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    Moyen-Orient

    Jordanie: des diplômés marchent vers la capitale pour demander du travail au roi

    media Marche de protestation des demandeurs d'emploi sur l'autoroute près d'Amman, en Jordanie, le 20 février 2019. REUTERS/Muhammad Hamed

    En Jordanie, depuis le début du mois, des chômeurs ont pris la route à pied, seuls ou en groupes jusqu’à Amman pour demander du travail au souverain, le roi Abdallah. ils sont plusieurs centaines à avoir quitté leurs villes et campagnes pour rejoindre ainsi la capitale et notamment de nombreux chômeurs diplômés, signe que l’économie est en crise.

    De notre correspondant à Amman

    Ces chômeurs « marcheurs » jordaniens souhaitent attirer l’attention des pouvoirs publics et notamment du roi. Ils disent qu’ils n’ont plus confiance en personne et certainement pas dans leur gouvernement qui a augmenté les impôts. Ils en appellent donc au souverain. Ces marches sont aussi pour eux une manière de protester contre le niveau de chômage important en Jordanie, 19%, officiellement.

    La semaine dernière, un cortège d’environ 150 chômeurs est arrivé devant le palais royal, après 300 km de marche et parmi eux, il y avait Tareq, 26 ans, titulaire d’une licence en technologie : « Il y a de la corruption,  il y a des gens qui occupent des postes qu’ils ne devraient pas occuper. Ils ont obtenu ces emplois grâce à leurs proches ou parce qu’ils sont au pouvoir. Je ne suis pas en train de devenir fou parce que je n’ai pas de travail mais parce que quelqu’un assis sur sa chaise a donné du travail à d’autres gens, mais pas à moi. »

    Des diplômés à l'origine du mouvement

    Ce mouvement a été lancé par un docteur en droit, au chômage. Il a pris la route, début février, avec ses douze enfants. Il avait vendu son lopin de terre pour financer ses études. Il a parcouru près de 100 km pour dénoncer le copinage dans l’attribution des postes dans les universités. Il a abandonné sa marche à mi-chemin après qu’un parlementaire lui a promis de l’aider à trouver du travail. Depuis, d’autres cortèges se sont formés à Irbid et Ramtha, dans le nord de la Jordanie. Souvent, lorsque ces chômeurs arrivent à Amman, les autorités leur offrent des billets de bus pour rentrer chez eux en leur promettant d’essayer de régler leur problème.

    Les autorités bottent en touche

    Le pouvoir jordanien a été surpris par ce nouveau mode de contestation, mais il incrimine les chômeurs. Le ministère de l’Enseignement supérieur a expliqué à RFI que ces diplômés au chômage ne se tournaient pas assez vers le secteur privé pour chercher du travail et qu’ils attendaient de trop hauts salaires dès le début de leur carrière: 63% de ceux qui ont décroché un doctorat ces trois dernières années ont un emploi. Les autres, donc 37%, sont soit au chômage, soit dans l’économie informelle, soit partis à l’étranger…

    D’après le gouvernement, les étudiants choisissent des filières qui n’offrent pas beaucoup de débouchés, et c’est cela qui explique le chômage : 95% de ceux qui soutiennent des thèses le font en sciences sociales. Or, la Jordanie a plutôt besoin d’ingénieurs, de pharmaciens et de médecins. Les étudiants répondent que les études de médecine sont trop onéreuses : 50% plus chères que dans d’autres disciplines. Le gouvernement assure que les bourses et les prêts peuvent permettre aux plus modestes de tout étudier. Au total, 30 000 étudiants jordaniens bénéficient de telles aides chaque année.

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