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    Moyen-Orient

    Armes françaises au Yémen: à la DGSI, les journalistes «garderont le silence»

    media Des chars Leclerc ont été utilisés au Yémen. REUTERS/Stringer

    Trois journalistes français sont convoqués le 14 mai par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Ils doivent être entendus dans le cadre d’une enquête pour « atteinte au secret de la défense nationale ». Entretien avec l'un d'entre eux.

    Le 15 avril, Disclose.ngo, média d’information à but non lucratif, et d’autres médias partenaires, publiaient une enquête sur l’utilisation d’armes de fabrication française dans la guerre au Yémen, qui a fait plus de 10 000 morts depuis 2014.

    ► À lire aussi : Les révélations de Disclose sur l'utilisation d'armes françaises au Yémen

    Leur investigation s’est appuyée sur une note classée « confidentiel-défense » et révélait que des chars Leclerc et des Mirage 2000 avaient été utilisés par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis dans les combats au Yémen.

    Geoffrey Livolsi, cofondateur de Disclose, est l'un des trois journalistes convoqués par la DGSI. Jeudi 25 avril, il a répondu aux questions de l’Atelier des médias de RFI.

    RFI : Vous attendiez-vous à une telle convocation ?

    Geoffrey Livolsi : On a découvert mercredi qu’une enquête avait été ouverte, selon les informations de l’AFP, en décembre 2018 par le ministère de la Défense. On est assez étonnés, en tant que journalistes, d’être aujourd’hui pénalement responsables d’avoir fait notre métier. Nos révélations, elles ne font qu’appuyer ce que dit le document de la Direction du renseignement militaire français (DRM) : nos armes sont utilisées massivement dans le conflit au Yémen. Et en date du 25 septembre 2018, ces armes étaient sur le territoire yéménite, que ce soient des chars Leclerc ou des Mirage, des avions français vendus aux Émirats arabes unis, qui participent aux bombardements. Malgré cela, le gouvernement dit qu’il n’a pas connaissance de l’utilisation directe des armes françaises dans le conflit au Yémen. Le document qu’on a dévoilé vient contredire leur version, c’est pourtant ses propres services qui l'ont fait.

    Cette convocation est-elle, selon vous, une intimidation ?

    De base, la volonté de nous auditionner sous le statut de suspects libres fait que nous pouvons être mis en garde à vue par la suite, mais surtout c’est une méthode qui a pour objectif de connaître nos sources. Et c’est là tout l’intérêt de leur enquête, c’est qu’ils cherchent à contourner la protection des sources des journalistes.

    Quelle va être votre ligne de défense ?

    Elle va être très claire : nous allons évoquer le secret des sources des journalistes. Nous allons exercer notre droit à garder le silence et à ne pas donner d’informations sur nos sources.

    Pouvez-vous justement nous dire si votre source ou vos sources, le ou les lanceurs d’alerte qui vous ont permis de sortir cette enquête, sont menacés ?

    Elles ne sont aujourd’hui, à notre connaissance, pas menacées parce que nous avons, comme nous l’avions expliqué dans notre enquête, maintenu un anonymat total sur nos sources. Parce que malheureusement, aujourd’hui en France, la loi de protection des lanceurs d’alerte ne couvre pas le secret défense, c’est-à-dire qu’aujourd’hui, des personnes, qui lancent une alerte à partir de documents ou d’informations couvertes par le secret défense, ne peuvent revendiquer le statut de lanceurs d’alerte. Et donc, ils nécessitent aujourd’hui une protection de la part des journalistes.

    Est-ce que cela vous rassure de voir que la profession fait bloc derrière vous, à l'image du communiqué du Syndicat national des journalistes ?

    Nous ne sommes restés que sur les faits. Et ce que nous avons fait, ce que notre enquête montre n’est que factuel. Nous décryptons ce qui se trouve dans la note de la DRM et nous avons sur le terrain constaté la présence des armes françaises, leur utilisation dans des batailles qui impliquent la coalition, leur participation aux bombardements. Donc, on est resté sur des faits et uniquement des faits. Et je pense que c’est ça aussi qui, aujourd’hui, fait qu’on obtient un soutien de la profession, mais aussi surtout parce que c’est une atteinte sans précédent à la liberté d’informer et à la liberté des citoyens d’être informés. Et aujourd’hui, ce qui se joue actuellement, c’est cette question-là de pouvoir exercer notre métier et de pouvoir informer nos concitoyens sur des informations dites « d’intérêt public ».

    Donc, on comprend bien avec cette affaire, Disclose a mis le doigt sur un sujet plus que sensible, c’était exactement la promesse fondatrice de Disclose, d’agir pour la transparence et pour la liberté d’informer ?

    En publiant ce document, nous faisons œuvre de transparence parce que ces informations-là, nous l’avons précisé au moment de la publication, ne mettent pas en danger des opérations militaires françaises ; ne mettent pas en danger des agents sur le terrain. Ces documents ne concernent que des armes vendues par la France à des pays tiers. Donc, on utilise aujourd’hui le secret défense pour couvrir des transactions commerciales. Clairement, nous voulions, en mettant sur la place publique ce document, permettre aux ONG, à la représentation nationale, de se saisir de ces informations parce que, aujourd’hui, le contrôle des armes doit être fait dans le cadre des institutions démocratiques et dans le cadre de l’Assemblée nationale. Et jusqu’à présent, les députés, les commissions de la défense qui avaient à plusieurs reprises auditionné la ministre de la Défense Florence Parly ou le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian n’avaient jamais obtenu de réponse ou des réponses expliquant que ces armes n’étaient pas impliquées. On montre que le pouvoir exécutif a volontairement dissimulé depuis au minimum le 3 octobre 2018 sa connaissance sur ce dossier.

    L'intégralité de cet entretien sera diffusé samedi 27 avril à 13h10 TU dans l'émission L'Atelier des médias.

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