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    Moyen-Orient

    Syrie: le régime répond à l'appel à l'aide des Kurdes dans le Nord

    media Combattants kurdes des YPG, les Unités de protection du peuple kurde, hommes et femmes mélangés, Derik (Syrie), juin 2017 (photo d'illustration). AFP/DELIL SOULEIMAN

    L'armée syrienne a annoncé ce vendredi 28 décembre son entrée dans la ville clé de Manbij, dans le nord du pays, peu après un appel à l'aide des forces kurdes qui craignent une offensive de la Turquie dans ce secteur.

    C'est la première fois en six ans que les troupes de Bachar el-Assad pénètre dans la région de Manbij. « Des unités de l'armée arabe syrienne sont entrées à Manbij », a annoncé un porte-parole de l'armée, lisant un communiqué à la télévision officielle, sans préciser si ces soldats sont entrés dans la ville même de Manbij.

    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), près de 300 combattants du régime et des milices alliées se sont déployés dans des secteurs au nord et à l'est de la ville, créant une « zone-tampon » entre les territoires rebelles pro-Ankara et la cité même.

    Revirement d'alliance

    Les combattants kurdes, les YPG, qui luttent contre l'organisation État islamique en Syrie n'avaient pas d'autre choix que d'appeler à l'aide le régime syrien. Après l'annonce de Washington d'un retrait des troupes américaines de Syrie, les Kurdes se retrouvent seuls et craignent une intervention imminente de la Turquie contre eux.

    En effet, Ankara a massé des troupes à la frontière et a déclaré à plusieurs reprises vouloir combattre les YPG. Ce groupe de combattants kurdes est considéré comme le prolongement du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, un mouvement jugé comme terroriste en Turquie.

    Le régime syrien au secours des Kurdes

    L'appel à l'aide des Kurdes au régime syrien n'est pas surprenant, ils se sont souvent accomodés du régime par le passé. Les Kurdes de Syrie ont souffert de décennies de marginalisation et d'oppression. Mais en 2011, lorsque la révolte contre Bachar el-Assad éclate, ce dernier décide de leur accorder des droits qu'ils n'avaient jamais obtenu jusuqu'alors. Il s'agit pour le régime d'empêcher les Kurdes de rejoindre massivement la rebellion.

    De fait, les Kurdes adoptent une position plus ou moins neutre, tentant de se tenir à l'écart du conflit. Ils entrent réellement en guerre en 2015 en chassant l'organisation Etat islamique de Kobané. Les Kurdes, aidés par une coalition sous commandement américain, sont en première ligne dans la lutte contre le jihadistes et gagnent de larges territoires dans le nord et l'est de la Syrie.

    Le régime laisse faire, d'autant plus que les Kurdes repoussent aussi les rebelles de ces territoires. Jusqu'à un certain point. En janvier 2018, l'enclave d'Afrine tombe au profit de la rébellion après une intervention militaire de la Turquie.
    Aujourd'hui les Kurdes sont à nouveau menacés par les Turcs et n'ont d'autre choix que d'appeler le régime à l'aide.

    La colère d'Ankara

    Ankara a réagi avec colère à cette annonce, indique notre correspondant à Istanbul, Alexandre Billette : « Les organisations terroristes YPG/PKK qui contrôlent cette zone par la force des armes n'ont pas le droit ou le pouvoir de parler au nom de la population locale ou d'inviter une quelconque partie », a déclaré dans un communiqué le ministère turc de la Défense, mettant en garde tous les acteurs du conflit « contre tout acte de provocation ».

    Car l’arrivée des forces syriennes dans la région de Manbij change la donne pour Ankara, et complique encore un peu plus la future opération militaire prévue dans le nord de la Syrie. Recep Tayyip Erdogan lui, évoque un « tour psychologique » de Damas et assure que rien n’est clair sur la situation actuelle à Manbij.

    Mais selon des observateurs sur place, les forces fidèles à Bachar el-Assad sont notamment présentes au nord de la ville, donc à quelques kilomètres des milices pro-Ankara qui s’y sont concentrées ces dernières semaines dans l’attente de l’offensive, qui est « imminente » selon le pouvoir turc. Si elle est lancée contre Manbij, cette dernière verrait ainsi les soldats turcs presque face à face avec l’armée syrienne.

    Victoire partielle pour le régime syrien

    Les Turcs sont déjà intervenus en début d'année en Syrie en reprenant l'enclave d'Afrin. Ils ont ainsi chassé les Kurdes. Ces derniers font appel ce vendredi 28 décembre au régime de Bachar el-Assad, quitte à abandonner provisoirement leur projet d'autonomie dans le nord du pays.

    Une aubaine pour les autorités syriennes. Elles veulent réinvestir les larges territoires qui leur échappaient. Des régions conquises par les Kurdes au gré des batailles contre l'organisation État islamique, mais surtout des régions riches en ressources énergétiques.

    Moscou approuve

    De son côté, la Russie, alliée au régime de Bachar el-Assad, a salué l'entrée des troupes syriennes en zone kurde, estimant que cela contribuait à une « stabilisation de la situation ». Le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov a ajouté que le sujet sera très vite abordé avec la Turquie puisque Moscou attend demain la visite des ministres turcs des Affaires étrangères et de la Défense, précise notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot.

    Pour le Kremlin, le retrait américain est une bonne nouvelle mais ce retrait pourrait entraîner un nouvel embrasement militaire en cas d’intervention turque de grande ampleur dans la région. Un scénario catastrophe pour Moscou dont l’objectif principal aujourd’hui est d’aboutir à une solution politique au conflit. 

    Le dialogue doit donc absolument être maintenu avec ses deux partenaires dans la région : la Turquie et l’Iran. Afin d'éviter que le retrait américain ne sème la discorde au sein du processus d’Astana, Moscou a également annoncé ce vendredi matin l’organisation d’un sommet avec Ankara et Téhéran, qui aura lieu en Russie dès le début du mois de janvier.

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