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    Moyen-Orient

    Arabie saoudite: MBS et l’affaire Khashoggi, un tournant en 2018

    media Des manifestants, dont l'un porte un masque représentant le prince Ben Salman, devant le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul le 25 octobre 2018 où le journaliste Khashoggi a été découpé en morceaux. Yasin AKGUL / AFP

    Le nom du prince héritier saoudien Mohammed ben Salman est désormais associé à l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. Cette affaire a terni l’image du futur roi dont les inquiétantes méthodes éclipsent désormais les ambitions réformatrices. Sous pression de ses alliés occidentaux excédés, l’Arabie saoudite a consenti à de nouvelles consultations de paix sur le Yémen.

    Avant que n’éclate l’affaire Khasgoggi, Mohammed ben Salman cultivait son image de jeune dirigeant réformateur. Artisan de l’ambitieux plan « Vision 2030 » pour réduire la dépendance de l’économie saoudienne au pétrole, le prince héritier affiche aussi sa volonté de changement dans une société ultra-conservatrice. En 2018, les femmes ont ainsi été autorisées à conduire sur les routes de leur propre pays. Et des cinémas ont ouvert leurs portes dans un royaume où ils étaient auparavant interdits.

    Mais au moment même où les Saoudiennes prenaient le volant, plusieurs militantes et militants des droits des femmes étaient arrêtés et emprisonnés. L’épisode est emblématique de l’évolution récente du royaume : les réformes sont spectaculaires mais elles sont accompagnées d’un durcissement autoritaire.

    MBS à l’Elysée

    Depuis 2015 et l’arrivé au pouvoir du roi Salman, les alliés occidentaux de l’Arabie saoudite observent la montée en puissance de son fils Mohammed ben Salman et s’inquiètent parfois de ses décisions brutales, comme la démission imposée au Premier ministre libanais Rafic Hariri à l’automne 2017 ou, à la même époque, l’arrestation de centaines de Saoudiens – princes et ministres compris – dans le cadre d’une vaste purge anti-corruption.

    Mais à Washington comme à Paris ou Londres, on ferme alors les yeux sur ces épisodes et on parie sur le dialogue avec l’incontournable allié saoudien. Illustration en avril dernier à Paris, lorsque Mohammed ben Salman est reçu à l’Elysée par Emmanuel Macron. Les deux hommes affichent leur bonne entente malgré ce qui les sépare : la France défend l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, alors que l’Arabie saoudite est vent debout contre son grand rival régional.

    « Le régime iranien ne cherche pas l'intérêt de l'Iran. Mais il est au service d'une idéologie et nous en avons beaucoup souffert au cours des trente dernières années », lance MBS lors de la conférence de presse conjointe avec Emmanuel Macron.« Avec les 150 milliards de dollars que les Iraniens ont reçus avec la levée des sanctions internationales, ils n'ont pas construit une seule école ni une seule route, mais ils ont acheté des missiles qui visent l'Arabie saoudite... », ajoute le prince héritier saoudien qui accuse Téhéran d’armer les rebelles Houthis du Yémen. Quelques semaines plus tard, l’Arabie saoudite applaudit la décision de Donald Trump de quitter l’accord sur le nucléaire iranien.

    Assassiné au consulat

    L’assassinat d’un journaliste de son pays a brusquement assombri l’image de l’Arabie saoudite auprès de ses partenaires internationaux. Longtemps proche de la famille royale, Jamal Khashoggi avait quitté son pays en 2017 pour s’exiler aux Etats-Unis. Depuis, il critiquait le pouvoir saoudien dans les colonnes du Washington Post.

    Le 2 octobre dernier, le journaliste est entré au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul en Turquie, pour des démarches administratives, il n’a jamais été revu vivant. L’Arabie saoudite a multiplié les démentis face aux révélations de l’enquête turque. Mais face au tollé international, Riyad a dû admettre que le journaliste a été tué par des Saoudiens. Le pouvoir saoudien a promis de juger ceux qu’il présente comme les responsables d’une opération qui aurait mal tourné…

    « Khashoggi est un journaliste, c’est symbolique en terme de liberté d’expression, relève la chercheuse Fatiha Dazi-Henni, pour qui cette affaire place les Occidentaux face à leurs contradictions et à la difficulté d’exercer des pressions sur l’Arabie saoudite, première économie du Moyen-Orient, dont les projets ambitieux s’adressent aussi aux Occidentaux ».

    En face,« les Saoudiens trouvent qu’il y a là une très grande hypocrisie surjouée par les Etats occidentaux, rapporte la spécialiste des pays du Golfe Fatiha Dazi-Henni de retour d’un séjour récent dans le royaume, ils considèrent que c’est une manière de décrédibiliser l’Arabie saoudite et d’en faire un pays arriéré. Ils citent l’Iran, la Chine et la Russie et estiment que ces pays ne subissent pas les même pressions. »

    L’onde de choc de l’affaire Khashoggi s’est notamment exprimée au Sénat des Etats-Unis qui a voté le 13 décembre dernier deux textes visant Riyad : l’un demandant l’arrêt de tout soutien militaire américain à l’Arabie saoudite pour sa guerre au Yémen, l’autre accusant le prince héritier Mohammed ben Salman d’être « responsable » du meurtre de Jamal Khashoggi. De son côté, Donald Trump préfère entretenir le doute sur les commanditaires de l’assassinat et proclame que son pays restera « un partenaire fiable » du royaume.

    Conséquences au Yémen

    L’affaire Khashoggi a ouvert une fenêtre d’opportunité pour relancer les efforts de paix au Yémen, où l’Arabie saoudite a pris la tête d’une coalition militaire qui combat aux côté des forces loyalistes contre la rébellion houthie. Des consultations inter-yéménite ont ainsi eu lieu courant décembre en Suède. A l’arrivée notamment : un accord sur le port stratégique de Hodeida qui allume une lueur d’espoir pour ce pays que la guerre a plongé dans une grave crise humanitaire. Reste à savoir si ce déblocage peut déboucher sur une solution politique qui devra forcément impliquer l’Arabie saoudite.

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