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    Moyen-Orient

    Iran: «Une diaspora éparpillée dans le monde»

    media Nader Vahabi est l'auteur de nombreux ouvrages sur la diaspora iranienne. Archives personnelles de Nader Vahabi

    L'une des conséquences de la Révolution islamique est de provoquer la première vague d'émigration massive dans l'histoire moderne de l'Iran. Une émigration qui, après quatre décennies, se poursuit encore. Auteur de nombreux ouvrages et études sur la diaspora iranienne à travers le monde, le sociologue Nader Vahabi, qui enseigne en Belgique, fait état d’une communauté éclatée quand il évoque celle des Iraniens en exil. Bien qu’il ne soit pas retourné en Iran depuis son départ du pays en 1983, il nourrit, comme beaucoup de ses compatriotes émigrés, l’espoir d’un retour. Mais seulement à la faveur d’un assouplissement du régime.

    RFI : A combien estimez-vous le nombre d’Iraniens vivant à l’étranger aujourd'hui ?

    Nader Vahabi : Fin 2018, il y avait 5 162 000 Iraniens répartis dans huit pôles géographiques. Le premier pôle, ce sont les pays limitrophes. Pour des raisons de coût de déplacement et pour des raisons de proximité culturelle. Particulièrement la Turquie où l’on n’a pas besoin de visa. En 2013, j’étais en Turquie pour une enquête sociologique et j’ai constaté que les jeunes Iraniens venaient même pour passer un week-end parce qu’en Iran, les discothèques, c’est interdit, parce qu’on ne peut pas se tenir la main dans la rue, etc. Je pense que vous connaissez bien la situation. Pour des raisons culturelles et de proximité, la Turquie est donc la première destination des Iraniens. Le deuxième pôle, c’est l’Amérique du Nord, Etats-Unis et Canada. Le troisième pôle, c’est l’Europe. Le quatrième : l’Asie. Et le cinquième : l’Océanie.

    Et en France métropolitaine ?

    En France, en 2018, nous avons des chiffres officiels avec le ministère de l’Intérieur et des chiffres officieux, car on considère que 40% des Iraniens arrivés en France sont entrés clandestinement. A l’heure actuelle, j’évalue le nombre d’Iraniens vivant en France à précisément 36 619 personnes, en comptant celles et ceux qui sont naturalisés.

    Vous définissez quatre périodes distinctes d’émigration, est-ce que vous pouvez nous les détailler ?

    La première vague commence six mois avant l’avènement de la Révolution islamique et se termine au milieu des années 1980. C’est la période la plus importante de l’histoire contemporaine de l’Iran, à savoir le basculement de la Révolution iranienne dans la répression. Comme dans toute les grandes révolutions, bolchévique, française, il y a toujours une période qui déclenche l’exil. C’est la fameuse phase qui dit : « La révolution mange ses enfants ». Avant la Révolution, ce sont surtout des royalistes favorables au shah qui sont partis. Et ensuite, à partir de 1980, le limogeage du président de la République Bani Sadr en juin 1981 et la guerre Iran-Irak (septembre 1980 - août 1986) ont accéléré le mouvement d’émigration d’autres composantes de la société iranienne de l’époque. Cela allait de la gauche révolutionnaire aux moudjahidines du peuple en passant par de nombreux membres de la société civile qui ont quitté le pays à ce moment-là. Sur la seule année 1986, on a eu 46 000 demandes de visas de réfugiés politiques vers d’autres pays du monde. C’est énorme.

    La deuxième vague a été provoquée par deux événements : la fin de la guerre Iran-Irak, qui a changé le paysage géopolitique de la région et la mort de l’ayatollah Khomeiny, la figure emblématique et charismatique de la Révolution iranienne (juin 1989). Celle-ci n’est pas une vague politique, c’est une vague sociale. Et elle est provoquée en particulier par la démocratisation de l’obtention des passeports. Pendant la période de la guerre, en effet, c’était extrêmement difficile d'en obtenir. Ceux qui quittaient l’Iran le faisaient clandestinement.

