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    Moyen-Orient

    Syrie: Baghouz toujours aux mains du groupe EI, les combats des FDS suspendus

    media Des combattants des Forces démocratiques syriennes surveillent un groupe d'hommes près de Baghouz, le 6 mars 2019. REUTERS/Rodi Said

    En Syrie, un flot ininterrompu de jihadistes avec femmes et enfants se rendent aux forces kurdes dans l’est du pays suite à l'assaut des Forces démocratiques syriennes (FDS). Le groupe Etat islamique contrôle pourtant toujours le village de Baghouz dans cette même région. Après trois jours d’une violente offensive, les combats sont pour le moment à l’arrêt.

    Avec notre envoyé spécial à Baghouz,  Sami Boukhelifa

    C’est la stratégie militaire choisie par les combattants kurdes soutenus par les Occidentaux. Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ne veulent pas jeter toutes leurs forces dans la bataille et sacrifier leurs hommes pour récupérer finalement un réduit d’un kilomètre carré à peine où sont retranchés les jihadistes de l’EI. L’idée est donc d’écraser Baghouz sous un déluge de bombes lâchées par les avions de la coalition internationale comme durant le week-end dernier. Puis stopper les frappes et laisser une chance aux soldats du « califat » autoproclamé de se rendre.

    Une stratégie qui semble fonctionner. C’est un flot intarissable de jihadistes avec femmes et enfants qui acceptent la reddition. Ils arrivent par camions entiers dans le désert au nord de Baghouz. Les visages crasseux, les niqabs poussiéreux, des enfants faméliques. C’est une masse grouillante sortie tout droit du Moyen Âge. A Baghouz, ils ont vécu sous terre, dans des tunnels à l’abri des frappes aériennes.

    La reddition ou la mort

    Les Forces démocratiques syriennes ignorent combien de temps pourrait prendre l’évacuation de Baghouz. Ce qui est certain, c’est que les jihadistes n’ont plus le choix. Ce sera la reddition ou la mort. L’horloge tourne. Les FDS n’attendront pas éternellement que le groupe à la bannière noire dépose les armes. Baghouz sera le tombeau des terroristes qui refusent de quitter leur bastion. Dans ce dernier carré de l’EI, il reste des jihadistes surentraînés qui ont participé à de nombreuses batailles ces dernières années. Mossoul en Irak, Raqqa, ici, en Syrie et qui se sont finalement repliés à Baghouz après la libération de ces grandes villes.

    Toutefois, ceux qui sortent sont pris en charge par les forces kurdes encadrées par l’armée et les services de renseignements américains, la CIA. Dès leur arrivée, ils sont immédiatement séparés. Les hommes d’un côté, les femmes et les enfants de l’autre. Interrogatoire, fouille, ce sont des individus dangereux qui pourraient dissimuler une ceinture explosive. Dans ce point de rassemblent au milieu du désert, il y a interdiction absolue d’approcher ces détenus jihadistes. On aperçoit seulement au loin des files indiennes d’hommes, tête baissée, épaules tombantes, c’est la marche des vaincus. Les femmes et les enfants sont, quant à eux, laissés en liberté quelques heures avant d’être conduits vers des camps de déplacés dans la province de Hassaké, dans l’est de la Syrie.

    Des Françaises qui croient toujours en un « Etat islamique »

    Parmi les femmes jihadistes, plusieurs sont des Françaises qui n’expriment ni regret ni repentance. Leur discours est violent, leurs convictions sont intactes. Elles ont accepté de se livrer mais elles croient toujours en leur idéal, en leur « Etat islamique », leur « Dawla Islamia » comme elles disent. Un jour ou l’autre le califat renaîtra, affirme l’une d’entre elles.
    Mais il n’y a pas que des Françaises. Dans le point de rassemblement, on entend parler arabe, bien sûr, mais aussi anglais et russe.

    Pas question d’évoquer avec ces femmes leur retour dans leur pays. Elles le savent pertinemment, ce serait synonyme de prison et elles ne veulent surtout pas être séparées de leurs enfants qui pourraient être placés dans des familles de « non musulmanes », redoutent ces jihadistes qui vivent en Syrie depuis quatre ou cinq ans.

    Seule exception, peut-être cette histoire surréaliste, celle de cette jeune Finlandaise rencontrée sur place. La jeune veuve et ses enfants souhaitent rentrer dans leur pays et reprendre leur vie d’avant. Marquée par quatre années sous le règne du groupe Etat islamique, cette mère de famille se sent terriblement coupable d’avoir entraîné ses enfants dans ce chaos. Autour d’elle, les petits affamés étaient en train de manger du lait en poudre à la cuillère, sans eau. Probablement leur premier repas depuis des jours.

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