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    Moyen-Orient

    Yémen: aucune paix en vue après quatre années de guerre

    media Hanaa Ahmad Ali Bahr, une petite Yéménite affamée, dans les bras de son père dans un bidonville d'Hodeïda, le 25 mars 2019. REUTERS/Abduljabbar Zeyad

    Le 26 mars 2015, une coalition dirigée par l’Arabie saoudite intervenait militairement pour prêter main forte au gouvernement yéménite contre des rebelles, les Houthis, soutenus par l’Iran. Quatre ans plus tard, le conflit a fait plus de 10 000 morts et il s’enlise. Les Houthis détiennent toujours la partie nord du pays, dont la capitale Sanaa. Un espoir est né en décembre dernier avec la signature d’accords entre belligérants, mais ces accords peinent à être appliqués.

    Des combats ont fait cinq morts lundi 25 mars à Hodeïda, ville portuaire de l’ouest du Yémen tenue par les rebelles. Il s’agit de soldats loyalistes et de Houthis tués dans des affrontements, selon l’AFP. Preuve que la trêve conclue en décembre dernier dans cette ville stratégique pour l’acheminement de l’aide humanitaire reste très fragile.

    Fin 2018, un espoir était né avec la tenue de pourparlers entre belligérants, en Suède, sous l’égide de l’ONU. Ils s’étaient mis d’accord sur un cessez-le-feu à Hodeïda et le désengagement des forces en présence. Mais trois mois plus tard, les affrontements sporadiques continuent et les belligérants sont toujours sur place. L’envoi d’observateurs civils de l’ONU n’y a rien changé.

    A lire aussi : Pourparlers de paix pour le Yémen: accord sur Hodeïda et après?

    « La paix est possible, mais elle n’arrive jamais, car tout le monde s’en fiche », lance amère, Radhya Almutawakel, présidente de l’ONG yéménite Mwatana for Human Rights, de passage à Paris récemment. Elle appelle la communauté internationale à faire pression sur les parties au conflit et à cesser d’alimenter la guerre en fournissant des armes à l’Arabie saoudite.

    Les ONG exhortent Paris à cesser ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite

    La France est particulièrement visée. Bien que Paris affirme ne pas fournir d’armes qui puissent servir dans le conflit yéménite, Amnesty International affirme le contraire. « Grâce au Parlement britannique qui exerce un contrôle sur les ventes d’armes, on sait que la Grande-Bretagne a vendu des composants pour aider la France à fabriquer du matériel fourni aux Saoudiens et aux Emiratis pour les aider à faire des frappes au moyen de bombes à guidage laser », selon Aymeric Elluin, chargé de cette question au sein d’Amnesty International.

    Les ONG demandent que la France suspende donc ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite, comme l’Allemagne l’a fait récemment, après l’affaire Khashoggi. Mais si le meurtre du journaliste saoudien a entraîné une vague d’indignation et des pressions sur Riyad, le soufflet semble être retombé et l’intérêt pour le Yémen aussi.

    La France a aussi un rôle diplomatique à jouer, rappelle Radhya Almutawakel. Elle préside en ce moment le G7 et le Conseil de sécurité de l’ONU, l’occasion de mettre le dossier yéménite en avant.

    110 000 cas présumés de choléra depuis le début de l’année

    Sur le plan humanitaire, la situation reste toujours aussi critique. La guerre a aggravé les conditions d’hygiène et d’accès à la nourriture dans un pays qui est déjà un des plus pauvres de la planète. 110 000 cas présumés de choléra ont été recensés depuis le mois de janvier, selon les Nations unies, causant la mort de 190 personnes.

    Les ONG, de leur côté, tirent la sonnette d’alarme sur la situation alimentaire. Si les chiffres concernant la malnutrition et la famine sont difficiles à évaluer, on sait que « quatre personnes sur cinq ont besoin d’une aide humanitaire aujourd’hui », selon Fanny Petitbon, responsable plaidoyer à Care France, qui décrit « une population à bout de souffle ».

    A lire aussi: [Analyse] Yémen: comprendre un si long conflit

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