    La troisième vague se situe entre 1999 et 2009. L’élément déclencheur, c’est l’émeute à l’université de Téhéran en juillet 1999. C’était deux ans après l’arrivée au pouvoir du président réformateur Mohammad Khatami. Il a essayé de prendre ses distances par rapport à la période révolutionnaire et de présenter un autre islam plus démocratique, si bien qu’il y a eu un sentiment d’ouverture dans la société iranienne. C’était la première fois depuis la Révolution qu’il y avait une ouverture venant d’en haut et pas d’en bas. Mais après cette émeute, qui s’est propagée dans d’autres universités, il y a eu une répression sanglante. Le message, c’était : il y a une ouverture mais il y a une ligne rouge à ne pas franchir.

    Et enfin la quatrième vague ?

    Nous sommes toujours dans cette quatrième vague à l’heure actuelle et elle a commencé en 2009 avec l’émergence du Mouvement vert, suite au trucage qui a donné lieu à la réélection de Mahmoud Ahmadinejad pour un deuxième mandat de président de la République. Ce mouvement a commencé en juin 2009 après l’intervention du Guide suprême Ali Khamenei et l’assignation à résidence de deux figures emblématiques du Mouvement vert, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi.

    Aujourd'hui, peut-on facilement sortir d’Iran ?

    Oui. Vous pouvez même, par exemple, aller en Turquie ou en Malaisie sans visa.

    Et lorsque l'on sort, est-il facile de revenir ?

    Oui, sans souci. A ce sujet, le moment marquant c’est 1998. Il y a eu une ouverture et 70% des exilés ont eu la possibilité de faire des allers-retours à partir de ce moment-là. Il faut comprendre que sur les 5 millions d’Iraniens exilés, il y en a « seulement » environ 600 000 qui sont des réfugiés politiques. C’est beaucoup mais ce n’est pas la majorité. Eux ne donnent aucune légitimité au gouvernement actuel. Et ils estiment que tant que la structure religieuse qui est en place à l’heure actuelle subsiste, ils n’iront pas en Iran.

    Toutes ces vagues d’émigration ont laissé un vide immense. On a parlé d'importante « fuite des cerveaux ».  Vous confirmez ?

    Absolument. Cette fuite a été continue durant trois ans après la Révolution lorsque le pays était totalement replié sur lui-même et que les universités ont été fermées durant trois ans, à partir d’avril 1980, pour faire une sorte de « révolution culturelle » à la chinoise et procéder à une islamisation des établissements. Pour vous donner un exemple : à peu près 80% des enseignants de l’université de Chiraz, où j’ai fait mes études, ont quitté le pays. C’était une université très prestigieuse où des cours étaient dispensés en anglais et qui bénéficiait d'un partenariat avec l’université de Princeton aux Etats-Unis. Bref, un nombre important de chercheurs ont quitté l’Iran. Les professeurs, les enseignants, surtout de gauche et de tendance libérale, ont quitté l’Iran à ce moment-là, car ils ne supportaient pas la brutalisation et l’islamisation de la société iranienne.

    Au cours de toutes ces années, y a-t-il eu beaucoup de mariages mixtes dans les pays d’accueil ?

    Je dirais qu’il y a eu grosso modo entre 25% et 30% de mariages mixtes maximum. Ce n’est pas énorme.

    Les femmes ont-elles été plus nombreuses que les hommes à quitter l'Iran ?

    Jusque dans les années 1980-1995,  près de 54% d’hommes quittaient le pays pour 46% de femmes. A partir de 2000, on est passé à 52% d’hommes et 48% de femmes, soit pratiquement moitié-moitié dans les pays où j’ai mené mes enquêtes sociologiques, c’est-à-dire l’Allemagne, la France, la Belgique, l’Angleterre, les Etats-Unis et le Canada. C’est dû évidemment à l’évolution structurelle de la société iranienne et à une démocratisation de l’enseignement. Après la Révolution, on comptait 175 000 étudiants dans l’enseignement supérieur. Ils sont aujourd'hui 5,5 millions d’étudiants. Les filles sont désormais très nombreuses à étudier. De plus en plus, les femmes sont devenues autonomes et osent maintenant prendre le chemin de l’exil, soit très jeunes, soit après avoir divorcé.

    Compte tenu des évolutions politiques de ces quarante dernières années, est-ce que la diaspora iranienne à travers le monde forme un groupe homogène ?

