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    Moyen-Orient

    Attaques de pétroliers en mer d'Oman: pressions américaines sur Téhéran et l'ONU

    media Mer d'Oman: le navire norvégien «Front Altair» en feu, sous les canons à eau d'un navire de secours dépêché par l'Iran pour éteindre l'incendie, le 13 juin 2019. Reuters

    Les Américains continuent de monter au front contre l’Iran qu’ils accusent d’avoir mené l’attaque contre les deux pétroliers, un norvégien et un japonais hier, jeudi 13 juin, dans le détroit d’Ormuz. Selon l'armée américaine, une vidéo montrerait une patrouille des Gardiens de la Révolution islamique en train de retirer une mine fixée à la paroi de l'un des deux navires. Donald Trump a à son tour clairement désigné l'Iran comme responsable des attaques contre deux pétroliers hier dans le golfe d'Oman. Téhéran nie ces accusations. Guerre des mots et guerre des images.

    Donald Trump a, à son tour, accusé vendredi 14 juin l'Iran d'être à l'origine de l'attaque de deux pétroliers dans la mer d'Oman. « L'Iran a fait ceci », a déclaré le président américain sur Fox News, en s'appuyant sur une vidéo publiée par le Pentagone.

    Donald Trump sur Fox News : «L'Iran l'a fait...» 14/06/2019 - par RFI Écouter

    « L'Iran l'a fait. On sait que c'était eux parce qu'on voit le bateau avec une mine qui n'a pas explosé et sur laquelle est probablement marqué en grandes lettres 'Iran'. On voit le bateau en pleine nuit. Il essaye d'enlever la mine et il réussit. C'était révélé. Il y avait ce bateau, c'était eux. Ils n'ont pas voulu laisser des traces. J'imagine qu'ils ne savaient pas que nous avons des choses qui nous permettent de détecter dans le noir et qui marchent très bien. Nous avons ça. Nous l'avons allumé. Donc c'était eux qui l'ont fait. Ils sont une nation de terreur. Et ils ont changé beaucoup depuis que je suis président. Ils étaient inarrêtables et maintenant ils sont en grandes difficultés. Je ne pense pas qu'ils parlent encore de la même façon. Quand le président Obama a signé cet accord, ils criaient: "mort à l'Amérique". Dernièrement ils n'ont plus crié "mort à l'Amérique". Donc, on verra ce qui se passera. Mais on ne le prend pas à la légère », a déclaré Donald Trump sur Fox News.

    Jeudi après-midi, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo avait déjà attribué à l'Iran les attaques perpétrées en mer d'Oman.

    La vidéo publiée par l'armée américaine

    Le ministère de la Défense américain a publié jeudi 13 juin une vidéo montrant, selon elle, une patrouille des Gardiens de la Révolution islamique (GRI), le corps d'élite de l'armée iranienne, retirant une mine-ventouse qui n'avait pas explosé sur une paroi de l'un des pétroliers attaqués la même journée dans le golfe d'Oman. Selon le commandement américain, un navire des Gardiens de la Révolution a été aperçu à 16h10, heure locale jeudi, approchant du Kokuka Courageous. Le personnel iranien a alors été filmé.

    (La vidéo diffusée sur le site de CNN jeudi 13 juin)

    Une guerre de communication

    Cette vidéo incrimine l'Iran selon les autorités américaines, mais il est difficile de dire ce qu'il en est exactement tant les images sont de mauvaise qualité.

    Car après la diffusion de la vidéo du Pentagone, c'est la chaîne iranienne Press TV qui diffusait à son tour une vidéo. Il s'agirait des marins sauvés des navires endommagés. Ils s'expriment en anglais et remercient les Iraniens pour leur hospitalité. Une réponse aux accusations portées contre Téhéran qui serait, selon les Américains, à l'origine des attaques.

    « La Cinquième flotte a relayé, effectivement, une vidéo, analyse David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Institut français d’analyses stratégiques. Il faut demeurer très prudent, parce que d’abord, c’est une vidéo en noir et blanc, elle est transmise par le commandement central américain au Qatar et c’est susceptible d’incriminer la partie iranienne, qui a immédiatement démenti. Et on est effectivement, dans un jeu de communication avec accusations et démentis respectifs ».

