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    Moyen-Orient

    Retrait des forces américaines de Syrie: quel avenir pour la coalition anti-EI?

    media Des membres des forces américaines accompagnés par des forces Kurdes de l'YPG, près de la ville syrienne de Darbasiyah, le 28 avril 2017. DELIL SOULEIMAN / AFP

    Les États-Unis n'ont pas vocation à être les « gendarmes du Moyen-Orient », a tweeté Donald Trump ce jeudi 20 décembre, au lendemain de sa décision de retirer les 2 000 soldats américains présents en Syrie. La France est l'un des pays ayant manifesté son inquiétude face aux conséquences de ce désengagement : le groupe État Islamique « n'a pas été rayé de la carte », a ainsi déclaré la ministre française de la Défense Florence Parly. De plus, toute la situation en Syrie est susceptible d'être affectée par le retrait des militaires américains, dont celle des forces kurdes.

    Donald Trump parle de la « défaite » du groupe État islamique. Pourtant, des jihadistes sont encore massés dans une poche à la frontière syro-irakienne et le calife autoproclamé de l’organisation, Abu Bakr al-Baghdadi n’a toujours pas été capturé.

    Le retrait militaire américain précipité sème le trouble aussi parce qu’il fragilise les Kurdes de Syrie, la principale force terrestre à avoir combattu les jihadistes ces dernières années. Ils se voient brutalement privés du soutien américain face au groupe État Islamique et se trouvent seuls face à la Turquie, qui brandit la menace d’une nouvelle incursion en territoire syrien. Tout le projet kurde d’un territoire autonome en Syrie qui est aujourd’hui en péril.

    Le désengagement américain conforte en revanche le régime de Damas, qui affiche son intention de reprendre le contrôle de l’ensemble du territoire syrien. La Russie et l’Iran ne peuvent également que s’en réjouir d’un tel départ, ces pays soutenant activement Bachar el-Assad.

    Mais le retrait a de quoi préoccuper les alliés de Washington. Tout d’abord Israël, qui s’inquiète de la présence iranienne en Syrie, mais aussi Paris et Londres, dont les forces spéciales sont engagées aux côtés des Kurdes de Syrie contre le groupe État Islamique. Les forces spéciales françaises sont même déployées sur le terrain aux côtés des combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS).

    La France va-t-elle pouvoir se passer des États-Unis ?

    Après les annonces de Donald Trump concernant le retrait des troupes américaines en Syrie, et la fin des frappes aériennes dans ce pays, le ministère français de la Défense annonce la poursuite des opérations. Cela alors que le Pentagone précise que l'armée américaine va poursuivre ses opérations aériennes pendant un certain temps.

    La France est tentée de « jouer les prolongations », particulièrement afin d'obtenir des informations sur les pertes enregistrées dans les rangs des jihadistes européens repliés dans la zone de Hajin. Mais dans cette campagne finale, baptisée Opération « Round up » et qui a débuté au printemps 2018, Washington a souvent cherché à imposer son tempo.

    Même s'ils redoutaient depuis quelques mois un retrait des États-Unis, les proches alliés de Washington dans cette guerre contre le terrorisme en Syrie, ont fait part de leur surprise. À l'état-major français, le colonel Patrik Steiger assure d'ailleurs que les opérations vont se poursuivre « la ville de Hajin est quasiment libérée, mais fondamentalement l'idée est que la campagne militaire continue. »

    Opérations conjointes

    L’autonomie française par rapport aux États-Unis dépend du temps que va prendre le retrait des Marines, qui seraient 2000 en Syrie. « Ils ont déployé du matériel et ne seront pas rentrés pour Noël », note un expert français qui souligne que « toutes les opérations françaises dans ce pays se sont faites aux côtés des Américains ». Les commandos français étaient dépendants des Américains pour leur soutien logistique.

    La mobilité en est un autre enjeu car la France n'a pas d'hélicoptères en Syrie et est réduite à utiliser une poignée de blindés. Le départ des États-Unis signifiera à terme la fin de la protection aérienne du champ de bataille, qu'eux seuls sont à même de fournir en permanence.

    L'état-major fait toutefois remarquer que pour le moment « les canons français Caesar qui soutiennent les forces kurdes dans la bataille d'Hajin, en tirant depuis la frontière irakienne, fournissent un appui efficace ». Mais la bataille d'Hajin sera peut-être le dernier épisode de l'opération militaire contre Daesh en Syrie, dans laquelle la France est engagée depuis 2015.

    Les Kurdes ne cachent pas leur inquiétude

    De leur côté les Kurdes, par la voix de leur ancien président Massoud Barzani, ont eux aussi exprimé leur inquiétude, rapporte notre correspondant à Erbil, Noé Pignède. Dans un communiqué de presse, le chef du parti démocratique du Kurdistan s’est dit très préoccupé par la situation de ses voisins. « Marqués par la guerre contre l’organisation Etat islamique et plusieurs années d’instabilité politique, les Kurdes de Syrie ont trop souffert » écrit-il.

    Il y a quelques jours Massoud Barzani avait mis en garde l’envoyé spécial de la Maison Blanche, sur les conséquences d’un éventuel retrait de l’armée américaine de Syrie, sans succès. Désormais, Erbil dit craindre une résurgence des violences chez ses voisins. 5 000 jihadistes de l’organisation Etat islamique seraient encore retranchés près de la frontière irakienne.

    À cette menace terroriste à l’est de la Syrie, pourrait s’ajouter une invasion turque au Nord, où Recep Tayyip Erdogan a promis de « se débarrasser » forces kurdes. Une résurgence des conflits, qui pourrait provoquer une nouvelle vague de réfugiés vers le nord de l’Irak. Une crise humanitaire que le Kurdistan irakien aurait bien du mal à endiguer, alors que 250 000 Syriens sont déjà réfugiés dans la région.

    Selon le chercheur Joseph Bahout chercheur invité au Carnegie Endowment à Washington et spécialiste du Moyen-Orient, sans le soutien américain, les alliés kurdes «vont se diriger vers le régime pour se protéger contre la Turquie» 20/12/2018 - par Nicolas Falez Écouter
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