    Non, c’est une diaspora très éparpillée. Cela n’a rien à voir avec ce que l’on peut observer avec la communauté maghrébine en France, par exemple, et cela pour trois raisons. D’abord, c’est une diaspora instruite. Les Iraniens qui quittent l’Iran ont tous au minimum l’équivalent du baccalauréat. Il leur est donc plus facile de trouver des emplois intéressants. Deuxième raison, c’est une diaspora non communautaire, contrairement à ce que l’on peut voir chez les Turcs, par exemple. Et le troisième facteur, c’est la religion. Je ne veux pas dire que les Iraniens soient tous athées mais la religion reste du domaine de la vie privée. Pour ces trois raisons, on voit peu de solidarité au sein de la diaspora iranienne, car c’est aussi une diaspora largement politisée, ce qui veut dire qu’il y a des désaccords. Il y a des monarchistes, des partisans de la gauche révolutionnaire, des moudjahidines du peuple, etc. C’est la conséquence de la Révolution iranienne. Certains maudissent la Révolution, d’autres estiment que l’on a bien fait de chasser le shah. Et donc cette politisation est source de conflits au sein de la diaspora iranienne.

    Est-ce qu’il y a au sein de la diaspora iranienne un sentiment de « déculturation », ce sentiment aussi de ne pas pouvoir transmettre l’héritage culturel persan aux générations qui suivent, à commencer par la pratique de la langue ?

    En réalité, cela dépend un peu du pays d’accueil. Dans certains pays comme l’Allemagne ou la Suède, il y a des écoles qui ont été créées par la diaspora iranienne, notamment des écoles primaires. C’est le cas également en Angleterre. En Suède, les élèves sont obligés d’appendre leur langue maternelle, en plus du suédois. En France, pour des raisons historiques, il n’y a pas ces structures-là. Cela dépend du milieu socio-culturel mais je dirais qu’il y a environ 30% à 35% d’Iraniens exilés qui présentent le profil que l’on appelle « assimiliste », c’est-à-dire que les enfants ne maîtrisent pas la langue maternelle. Et c’est évidemment plus important au sein des mariages mixtes où un seul parent est d’origine iranienne.

    Certains pays facilitent donc plus le maintien de l’héritage culturel iranien que d’autres ?

    Absolument. Particulièrement l’Allemagne, la Suède et l’Angleterre. En Europe, la principale destination de la diaspora iranienne, c’est l’Allemagne. Actuellement, il y a à peu près 280 000 à 300 000 Iraniens en Allemagne. Après, c’est la Suède et l’Angleterre où il y a à peu près 100 000 ressortissants iraniens. En quatrième position viennent les Pays-Bas. La France n’arrive qu’en huitième position.

    Subsiste-t-il un espoir de voir les choses changer suffisamment en Iran pour envisager un jour un retour au pays ?

    Oui, évidemment. Au sein de la diaspora, entre 10% et 15% des exilés sont des acteurs politiques qui ont été accueillis dans le cadre de la Convention de Genève de 1949, c‘est-à-dire qui ont quitté l’Iran pour des questions strictement politiques. Ceux-là font de la politique en exil pour un changement en Iran. Ils considèrent que leur exil est provisoire et qu’il y aura, un jour ou l’autre, un retour en Iran. C’est toute l’histoire contemporaine de l’Iran. Depuis la Révolution constitutionnelle de 1906 et la période qui a suivi, on a pu observer que la société iranienne ne supportait pas un régime dictatorial et qu’il y avait toujours, au bout d’un certain temps, une ouverture. Cet espoir subsiste et il se manifeste régulièrement. Peut-être que cela va être le cas à l'occasion de l’anniversaire de la Révolution islamique, qui sait ? L’hiver dernier, souvenez-vous, il y a eu un certain nombre de manifestations à Paris. Elles ont fait suite aux émeutes qui se sont produites dans environ 150 villes en Iran entre le 27 décembre 2017 et le 1er janvier 2018, et qui ont fait 32 morts. La diaspora iranienne a manifesté son soutien aux émeutiers. Mais ce n’est pas propre à la diaspora iranienne. Souvenez-vous que Lénine était réfugié à l’étranger avant la révolution bolchévique, Yasser Arafat aussi a vécu en exil, de même que Fidel Castro et dans une autre mesure Gandhi également. Donc cet espoir subsiste mais je dirais qu’il subsiste chez environ 30% de la diaspora iranienne, pas plus.

    Est-ce que Reza Pahlavi, le prince héritier d’Iran, âgé aujourd’hui de 58 ans, représente une alternative possible dans l’esprit de certains membres de la diaspora ?

