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    Moyen-Orient

    Irak: rites et traditions à Lalesh, lieu saint des Yézidis

    media Les Yézidis irakiens célèbrent leur nouvel an dans leur sanctuaire de Lalesh, mardi 16 avril 2019. REUTERS/Ari Jalal

    Des centaines de Yézidis ont célèbré la nouvelle année, les 16 et 17 avril, dans leur sanctuaire, à Lalesh, au nord de l’Irak. L’occasion pour les pèlerins de faire perdurer leurs rites et leurs traditions.

    De notre envoyé spécial à Lalesh,

    Assise sur le toit d’une maison inachevée, une jeune femme vêtue de blanc scrute les rues assiégées de pèlerins. Les jeunes prennent des selfies, accoudés aux balcons ou au pied des arbres centenaires. Des familles pique-niquent dans la forêt ou devant les habitations construites à flanc de montagne. Des centaines de Yézidis, minorité religieuse originaire du nord de l’Irak viennent célébrer la nouvelle année dans leur sanctuaire, le temple de Lalesh. Ils y voient l’occasion de se retrouver, prier et se recueillir dans ce lieu sacré, caractérisé par des pointes en pierres, symbole du passage de la terre vers le ciel.

    C’est aussi le moment de faire perdurer les rites et traditions qui composent cette religion: les Yézidis et autres visiteurs, personne n’y échappe, commencent par se déchausser en sortant de leur voiture pour respecter la sainteté de toute la vallée. Quelques dizaines de mètres avant d’atteindre le temple principal, se tient une porte en pierre sur laquelle un soleil a été gravé. Les jeunes Yézidis l’embrassent brièvement, trottinent jusqu’à un autre monument et font demi-tour. « Ils se lavent de leurs péchés », explique un pèlerin, en installant une tente à la sortie du lieu saint. Dans le village, la foule afflue vers la tombe du réformateur Cheikh Adi. « Un ascète soufi qui avait établi un ermitage dans la vallée et s’était entouré de divers segments tribaux dont il organisa le culte », précise Melisande Genat, doctorante en Histoire à l’université de Stanford et spécialiste du nord de l’Irak.

    Besoin de se rebaptiser…

    La tradition veut que les pèlerins enjambent une marche en pierre, sans la toucher et rejoignent le tombeau qu’ils contourneront trois fois pour que leurs vœux soient exaucés. À l’intérieur, les piliers sont ornés de foulards aux couleurs de l’arc-en-ciel. Chaque fidèle fait un nœud, puis en dénoue un deuxième. Il songe ainsi à un vœu tout en exauçant celui d’un autre Yézidi.

    En fin de matinée, une mère porte son enfant à la « source blanche », appelé « Kanya Spi » en Kurde. Tout comme dans la religion chrétienne, le Cheikh ou Pir baptise le nouveau-né en lui aspergeant le front avec l’eau de la source. « Ce matin une femme, récemment libérée de Daech en Syrie est venue se faire baptiser ici », explique Murad, habitant de Lalesh, chargé, avec deux autres femmes, d’accompagner le rituel. « Elles se baptisent une deuxième fois, car elles estiment ne plus être yézidi après ce qu’il s’est passé », ajoute-t-il en faisant référence aux enlèvements et aux viols, commis par  les combattants de l’État islamique (EI) contre des centaines de femmes et enfants yézidis.

    En août 2014, le groupe terroriste s’était emparé de Sinjar, région désertique au nord de l’Irak où vivait la majeure partie de cette communauté, considérée comme des infidèles et adorateurs du diable par les djihadistes. Les Yézidis s’étaient réfugiés dans la montagne ou avaient fui au Kurdistan irakien.

    Le salut à l’étranger

    Aujourd’hui, nombre d’entre eux vivent toujours dans des camps de déplacés ou ont quitté le pays pour s’installer en Europe et aux États-Unis principalement. « Deux de mes cousins sont partis en Australie, une cousine est partie en octobre en Allemagne et mon frère prévoit de partir dans les prochains jours », raconte un père de famille venu célébrer le Nouvel an, comme chaque année depuis 2015, avec sa femme, sa mère et ses filles. « Moi-même je n’ai pas l’intention de rester. Pourtant je préférerais que mes filles grandissent ici, sur leur terre », confie le légiste qui vit toujours dans un camp de déplacés au Kurdistan irakien.

    Le génocide et les 3 000 disparitions continuent de pousser les Yézidis au départ qui s’inquiètent de voir s’éteindre certaines traditions. À la tombée de la nuit, les fidèles ont pour coutume d’allumer des dizaines de feux, symbole du soleil sur terre, qu’ils placeront devant les maisons, le long des rues et à travers toute la vallée.

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