dans les droits des femmes ©loeilduplafond.com – FIDH

    Sheila Muwanga, Ouganda : Fondation Human Rights Initiative, spécialisée dans les droits des femmes, parle de la discrimination des personnes LGBTI en Ouganda (Gays Lesbiennes Bi et Transsexuelles) :

    « L’article 2, c’est le droit à l’égalité. Cet article interdit la discrimination basée sur l’orientation sexuelle, la race, les opinions politiques ou religieuses. Donc, par exemple, on ne peut pas vous refuser l’accès à un hôpital à cause de votre orientation sexuelle ou parce qu’on vous perçoit comme une lesbienne ou comme un homosexuel. Donc, en Ouganda nous travaillons beaucoup sur la non-discrimination. Alors oui, le mariage homosexuel est puni par la loi, oui les relations entre personnes du même sexe sont criminalisées, mais la loi ne criminalise pas votre orientation sexuelle. On voit plus de tolérance désormais en Ouganda sur ces sujets. Avant, des familles reniaient leurs enfants à cause de cela, mais aujourd’hui, elles sont plus tolérantes, les familles commencent à écouter d’autres échos sur ces questions ».

    Article 3 – droit à la vie, peine de mort

    Alice Mogwe. ©loeilduplafond.com – FIDH

    Alice Mogwe – Botswana : Botswana Centre for Human Rights – la peine de mort au Botswana :

    « Je vais vous parler de l’article 3, le droit à la vie. Le Botswana applique encore la peine de mort, la dernière exécution a eu lieu le 25 mai, c’était "la journée de l’Afrique". Nous sommes la seule organisation abolitionniste du Botswana, qui appelle constamment à abandonner la peine de mort, en commençant par instaurer un moratoire sur les exécutions.

    Le Botswana est membre de la SADEC, la communauté de développement d’Afrique Australe, et parmi la quinzaine de pays membres, c’est le seul qui applique encore la peine de mort.

    La raison pour laquelle, nous en tant qu’organisation membre de la FIDH, au Centre pour les droits de l’homme du Botswana, nous plaçons l’abolition de la peine capitale au cœur de toutes nos actions de plaidoyer. Pas seulement envers le gouvernement, mais aussi envers les citoyens, car tout notre travail est basé sur nos valeurs culturelles ; l’archevêque Desmond Tutu parlait de l’Ubuntu, qui reconnaît que "mon humanité est liée à ton humanité", et cela forme notre système de base pour nous comprendre. Donc, le fait d’exécuter une personne signifie qu’on n’agit pas en accord avec notre propre système de valeurs ni avec celui de l’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme ».

    Article 4 – esclavage – esclavage moderne

    Rosemarie Trajano, Philippine, de l'Alliance of Human Rights Advocates. ©loeilduplafond.com – FIDH

    Rosemarie Trajano, Philippine Alliance of Human Rights Advocates : sur les Philippins retenus dans les pays du Golfe, esclavage moderne

    « Je parlerai de l’article 4 sur l’esclavage, en particulier au Moyen-Orient. Beaucoup de femmes philippines qui travaillent comme domestiques sont en fait victimes d’esclavage moderne. Nous avons été informés de très nombreux cas de Philippines qui ont été obligées de sauter par la fenêtre pour échapper à cet esclavage. Elles sont privées de liberté, leurs passeports sont confisqués par leurs employeurs, elles ne sont pas correctement nourries, beaucoup de Philippines nous ont dit qu’elles volaient de la nourriture et qu’elles mangeaient en cachette dans les toilettes, car elles avaient trop faim. Elles doivent travailler pour plusieurs employeurs, plusieurs maisons, ce qui ne figure pas dans leur contrat. Le gouvernement philippin a pris certaines mesures, mais ce n’est pas suffisant. Ces femmes sont forcées de quitter leur pays parce qu’il n’y a pas d’opportunités économiques aux Philippines, et c’est de cela que les autorités doivent s’occuper. On n’a pas à avoir des esclaves en dehors du pays ! Ces Philippins sont des personnes qui doivent avoir accès à l’égalité des droits ! »

    Article 9 : détention arbitraire

    Tolekan Ismailova, fondatrice de l’ONG Bir Duino-Kyrgyzstan. ©loeilduplafond.com – FIDH

    Tolekan Ismailova, fondatrice de l’ONG "Bir Duino-Kyrgyzstan" (One World Kyrgyzstan), détenue arbitrairement en 2007, dans le froid, souffre encore aujourd’hui des séquelles :

    « Je voudrais me focaliser sur l’article 9 de la Déclaration sur les détentions arbitraires. C’est un article très important pour mon pays qui subit à la fois des dérives autoritaires et qui constitue un pays de transit pour beaucoup de migrants, et aussi parce que j’ai moi-même été arbitrairement détenue.

