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    Syrie: les FDS annoncent la chute du «califat» de l’EI

    media Le drapeau des FDS flotte sur un batiment endommagé du village de Baghouz, en Syrie, repris au groupe EI, le 23 mars 2019. REUTERS/Stringer

    L'annonce était largement attendue : après la Maison Blanche la veille, les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont proclamé ce 23 mars la chute du dernier territoire tenu par le groupe Etat islamique en Syrie, dans le village de Baghouz.

    Emmanuel Macron a salué ce samedi midi la chute du « califat islamique ». Le président français rend hommage à ceux qui ont « combattu les terroristes avec détermination ». Theresa May a renchéri en évoquant « une étape historique », mais se montre prudente : « Nous ne devons pas perdre de vue la menace que représente Daech et le gouvernement (britannique) reste déterminé à éradiquer leur idéologie néfaste. Nous continuerons à faire le nécessaire pour protéger le peuple britannique et nos alliés ».

    Même son de cloche chez Florence Parly. « L'organisation terroriste s'est préparée depuis longtemps à cette échéance. Elle est passée dans la clandestinité. Elle reste capable d'agir. Aujourd'hui notre combat doit donc se poursuivre », met en garde la ministre française des Armées.

    A Baghouz, localité syrienne proche de la frontière irakienne, les Forces démocratiques syriennes parlaient ce samedi matin de « la totale élimination du soi-disant califat » et d'une « défaite territoriale à 100 % du groupe Etat islamique ».

    Une étape importante après cinq ans de combats contre l'organisation jihadiste qui avait proclamé le 29 juin 2014 son califat sur d'immenses territoires en Syrie et en Irak. Cinq ans de batailles menées à chaque fois par les forces locales au sol, appuyées par la coalition internationale.

    Ces derniers mois, les FDS et leurs alliés ont réussi à s'emparer des dernières positions jihadistes dans la province de Deir Ezzor, à l'est de la Syrie, jusqu'à acculer leurs adversaires dans Baghouz.

    Des derniers combats très violents

    Les derniers combats ont été très violents, indiquent les FDS, avec des bombardements qui se sont poursuivis jusque tard dans la nuit. Près de 250 combattants du groupe Etat islamique, retranchés dans des grottes surplombant la rive orientale de l’Euphrate continuaient de résister aux assauts, dans un combat inégal et désespéré, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh. Les jihadistes se sont au final retrouvés acculés sur une colline, explique un responsable des forces arabo-kurdes.

    La pression militaire s'est accompagnée d'offres de redditions faites aux derniers jihadistes. Une alliance de la carotte et du baton qui a finalement eu raison de la ténacité des jusqu’au-boutistes

    Quelques heures avant sa défaite, l'organisation jihadiste a encore diffusé une vidéo sur les réseaux sociaux, dans laquelle elle a rejeté les déclarations sur la fin imminente du « califat » et appelé ses partisans à mener des attaques contre « les ennemis » en Occident. Mais ce sont bien les FDS qui ont à présent levé leurs drapeaux sur Baghouz pour célébrer leur victoire.

    Cette bataille a été l’une des plus longues mais aussi des plus meurtrières du conflit. Elle a fait des milliers de morts, non seulement parmi les combattants de deux bords mais aussi beaucoup de civils, dont de nombreuses femmes et enfants. 65 000 personnes, dont près de 8 500 combattants de l’EI qui vivaient dans les territoires du défunt « califat » se sont rendus depuis décembre.

    Le groupe EI vaincu mais pas éliminé

    Cette défaite du groupe EI ne signifie pas forcément sa disparition pour autant. Des cellules dormantes restent présentes en Syrie et en Irak, tout comme des petites poches dans le désert de la Badia, à l’ouest de l’Euphrate.

    Ces dernières semaines, les jihadistes ont intensifié leurs actions de guérilla contre l’armée syrienne et ses alliés dans une vaste région désertique allant de Sokhna, au nord-est de Palmyre, aux confins de la ville de Boukamal, à la frontière avec l’Irak. Là aussi le combat sera très long.