    Des accusations « sans fondement », selon Téhéran

    Les responsables politiques ou militaires iraniens martèlent depuis hier que les accusations américains sont « sans fondement ».

     

    Le chef de la diplomatie iranienne a accusé sur Twitter le groupe « B », qui désigne John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, le prince ben Salman d'Arabie saoudite et Cheikh Bin Zayed des Émirats arabes unis. Pour Mohammad Javad Zarif, « le fait que les États-Unis se précipitent pour lancer des accusations contre l'Iran montre clairement que le groupe B se dirige vers un plan B de sabotage de la diplomatie y compris les efforts de Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, pour couvrir le terrorisme économique mené contre l'Iran ».

    Depuis plusieurs mois, Téhéran accuse les États-Unis, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Israël de s'être ligués pour préparer une confrontation militaire avec l'Iran.

    Mohammad Javad Zarif a affirmé dans un second tweet qu'il a prédit un tel scénario il y a quelques mois, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi.

    Une zone de « turbulence » où les bateaux sont souvent attaqués

    L'amiral Alain Coldefy, ancien président de l'Académie de marine, rappelle sur RFI qu’il est fréquent que des bateaux soient attaqués dans cette zone sensible. « On est dans une zone de confrontation entre sunnites et chiites, entre l’Arabie saoudite, l’Iran et les États-Unis, à la fois sur terre - on pense au Yémen -  et en mer. Donc, une zone où pas mal de gens ont intérêt à être un peu turbulents…» Les circonstances précises des explosions ne sont pas encore établies, mais l'amiral Coldfely privilégie l'hypothèse de mines.  « J’entends parler de torpille… Cela me paraissait impossible, parce qu’une torpille se lance d’un sous-marin, d’un avion ou d’un hélicoptère, (or) il y a des bateaux partout, (alors) ça me semble impossible ! En revanche, ce qui est beaucoup plus probable, c’est qu’il y ait des mines ; il y en a partout surtout depuis la guerre Iran-Irak ». Ces mines peuvent avoir été déposées il y a longtemps et avoir dérivé, ou alors avoir été déposées intentionnellement, selon l'amiral.

    La Russie appelle à « ne pas tirer de conclusions hâtives »

    « Nous condamnons sévèrement ces attaques, quel que soit le responsable. Mais il est nécessaire de s'abstenir de tirer des conclusions hâtives », a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.  « Il est inacceptable d'accuser qui que ce soit d'être lié à cet incident avant la conclusion d'une enquête internationale détaillée et impartiale », ajoute le ministère, qui se dit « inquiet » des tensions en mer d'Oman. « Nous sommes témoins d'une escalade artificielle des tensions, en grande partie due à la politique iranophobe des États-Unis », ajoute le ministère russe, qui appelle toutes les parties à la « retenue ».

    Le Conseil de sécurité résiste aux pressions américaines

    Le risque d’escalade au Moyen-Orient inquiète l'ensemble des États membres du Conseil de sécurité, réuni en urgence la nuit dernière, mais les avis divergent sur la réaction, rapporte notre correspondante à New York, Marie Bourreau.

    D’un côté, les Américains, représentés par leur ambassadeur, Jonathan Cohen accusent ouvertement l’Iran. « Le secrétaire d’État Pompeo a mis en avant la litanie d’incidents que j’ai aussi partagée avec le Conseil de sécurité qui démontrent la menace réelle que l’Iran représente à la paix et la sécurité dans le monde. J'ai demandé au Conseil de sécurité de rester saisi de la question et j'espère que nous aurons de nouvelles discussions à ce sujet et sur la manière de réagir dans les prochains jours ».

    Et face à Jonathan Cohen, quatorze États membres qui demandent des preuves avant d’attribuer toute responsabilité.

    L’ambassadeur du Koweït, président en exercice du Conseil de sécurité pour le mois de juin, veut savoir qui se trouve derrière cette attaque. Pour cela, les diplomates ont évoqué la possibilité de réclamer une enquête internationale qui pourrait se tenir sous l’égide de l’ONU. La France a indiqué, pour sa part, se tenir prête à participer à une investigation.

    RFI/FRANCE24
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