    La première fois j’ai été arrêtée lors des élections dans les années 2000 à l’époque c’était le président Akaiev, il a décidé de faire arrêter plusieurs manifestants lors de nos manifestations pour des élections libres, alors que le Kirghizistan s’est engagé sur plusieurs instruments internationaux contre les arrestations arbitraires. Les citoyens sont même arrêtés lorsqu’ils manifestent pour un environnement sain, ou contre les investissements qui ne respectent pas leurs droits comme les investissements chinois ou même canadiens dont les projets produisent ensuite des effets néfastes pour la population.

    Autre exemple, en 2007, j’ai été arrêtée avec d’autres personnes dans des conditions inhumaines, dans un bâtiment abandonné depuis 40 ans, avec un trou comme seule latrine, dans un froid terrible, dont je ressens les conséquences aujourd’hui, mes articulations ont beaucoup souffert et j’ai du mal à me déplacer. Depuis, une collègue est décédée, un autre subit des maladies à cause de cette détention.

    Actuellement, le défenseur des droits de l’homme Azimjan Askarov est toujours détenu arbitrairement depuis le 15 juin 2010, son état de santé se dégrade constamment, on appelle à nouveau ce troisième président depuis la révolution à le libérer, pour des raisons humanitaires ».

    Article 13 : libre circulation, liberté de mouvement

    Shawan Jabareen, directeur de l’ONG palestinienne Al Haq. ©loeilduplafond.com – FIDH

    Shawan Jabareen, directeur de l’ONG palestinienne Al Haq : pas de liberté de circuler

    « Je vais parler de l’article 13 sur la liberté de circulation. Tous les Palestiniens sont concernés par ces restrictions de leurs droits, ils sont comme en état de siège. Et à Gaza, ce sont plus de 2 millions de personnes qui sont assiégées. Il leur est interdit de circuler librement en dehors de Gaza, cela affecte beaucoup les étudiants, les malades, les professeurs, et bien d’autres. Dans les Territoires Palestiniens, la plupart du temps c’est très difficile de se déplacer d’un endroit à un autre. Jérusalem est coupée du reste des Territoires, personne ne peut accéder aux lieux saints sans un permis, et le permis délivré par les Israéliens n’est pas facile à obtenir. La Déclaration des droits de l’homme dit que toute personne « a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays » librement, sans restrictions, mais dans notre cas, c’est la liberté de mouvement qui est l’exception. Voilà ce à quoi les Palestiniens sont confrontés dans les territoires occupés ».

    Article 15 : droit à la nationalité

    Debbie Stothard, fondatrice d’Alt-sean Burma. ©loeilduplafond.com – FIDH

    Debbie Stothard, secrétaire générale de la FIDH et fondatrice d’Alt-sean Burma, le réseau alternatif asiatique sur la Birmanie où elle se rend régulièrement

    « Je souhaite parler de l’article 15, sur le droit à la nationalité. Pour beaucoup en Europe, ce n’est pas un problème. Mais ça l’est pour les réfugiés notamment, et pour les migrants. Et en Asie, c’est un très grand problème. Beaucoup de gens se sont vus refuser la nationalité, et le droit de circuler sans danger d’un pays à l’autre. En Birmanie, les Rohingyas qui font face à une situation génocidaire étaient des citoyens birmans jusqu’en 1982. Mais une loi leur a confisqué leur nationalité. Ils n’ont même pas le droit de circuler librement d’une ville à une autre, au sein de leur propre Etat. C’est une violation grave des droits de l’homme, car cela exclut les Rohingyas du droit à avoir des certificats de naissance pour leurs enfants, qui n’auront pas le droit d’aller à l’école, bénéficier du système de santé, et de la sécurité qu’un Etat doit à ses citoyens. C’est la raison pour laquelle les Rohingyas sont considérés comme les personnes les plus menacées au monde, et cela a commencé lorsque la nationalité leur a été retirée ».

    Article 17 : droit à la propriété

    Sheila Muwanga, Ouganda : Fondation Human Rights Initiative, spécialisée dans les droits des femmes, parle aussi du problème de l’accès à la propriété en particulier pour les femmes et les veuves en Ouganda

    « Je m’appelle Sheila Muwanga, je travaille pour la Fondation pour l’initiative et les droits de l’homme en Ouganda, je suis défenseure des droits de l’homme et une partie de notre travail se concentre autour de l’article 17 qui traite du droit à la propriété pour toute personne. Ce que nous faisons en Ouganda, c’est nous assurer que les gens comprennent, et en particulier les femmes qui sont plus vulnérables aux violations de ces droits, qu’elles comprennent en quoi consiste ce droit à la propriété. Nous mettons à leur disposition des outils pour qu’elles aient accès à la justice lorsque ces droits sont violés. Et ils sont violés dans de grandes proportions. Nous sommes une société patriarcale, ce sont les hommes qui commandent, et des milliers de femmes vulnérables se sont déjà fait prendre leurs terres, en particuliers des veuves, ou des jeunes femmes, parce qu’elles ne sont pas supposées posséder des terres. Donc, le droit à la propriété est un grand problème en Ouganda ».

