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    Moyen-Orient

    Amnesty International demande à l’Iran de mettre fin aux exécutions de mineurs

    media La «prison de Qasr» à Téhéran, transformée en musée en 2012, le 2 septembre 2014. ATTA KENARE / AFP

    L’organisation Amnesty International s’en est pris au pouvoir judiciaire iranien après l’exécution de deux adolescents de 17 ans, accusés de viol, sans que leurs familles ni leurs avocats n’en soient informés.

    « L'Iran doit arrêter d'exécuter des mineurs », demande Amnesty International. L'organisation de défense des droits humains dénonce l'exécution de deux adolescents de 17 ans. Près de 100 mineurs ont été exécutés en deux ans, 90 autres risquent de l'être dans les semaines à venir. Philip Luther, directeur de recherches sur les Moyen-Orient dénonce également des procès inéquitables, avec utilisation de la violence et absence d'avocat.

    « Les autorités iraniennes ont fouetté et exécuté en secret deux adolescents. Les adolescents n’étaient pas au courant du fait qu’ils avaient été condamnés à mort, jusqu’à avant leur exécution. Même leurs familles et leurs avocats n’étaient pas informés des exécutions auparavant, et évidemment ont été frappés d’apprendre cette nouvelle.

    Ces deux personnes ont été arrêtées à l’âge de 15 ans pour viol. À la suite de leur arrestation, les deux adolescents ont été détenus dans un centre de détention de la police, où ils n’avaient pas accès à un avocat pendant la période de l’enquête. Ils ont été battus pendant cette période. Donc, on craint – et c’est le cas dans beaucoup de procès en Iran –, que les responsabilités qu’ils ont avouées pendant le procès ont été (extorquées) par la force. »

    L’Iran est l’un des pays exécutant le plus de personnes mineures au moment du crime

    En janvier 2018, Amnesty International s’était déjà positionnée contre la politique d’exécution de l’Iran après la pendaison d’Ali Kazemi, âgé de 22 ans, dans une prison de la province de Bouchehr. Une exécution opérée là aussi en l’absence de son avocat, qui n’en avait pas été averti. Le condamné avait été déclaré coupable du meurtre d’un homme, poignardé lors d’une rixe en mars 2011. Il était âgé de 15 ans à l’époque des faits.

    « En procédant à cette exécution illégale, l’Iran affirme en réalité qu’il entend conserver la réputation honteuse d’être l’un des pays exécutant le plus de personnes qui étaient mineures au moment du crime, avait alors déclaré Magdalena Mughrabi, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International. Ce n’est rien de moins qu’une attaque en règle visant les droits des enfants inscrits dans le droit international, qui interdit absolument de recourir à la peine de mort à l’encontre de personnes qui étaient âgées de moins de 18 ans au moment du crime. »

    L’organisation réclamait alors l’intervention du pouvoir judiciaire iranien pour établir un moratoire officiel sur les exécutions de mineurs délinquants, et une modification du Code pénal « de manière à interdire le recours à la peine de mort à l’encontre de personnes qui étaient âgées de moins de 18 ans au moment de l’infraction ».

    ►À lire aussi : Le nombre d'exécutions capitales dans le monde au plus bas depuis une décennie

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