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    Moyen-Orient

    Les Iraniens fêtent Norouz malgré un climat morose

    media Les oeufs peints, tradition pour Norouz. RFI / Siavosh Ghazi

    Si les difficultés économiques et l’inflation galopante créent un climat de morosité, les Iraniens ont bien préparé Norouz, le Nouvel An iranien, qui commence avec l'arrivée du printemps.

    De notre correspondant à Téhéran,

    Les magasins grouillent de monde un peu partout à travers la ville. Dans certains endroits, autour du grand bazar de Téhéran, situé dans le sud de la ville, et le bazar de Tajrish, situé dans le nord, des centaines de vendeurs ambulants se sont, comme chaque année, installés à même le trottoir et proposent des bougies, des petits poissons rouges, des bouquets de fleurs, des jacinthes ou des fruits, autant de produits nécessaires pour de belles tables que les familles dressent à l'occasion de Norouz.

    Mais cette année, l'ambiance est particulièrement morose en raison de la situation économique, notamment les sanctions américaines, qui, imposées depuis l'été dernier, ont provoqué une chute vertigineuse des prix qui touche de plein fouet le quotidien des Iraniens.

    Les vendeurs ambulants sont les premiers à se plaindre. Mohammad, un homme d'une cinquantaine d'années, qui vend à même le sol des paniers de brins d'herbes nécessaires pour la table de Norouz, affirme que ses ventes sont trois fois moins importantes que l'année dernière. « La situation est très mauvaise. Nos ventes ont été divisées par trois. Les gens n'ont pas les moyens, ils viennent, ils demandent les prix, mais ne peuvent pas acheter », affirme-t-il. « Je ne peux même pas acheter des bananes pour mon fils », ajoute un coursier.

    Des campagnes de boycott pour ne pas acheter certains produits devenus trop chers ont même été lancées sur les réseaux sociaux. « Si pendant dix jours personne n'achète de la viande, les prix vont automatiquement baisser », affirmait un Iranien dont les propos sont approuvés par d'autres passants. Le prix de la viande a été augmenté de plus de 100% en quelques mois.

    Beaucoup n'ont pas les moyens d'acheter les produits de base pour la fête de Norouz, notamment le fameux « ajil » (un mélange de fruits secs avec des pistaches et des amendes). Le prix des pistaches et des amendes a été multiplié par deux ou trois ces derniers mois. La tradition veut aussi qu'on achète des vêtements neufs à l'occasion de Norouz, en particulier pour les enfants, mais là encore les plus démunis n'ont pas les moyens de le faire.

    Préparatifs de Norouz sur un marché de Téhéran. RFI / Siavosh Ghazi

    Maintenir les traditions

    Malgré ces difficultés, les Iraniens tiennent à célébrer Norouz, une fête préislamique qui commence avec l'arrivée du printemps et marque le renouveau de la vie. « Cette année, on n’a pas pu acheter des fruits secs parce que c'est trop cher. Mais on a dressé la table haft sin », dit Maryam, une jeune Iranienne de 37 ans qui vit encore avec ses parents. « C'est important de maintenir les traditions. Nous allons rester éveillés jusqu'à 1h28 et nous réunir autour de la table de Haft sin comme le veut la tradition ».

    Chacun des sept éléments de haft sin (qui commencent dans la langue persane par le son s) a sa propre signification. Il y a de l'ail, des pommes, du vinaigre, des pièces d'argent, un miroir ou une jacinthe. « Cette année, on n’a pas pu acheter de jacinthe parce que c'est trop cher, nous les remplaçons par un autre élément qui commence par un s », ajoute Maryam.

    La mairie a également installé dans les parcs, les places publiques et certaines avenues d'énormes oeufs peints, que les Iraniens mettent généralement sur la table de Norouz. Aux carrefours, des hommes et des enfants, déguisés en « haji firouz », personnage folklorique habillé en rouge, le visage noirci et jouant de la tambourine, dansent entre les voitures pour gagner un peu d'argent.

    « Avant, on achetait des fruits par paniers entiers parce que la tradition veut que les gens se rendent visite à l'occasion de Norouz, mais maintenant tout ça c’est fini », ajoute Ali, un conducteur de taxi. « Il y a beaucoup moins de visites familiales parce que ça coûte de l'argent, mais on limite les visites aux membres de la famille la plus proche ».

    Autre signe qui ne trompe pas. Cette année, la fête du feu, qui est célébrée le soir de la veille du dernier mercredi de l'an, a été beaucoup moins spectaculaire que par le passé. « Les pétards sont trop chers », dit Mohammad, un coiffeur. Ce qui n'a pas empêché des jeunes d'allumer des feux dans des parcs et certaines rues, comme le veut la tradition, et de sauter par-dessus, pour marquer la fin de l'année et de l'hiver et l'arrivée du printemps.

    ►(re) lire : Norouz 2019, avec le peintre iranien Abbas Moayeri

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