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    Moyen-Orient

    Crash d'un avion militaire en Iran: une flotte aérienne à bout de souffle

    media Les équipes de secours sur le lieu du crash du Boeing 707 cargo, près de l'aéroport Fath, au nord-ouest de Téhéran, le 14 janvier 2018. Reuters

    Un Boeing 707 cargo de l'armée de l'air, qui transportait de la viande depuis le Kirghizistan vers l'Iran, s'est écrasé lundi 14 janvier près de Téhéran, faisant une quinzaine de morts. Cette nouvelle catastrophe est une preuve de plus, s'il en fallait, de la vétusté de la flotte aérienne civile et militaire du pays.

    De notre correspondant à Téhéran

    Le crash du Boeing 707 cargo, acheté il y a plus de 40 ans par l'Iran, est le dernier accident d'une série de catastrophes qui ont touché la flotte civile et militaire iranienne ces dernières années. L'Iran espérait pourtant pouvoir renouveler sa flotte civile après l'accord nucléaire de 2015 avec les grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne). Mais la décision du président américain Donald Trump de sortir de l'accord nucléaire en mai dernier et la réimposition des sanctions économiques très dures contre le pays, notamment sur l'achat d'avions civils par Téhéran, ont fait voler en éclat ces espoirs.

    Un lourd passif

    Signe de la vétusté de la flotte militaire iranienne, un chasseur F-5 de type américain appartenant aux forces armées iraniennes et acheté par l'Iran avant la révolution islamique de 1979, s’est écrasé fin août 2018 lors de sa manœuvre d'atterrissage sur une base militaire du sud-ouest de l’Iran. Le pilote a péri dans le crash. La flotte civile iranienne a également été touchée par une série de catastrophes ces dernières années. Dernier accident en date, un avion ATR, en service depuis 2003, s'est écrasé en février 2018, près de la ville de Yasouj, à quelque 500 km au sud de Téhéran. L'avion, qui tentait d'atterrir, a percuté la montagne à environ 4 000 mètres d'altitude pendant une tempête de neige. Les 66 passagers et membres d'équipage ont été tués dans l'accident. En 2014, un Antonov 140 de la compagnie Sepahan s'est écrasé peu après son décollage de l'aéroport de Mashhad (Nord-Est). Quelque 39 personnes avaient été tuées à l'époque.

    Lors de l'accord nucléaire de 2015, l'Iran avait obtenu la levée des sanctions américaines sur la vente d'avions civils et des pièces de rechange, imposées au pays depuis 1995. Le gouvernement du président modéré Hassan Rohani avait présenté cela comme une grande victoire. L'embargo américain empêchait l'Iran d'acheter des avions neufs Boeing, mais aussi Airbus. En effet, les avions de la compagnie européenne possèdent plus de 10% de pièces américaines et une autorisation de la part des autorités américaines était nécessaire pour la vente de ces avions à l'Iran.

    Après 2015, une modernisation de la flotte entamée

    À la suite de l'accord nucléaire, l'Iran a conclu un important contrat de près de 10 milliards de dollars pour l'acquisition d'une centaine d'appareils Airbus. Un autre contrat a été signé en décembre 2016 pour l'achat de 80 appareils Boeing d’une valeur de 16,6 milliards de dollars. Téhéran a également signé un autre accord avec la compagnie franco-italienne ATR pour l'acquisition d'une vingtaine d'appareils de transport régional de moins de 90 places.

    L'Iran a reçu depuis 2 avions Airbus et quelque 13 appareils ATR. Mais avec le retour des sanctions américaines, les compagnies Boeing, Airbus et ATR ont suspendu leurs accords, faute d'autorisation du Trésor américain. Après l'accord nucléaire de 2015, les autorités iraniennes avaient pourtant affirmé que le pays avait besoin de 500 avions pour renouveler la flotte civile vieillissante du pays. Selon les médias iraniens, même le groupe russe Sukhoi ne serait pas en mesure de livrer à l'Iran des avions de ligne Sukhoi Superjet 100. L'appareil russe compte en effet plus de 10% de pièces fabriquées aux États-Unis, ce qui rend indispensable une approbation du Trésor américain.

    Toutefois, ces dernières années, plusieurs compagnies aériennes iraniennes ont réussi à acquérir sur le marché des avions Airbus d'occasion, qui sont aujourd'hui en service.

    De gros efforts pour développer la flotte militaire

    Avant la révolution islamique de 1979, l'ancien régime impérial, grand allié de Washington dans la région, se fournissait auprès des États-Unis pour équiper son armée de l'air. Après la révolution, la République islamique d'Iran a acheté auprès de la Russie et de la Chine, des avions militaires qui équipent en partie son armée de l'armée, notamment des Mig 29 et des Sukhoi 24.

    Ces dernières années, les forces armées de Téhéran ont développé des avions «de fabrication 100 % iranienne», notamment le chasseur Kowsar, un avion de chasse capable de transporter différents types d'armes. Cet appareil semble être une modernisation de l'avion de combat américain F-5, acheté par l'Iran avant la révolution islamique de 1979. Kowsar a été dévoilé pour la première fois en août 2018. Début janvier, le commandant en chef de l'armée de l'air iranienne, le général Aziz Nasirzadeh, a affirmé que «le premier chasseur Kowsar est déjà en service dans l'armée de l'air iranienne (...) et 15 chasseurs Kowsar équiperont l'armée» du pays au cours des trois prochaines années.

    D’autres chasseurs notamment l'Azarakhsh et le Saegheh ont également été présentés par l'armée de l'air iranienne. Enfin, l'Iran a également présenté une première fois en 2013 puis en 2018, en présence du président Hassan Rohani, un avion de combat furtif baptisé Qaher-313 en soutenant qu'il avait été entièrement construit par les ingénieurs iraniens. Si des images de l'avion en train de rouler sur une piste de l'aéroport ont été montrées, en revanche, l'Iran ne l'a jamais présenté en train de voler. Il est encore à l'état de test, selon les autorités iraniennes.

    L'Iran a mené de grands efforts ces dernières années pour développer ses capacités militaires, notamment des drones d'observation et d'attaque, mais aussi des missiles balistiques.

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