    De nombreuses questions par ailleurs encore sans réponse : où se trouve Abu Bakr al-Baghdadi, le calife autoproclamé ? Est-il encore vivant ? Quel peut être le pouvoir de nuisance de son groupe, dont des combattants sont aujourd'hui dispersés ?

    Du côté des FDS, quel avenir pour ces combattants qui contrôlent désormais des territoires que le régime de Bachar al-Assad a bien l'intention de reconquérir ? Que futur pour ses composantes Kurdes, menacées par la Turquie ? Quelle présence militaire occidentale résiduelle en Syrie ? Américains, Français et Britanniques en discutent actuellement.

    Enfin, la défaite territoriale ne signifie pas la défaite idéologique du groupe terroriste, rappelle Amélie Chelly, docteure en sociologie et membre associée au CADIS (EHESS-CNRS) qui vient de publier cette semaine En attendant le paradis (Cerf) qui s'attache aux réseaux islamistes en France et en Belgique.

    Pour ce qui concerne la continuité du message idéologique international - notamment l'Europe - le califat physique n'a pas détruit le califat mental. La propagande existe toujours même si elle a toujours diminué. Il y a une continuité dans certains réseaux type Telegram ou encore dans certains groupes physiques comme les mosquées et ainsi de suite. Il y a même une intégration de la perte territoriale dans ce discours de propagande avec une volonté de voir cela comme une mise à l'épreuve divine qui impliquerait qu'il faille redoubler de cruauté vis-à-vis de l'Europe mécréante

    Amélie Chelly 24/03/2019 - par RFI Écouter

    Le « califat » du groupe EI, un territoire immense progressivement réduit

    En 2013, alors que la guerre civile fait rage en Syrie, une organisation jihadiste commence à faire parler d'elle : l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, parfois appelé « Daesh », l'accronyme de son nom en arabe). Ses combattants, souvent étrangers, n'hésitent pas à s'en prendre aux groupes rebelles syriens qui luttent contre Bachar el-Assad. Hégémonique et ultra-violente, l'EILL prend le contrôle de la ville syrienne de Raqqa, puis réalise une fulgurante percée en Irak, en profitant du sentiment d'exclusion de la minorité sunnite irakienne.

    Le 29 juin 2014 l'EILL, devenue la principale force jihadiste dans la région, annonce son changement de nom - ils deviennent l'EI - et surtout l'instauration de son « califat islamique » dans les régions conquises en Irak et en Syrie. L’organisation domine alors un espace grand comme la Grande-Bretagne, qui inclut notamment Raqqa et Mossoul, deuxième ville d’Irak. Deux villes proclamées capitales. Dans ces régions, l'EI fait régner la terreur : exécutions publiques, tortures, prises d'otages et esclavage sexuel, visant notamment la minorité Yezidie d'Irak.

    En septembre, une coalition internationale menée par les Etats-Unis lâche ses premières frappes contre le « califat », d’abord en Irak puis en Syrie. Si pas moins de 70 pays rejoignent cette coalition, seule une minorité déploie des combattants ou des conseillers militaires au sol.

    Attaqué tant par les forces arabo-kurdes – aidées par la coalition – que par le régime de Bachar el-Assad et son allié russe, voit son territoire se réduire sans cesse à partir de début 2016.

    En mars 2017, Damas reprend définitivement le contrôle de Palmyre, joyau archéologique en partie détruite par les jihadistes. Le 17 octobre de la même année, Raqqa chute à son tour, cette fois sous la pression des FDS, à majorité composées par la milice kudre des Unités de protection du peuple (YPG). Cette même année, l'Irak annonce la fin de la bataille sur son sol, le combat se restreignant à la Syrie.

    Enfin, en septembre 2018, l’alliance anti-groupe EI s’attaque aux derniers bastions de l’organisation, dans la province de Deir Ezzor. Une opération achevée, donc, par la chute de Baghouz.

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