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    Moyen-Orient

    Une roquette tirée depuis la bande de Gaza fait plusieurs blessés en Israël

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    Cette maison de Mishmeret, au nord de Tel-Aviv, a été touchée par une roquette lundi 25 mars 2019. REUTERS/Yair Sagi

    Un tir de roquette en provenance de la bande de Gaza a fait sept blessés à Mishmeret, au nord de Tel-Aviv, en Israël, ce lundi 25 mars. Le Premier ministre Benyamin Netanyahu a annoncé qu'il allait raccourcir sa visite aux Etats-Unis et a promis de riposter « avec force ». L'armée israélienne envoie des renforts autour de Gaza, alors que le Hamas nie être à l'origine du tir.

    Les médias israéliens soulignent tous que c’est « un véritable miracle » qu’il n’y ait pas eu de mort dans la maison touchée de plein fouet, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Christian Brunel.

    Au passage, ils ne manquent pas de remarquer que le système d’interception de roquettes surnommé « Dôme de fer », censé être ultra-performant, n’a pas fonctionné. Pas plus que deux semaines plus tôt, lorsque des roquettes – tirées elles aussi de la bande de Gaza – s’étaient écrasées dans la région de Tel-Aviv. La roquette incriminée ce lundi aurait parcouru 120 kilomètres, selon l'armée israélienne, qui accuse le Hamas d'en être à l'origine, explique notre envoyée spéciale à Mishmeret, Marine Vlahovic. Le mouvement islamiste réfute avoir tiré cette roquette.

    Les habitants sous le choc

    Sur place, les badauds sont plantés devant une grande maison au toit éventré, tandis que la police scientifique s’affaire au milieu des débris. Hen, qui vit à quelques mètres, a accouru ici à l’aube après avoir « entendu un gros boum ». Voyant une mère de famille blessée, il a « aidé à sortir » les occupants de la maison.

    C'est « un véritable miracle » qu'il n'y ait eu que sept personnes légèrement blessées et pas de morts, répètent en boucle les habitants de Mishmeret, qui n’ont jamais connu cela. Et pour cause, le village est situé à 80 kilomètres de la bande de Gaza. Sharon, encore hébétée, se dit « très choquée » et espère que son quartier « reviendra à la normale demain ».

    Surenchère d'appels à la rétorsion

    Campagne électorale oblige, les ministres et les hommes politiques israéliens défilent. Pressés par les questions des journalistes, ils promettent une riposte ferme à l’encontre des Palestiniens. La classe politique, dans son ensemble, se livre à une véritable surenchère sur la question. Naftali Bennet, le ministre de l'Education, appelle ainsi à « liquider les dirigeants du Hamas ».

    Benyamin Netanyahu, de son côté, a prévenu que les représailles seront très dures. Autrement dit, il faut s’attendre à de multiples raids aériens, des tirs de chars, voire des opérations de commandos contre les islamistes du Hamas au pouvoir à Gaza ou contre le Jihad islamique, un autre mouvement radical.

    D'ores et déjà, deux brigades d’infanterie et de blindés ont été déployées en renfort autour de la bande de Gaza. Des centaines de réservistes d’unités de la défense aérienne spécialisées dans l’interception de roquettes en plein vol et des services de renseignements militaires ont également été rappelés.

    A Mishmeret, Tzivka, l’épicier du coin, tente de nuancer : « La guerre, ce n’est pas bon pour nous, ni pour eux.. On doit trouver une solution et négocier mais c’est très compliqué, on verra ce qu’il adviendra ». Il craint une escalade.

    Benyamin Netanyahu fragilisé avant les législatives

    A deux semaines des législatives, le chef du gouvernement, en difficulté dans les sondages, veut préserver à tout prix son image de « Monsieur sécurité ». Il se retrouve désormais sur la défensive face à ses adversaires à droite, au centre et même à gauche, qui l’accusent de faiblesse.

    Conscient de l’enjeu et « à la lumière des événements sécuritaires », le Premier ministre a écourté sa visite aux Etats-Unis. Il va revenir juste après sa rencontre avec Donald Trump, renonçant ainsi au discours annuel devant l’Aipac, le très influent lobby pro-israélien à Washington.

    Le tir n'a pour le moment pas été revendiqué. Yahya Sinwar, chef du Hamas à Gaza, a annulé un discours, présenté comme important, qu’il devait prononcer ce lundi. Le mouvement palestinien a évacué ses positions dans l’attente des représailles israéliennes.

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