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    Moyen-Orient

    Iran: Trump aurait renoncé à des représailles, les vols commerciaux interdits

    media La tension est montée d'un cran entre Washington et Téhéran suite à la destruction d'un drone militaire américain «Global Hawk» par l'Iran. Courtesy Eric Harris/U.S. Air Force/Handout via REUTERS

    Selon le « New York Times », Donald Trump aurait initialement approuvé des frappes contre des cibles iraniennes avant de faire machine arrière. Le président américain l’a confirmé vendredi dans une série de tweets.

    Alors que le face-à-face entre les deux pays ennemis fait craindre un embrasement, le quotidien New York Times, généralement bien renseigné, révèle que des frappes visant des cibles stratégiques, comme des radars ou des batteries de missiles, étaient attendues jeudi soir, heure de Washington.

    La décision aurait été prise suite à des réunions à la Maison Blanche entre le président américain, les plus hauts conseillers en matière de sécurité nationale et des leaders du Congrès.

    Selon le quotidien, les avions de combats avaient déjà décollé et les navires de guerre s’étaient mis en position lorsque Donald Trump se serait ravisé. Le quotidien précise ne pas savoir les raisons qui ont poussé à annuler cette opération, ni si cette décision était collégiale ou pas. La Maison Blanche et le Pentagone ont refusé de commenter cette information.

    Sur Twitter, Donald Trump a indiqué avoir annulé au dernier moment des frappes  car elles auraient fait de nombreuses victimes. Dans une série de tweets matinaux, il a détaillé le déroulement de la soirée. « Nous étions armés et prêts à riposter la nuit dernière contre trois sites différents quand j'ai demandé combien allaient mourir. 150 personnes, monsieur, a été la réponse d'un général. 10 minutes avant la frappe, je l'ai stoppée, [ce n'était] pas proportionné par rapport à une attaque contre un drone », a écrit le président américain.

    Le fait est que ces frappes étaient, selon les Américains, une réponse au drone abattu par l’Iran jeudi matin dans le détroit d’Ormuz. L’Iran et les États-Unis continuent de se renvoyer la faute. Téhéran estimant que le drone était dans son espace aérien, alors que Washington dément catégoriquement.

    Hypothèses sur le revirement

    Plusieurs hypothèses circulent dans la presse américaine sur cette décision, notamment le fait que les cibles n’étaient pas forcément les plus stratégiques. Le New York Times évoque aussi la possibilité qu’il s’agisse d’une décision personnelle de Donald Trump. Et, toujours selon ce quotidien, des élus démocrates du Congrès, présents à la Maison Blanche, auraient exhorté le chef d'État à désamorcer la tension.

    Néanmoins, les démocrates ne se sont pas privés de dénoncer après-coup une forme d’amateurisme, par la voix de Ted Lieu, un représentant de Californie qui s'est exprimé sur Twitter : « Le président n’a aucune idée de ce qu’il fait en politique étrangère », relate notre correspondante à Washington,  Anne Corpet. Les responsables du parti invitent à la retenue et exigent que le Congrès soit consulté avant toute opération militaire.

    Au sein du camp présidentiel, des divisions apparaissent explique notre correspondante. Les faucons commencent ainsi à donner de la voix. Liz Cheney, la fille de l’ex-vice président qui dirige la minorité républicaine à la Chambre a déclaré vendredi matin que l’absence de réaction à la destruction du drone était une erreur très sérieuse. D’autres craignent qu’une attaque contre l’Iran ne dégénère inévitablement en conflit ouvert. Aucune option n’est définitivement écartée. Une seule certitude : cet épisode ne fait que confirmer l’imprévisibilité du président américain.

    Enfin, selon l’agence Reuters, l’Iran aurait été informé, dans un message adressé par les États-Unis de l’imminence d’une attaque. Dans ce message, Donald Trump se dit être contre une guerre et souhaiter un dialogue avec Téhéran. Le président américain aurait donné un court délai pour qu'une réponse lui soit donnée, précise Reuters. Des informations qui n’ont été ni confirmées, ni démenties pour l’instant.

    Trump prêt à parler à Khamenei ou Rohani sans condition préalable

    Dans un appel téléphonique « d'urgence », la diplomatie iranienne a fait passer un message à Washington par le biais de l'ambassadeur de Suisse à Téhéran. L'Iran « ne cherche pas la guerre », a dit le vice-ministre des Affaires étrangères. Mais il a mis en garde « les forces américaines contre toute mesure inconsidérée dans la région » et affirmé que l'Iran défendrait « résolument son territoire contre toute agression ».

    Selon la chaîne TV américaine NBC, Donald Trump se dit « prêt à parler à l'ayatollah Khamenei ou à Hassan Rohani sans condition préalable ». Le président américain a par ailleurs évoqué la « menace » iranienne avec le prince Héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salman, annonce la Maison Blanche vendredi.

    Vols commerciaux interdits

    Par mesure de précaution, l'Administration aéronautique fédérale des États-Unis a interdit aux compagnies aériennes américaines le survol de l'espace aérien contrôlé par Téhéran au-dessus du golfe Persique et du golfe d'Oman « jusqu'à nouvel ordre ».

    Ces restrictions ont été justifiées par une « augmentation des activités militaires et la tension politique croissante dans la région, qui représentent un risque pour les opérations de l'aviation civile américaine ». Plusieurs compagnies étrangères, dont Air France, Lufthansa, British Airways ou encore KLM, ont suivi en affirmant que leurs avions ne survoleraient plus, jusqu'à nouvel ordre, le détroit d'Ormuz.

    Concernant le drone américain abattu, l'Iran a annoncé avoir lancé deux avertissements avant d'abattre le drone américain au-dessus de la mer d'Oman, a déclaré le chef de la force aérospatiale des Gardiens de la Révolution cité par l'AFP.

    Nous avons très peur. Nous avons l'expérience de la guerre Iran-Irak, c'est une seconde fois une telle expérience, nous n'avons plus la force. Nos vies ont été détruites. Nous espérons que les Américains ne feront rien. Nous espérons que rien ne se produira.

    Les Iraniens dans la crainte du conflit

    Reportage à Téhéran.

    21/06/2019 - par Siavosh Ghazi Écouter
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