    Je vais vous répondre en revenant sur la Révolution française. Que s’est-il passé après 1789 ? En 1848, deuxième révolution et en 1851 coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte pour finalement en arriver à 1870 et à l’avènement de la IIIe République. Tout cela pour dire que, malgré les retours de la monarchie, la France est allée petit à petit vers la république. Alors je vais vous répondre que oui, effectivement, cette tendance existe. Pour une raison simple : parce que le niveau de répression actuel n’est pas du tout comparable à ce qu’il était sous le régime du shah. Il faut se rendre compte que, depuis l’avènement de la République islamique, on a eu 21 000 morts par exécution dans des prisons. La peine de mort est un instrument de répression au sein de la République islamique. Depuis dix ans, le rapporteur des Nations unies pour des droits de l'homme ne peut se rendre en Iran. Récemment encore, la République islamique a été condamnée par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies pour non-respect des droits de l’homme. Donc pour conclure, oui cette tendance monarchiste existe, surtout chez la diaspora installée en Amérique du Nord qui est issue pour une bonne partie des classes aisées. Mais elle n’a aucune chance d’aboutir en Iran.

    Et vous Nader, comment avez-vous vécu personnellement la Révolution iranienne ?

    J’étais à l’université de Chiraz et j’ai participé activement à la Révolution. Ma génération est la génération de la Révolution. Nous pensions que le régime du shah était un régime autoritaire et dictatorial classique qui se servait d’une police secrète – la Savak – pour réprimer, et d’autre part de l’armée pour maintenir l‘ordre. Avant le coup d’Etat de 1953 contre le gouvernement de Mossadegh, on avait eu pendant vingt-huit ans une vraie monarchie parlementaire pour la première fois dans l’histoire contemporaine de l’Iran. L’idée de Mossadegh envers le shah était simple : « votre Majesté, il faut régner mais pas gouverner ». Comme en Angleterre ou en Belgique. Je suis persuadé que s’il n’y avait pas eu le coup d’Etat militaire de 1953, la société iranienne aurait évolué d’une façon bien différente. La Révolution iranienne est une des conséquences de ce coup d’Etat de 1953.

    Et donc à quel moment êtes-vous parti ?

    Au moment où il y a eu la fermeture des universités, moi et camarades avons activement participé à la Révolution. Mais après, durant la période de répression, comme un nombre important de chercheurs et d’enseignants qui ont quitté l’Iran, je suis parti. C'était en 1983. Et je n’y suis pas retourné depuis.

    Pensez-vous pouvoir revenir en Iran sans être inquiété ?

    Aujourd'hui, oui, je pourrais. Après ma soutenance de thèse en 2004 et mes recherches sur la diaspora iranienne, mon retour ne poserait pas de problème même si je suis un peu coupable du « péché originel » en ayant fait des recherches sur les Iraniens en exil. J’ai pu constater que beaucoup de mes collègues qui sont à l’étranger étaient souvent interrogés par les autorités qui leur demandent pourquoi ils ne veulent pas revenir en Iran maintenant que la situation a changé. Mon point de vue, c’est de dire que tant que la recherche n’est pas libre en Iran,  je ne souhaite pas y retourner. Pourquoi ? Parce que contrairement à ceux qui sont en Iran actuellement, je jouis d’une liberté que je n’aurais pas là-bas. Mais je ne lâche rien et je continue dans mon domaine jusqu’à ce qu’il y ait un réel changement. En cela, je me réfère à l’idée de « communauté imaginée », un concept développé par l’historien britannique Benedict Anderson, à savoir qu’en exil on essaie toujours de construire des endroits, des lieux qui ne sont pas exactement pareil que dans le pays d’origine mais où l’on peut quand même se sentir chez soi. Par exemple, quand je vais à Istanbul en Turquie, pour moi c’est comme si j’étais en Iran. La semaine prochaine, je vais aller faire du ski au Grand-Bornand en Haute-Savoie. A chaque fois que je vais là-bas, je reste une semaine. Cela me rappelle les montagnes à l’est de Téhéran. Et cela me soulage.

    ►Notre dossier sur les « 40 ans de la Révolution islamique en Iran »

    Dossier complet sur les 40 ans de la Révolution islamique en Iran sur notre site en persan  

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