    Article 19 : liberté d’expression

    Adilur Rahman Khan, directeur d’Odhikar, et vice-président de la FIDH. ©loeilduplafond.com – FIDH

    Adilur Rahman Khan, directeur d’ODHIKAR, et vice-président de la FIDH :

    « L’article 19 de la Dclaration universelle des droits de l’hmme sur la liberté d’expression est un vrai défi au Bangladesh aujourd’hui. Car au Bangladesh, il n’y a pas de liberté d’expression, d’association, ou de réunion. Les journalistes, les militants sur les réseaux sociaux, et les défenseurs des droits de l’homme sont régulièrement ciblés par les autorités. Beaucoup ont été arrêtés, certains sont persécutés, et les défenseurs des droits humains qui font particulièrement entendre leur voix contre les injustices du fait du gouvernement, contre les disparitions forcées, contre les exécutions extra-judiciaires et la torture, sont attaqués. Voilà l’état du Bangladesh aujourd’hui. Il est regrettable que le Bangladesh ait été élu au Conseil des droits de l’homme de l’ONU alors qu’il ne respecte pas ces droits. Le 30 décembre devraient se dérouler les élections parlementaires, mais plus on se rapproche de l’échéance, plus les voix de l’opposition sont bâillonnées. La liberté d’expression a été réduite à une peau de chagrin, et les défenseurs des droits de l’homme qui tentent de faire entendre la voix des sans voix sont eux aussi attaqués. Nous vivons actuellement dans un contexte très répressif au Bangladesh ».

    Article 22 et 23 : droit au travail

    Dimitris Christopoulos, président de la FIDH. ©loeilduplafond.com – FIDH

    Dimitris Christopoulos, président de la FIDH, professeur de politique comparée à l’université Panthéon d’Athènes : le cas de la Grèce

    « J’aborderai le droit au travail, les articles 22 et 23 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le droit au travail, c’est un droit social, ce n’est pas un droit individuel, c’est un droit social pour l’application duquel on a besoin de l’implication effective de l’Etat. C’est donc l’Etat qui doit faire tout ce qu’il faut pour que les gens puissent avoir accès à ce droit.

    Je suis professeur à l’université, je peux dire que la moitié de mes étudiants seront au chômage après avoir eu leur diplôme. On parle de 54% de chômage de la jeunesse grecque, 26% de chômage global, alors qui est le plus attaqué ? la moitié de la société ! C’est donc un droit fondamental qui est largement violé, alors qu’il devrait être respecté, mais il faut réfléchir aux meilleures stratégies sinon notre réflexion sur la protection du droit au travail restera un vœu pieux, une rhétorique qui ne coûte rien. Ce qui est difficile, c’est de trouver une stratégie effective pour mettre en place des conditions qui permettent aux gens d’exercer véritablement leur droit au travail dans la société ».

    La situation des Droits de l'homme dans le monde, au 70e anniversaire de cette Déclaration universelle

    Debbie Stothard, fondatrice d’Alt-sean Burma (travaille beaucoup sur la Birmanie) :

    « Nous continuons à nous battre à tous les niveaux pour la défense des droits de l’homme. Nous avons la situation des Rohingyas qui se sont vus confisquer leur nationalité et qui désormais font face à un génocide, il y a ce qui se passe en Syrie, au Yémen, plus d’un million de Ouïghours enfermés dans des camps en Chine… C’est une lutte mondiale, c’est un combat planétaire. Mais j’insiste : tous ceux qui sont bien en sécurité chez eux, qui ne sont pas confrontés à des violations des droits de l’homme doivent se rendre compte qu’ils ont un rôle à jouer. Parfois, nos gouvernements, les entreprises dont on achète les produits sont eux aussi impliqués directement ou indirectement, dans des violations de droits humains. On a besoin de cet écosystème, d’un écosystème pour protéger nos droits, et en cela nous devons aussi comprendre que la protection de l’environnement signifie la protection de tous nos droits ».

    L'Assemblée générale des Nations unies, réunie au Palais de Chaillot, à Paris, le 10 décembre 1948, a adopté la Déclaration universelle des droits de l'homme. AFP

    Pour aller plus loin :

    ► Consultez la Déclaration universelle des droits de l'homme
    ► Consultez le dossier RFI Savoirs sur la Déclaration universelle des droits de l'homme

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